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NEWS : Remain

Temps de lecture : 4 minutes
Affiche verticale de REMAIN, thriller surnaturel romantique réalisé par M. Night Shyamalan, montrant un homme et une femme face à une maison isolée au bord de l’océan, avec une présence fantomatique en arrière-plan et le logo CritiKs MoviZ.
REMAIN — Le nouveau thriller surnaturel de M. Night Shyamalan, entre romance, deuil et phénomènes fantomatiques.

M. Night Shyamalan et Nicholas Sparks tentent le pari du thriller romantique surnaturel avec Jake Gyllenhaal…

Warner Bros. vient de dévoiler les premières images de Remain, le nouveau long-métrage de M. Night Shyamalan, co-écrit avec le maître du roman à l’eau de rose Nicholas Sparks. Porté par un Jake Gyllenhaal en architecte en quête de rédemption et la mystérieuse Phoebe Dynevor, ce thriller surnaturel promet de brouiller les pistes entre deuil, romance et épouvante. Le film est attendu en salles nord-américaines pour le 5 février 2027.

L’intrigue suit Tate Gordon (Jake Gyllenhaal), un architecte new-yorkais en proie à une dépression aiguë après le décès tragique de sa sœur, laquelle possédait le don de voir les esprits – un trait qui semble hanter la lignée familiale. Cherchant un nouveau départ, il se rend à Cape Cod pour concevoir une résidence estivale. C’est là qu’il croise la route de Wren (Phoebe Dynevor), une jeune femme énigmatique qui va bouleverser son monde rationnel et l’entraîner dans les méandres d’un mystère mortifère entourant la ville.

Côté technique, M. Night Shyamalan reste fidèle à ses exigences formelles : le film a été tourné en 35mm VistaVision, offrant une texture argentique que le directeur de la photographie Adolpho Veloso pourra exploiter pour sculpter une atmosphère oppressante. La bande originale est confiée à James Newton Howard, signant ici sa neuvième collaboration avec le réalisateur, tandis que le montage est assuré par Noëmi Preiswerk. La distribution secondaire, incluant Julie Hagerty et Jay O. Sanders, promet d’ancrer le récit dans un réalisme de bon aloi, le tout ponctué par le caméo traditionnel du réalisateur (crédité sous le nom de Nash).

Soyons clairs : l’association des noms « M. Night Shyamalan » et « Nicholas Sparks » a de quoi faire lever un sourcil sceptique chez les amateurs de cinéma de genre. Cependant, c’est précisément sur ce terrain miné que Remain doit gagner ses galons. Si l’on analyse la filmographie de M. Night Shyamalan, ses meilleures réussites (Sixième Sens, Signes) reposent sur une construction narrative implacable et une direction d’acteurs au cordeau, aux antipodes des facilités du mélodrame.

L’enjeu majeur résidera dans la cohérence du ton. Comment fusionner la sensibilité romantique de Sparks avec le suspense psychologique cher à Shyamalan sans basculer dans le kitsch ? La réponse se jouera dans la mise en scène et le design sonore. Le choix du format 35mm VistaVision est un signal fort : il s’agit d’isoler les personnages dans des cadres larges, accentuant leur solitude et la tension latente. Cette approche n’est pas sans rappeler l’atmosphère étouffante et la mélancolie vengeresse du cinéma coréen contemporain (pensons à la tension domestique de Burning (2018) de Lee Chang-dong) ou la profondeur des études de personnages chères à un Paul Thomas Anderson.

Du côté des performances, Jake Gyllenhaal est un choix judicieux. Depuis Nightcrawler (2014) ou Prisoners (2013), il maîtrise l’art de l’homme fragile mais habité par une obsession sourde. Quant à Phoebe Dynevor, elle devra prouver qu’elle peut porter bien plus que son image de série romantique, en insufflant à Wren cette ambiguïté fantomatique nécessaire pour que le « twist » final, s’il y en a un, résonne avec authenticité et non comme un artifice scénaristique. Nous serons particulièrement attentifs à la gestion du rythme : un thriller surnaturel ne vaut que par la montée progressive de l’angoisse, et non par des jump scares bon marché ou des incohérences narratives.

Remain sortira en Amérique du Nord le 5 février 2027, avec une distribution internationale assurée par Warner Bros. D’ici là, nous garderons un œil critique sur les éléments de langage et le montage final. Si M. Night Shyamalan parvient à dompter la sentimentalité de son co-scénariste pour en faire un levier d’horreur psychologique élégant, nous pourrions bien tenir l’un des retours en grâce les plus fascinants de sa carrière. En attendant, méfiez-vous des salles de bain trop bien éclairées.



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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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