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NEWS : Digger

Temps de lecture : 4 minutes
Affiche cinématographique verticale du film Digger, avec Tom Cruise au centre, un groupe de personnages en arrière-plan, une plateforme pétrolière en flammes et la Terre menacée par une catastrophe écologique. Logo CritiKs MoviZ en bas de l’image.
Digger (2026) — Tom Cruise face à une catastrophe écologique d’ampleur mondiale, dans la satire noire d’Alejandro González Iñárritu.

Tom Cruise en magnat mégalomane dans la satire cataclysmique d’Alejandro G. Iñárritu…

Alejandro González Iñárritu et Tom Cruise unissent leurs forces pour Digger, une comédie noire aux accents de thriller géopolitique qui s’apprête à déferler sur nos écrans le 30 septembre 2026. Entre catastrophe écologique et absurdité du pouvoir, ce projet à 125 millions de dollars, porté par un casting cinq étoiles et une ambition technique démesurée, s’annonce comme le grand écart de la rentrée.

Le pitch de départ a de quoi faire sourciller : Digger Rockwell (Tom Cruise), un magnat du pétrole aussi riche que méprisable, a involontairement déclenché un désastre environnemental global à force d’exploitations pétrolières aussi mégalomanes qu’imprudentes. Désormais, l’homme le plus puissant du monde doit prouver qu’il peut sauver l’humanité avant que sa propre création ne réduise la planète en cendres.

Pour porter cette fable, Alejandro González Iñárritu s’entoure d’un plateau de luxe. Aux côtés d’un Tom Cruise méconnaissable, on retrouve un John Goodman en président américain aux abois, frôlant la catatonie, une Sandra Hüller toujours aussi magnétique, ainsi que Riz Ahmed, Jesse Plemons, Michael Stuhlbarg ou encore Sophie Wilde. Côté scénario, le réalisateur mexicain a retravaillé son idée de départ (qui le hante depuis The Revenant) avec ses plumes fétiches (Alexander Dinelaris, Nicolás Giacobone et Sabina Berman).

Soyons honnêtes : voir le maître de la douleur et du drame viscéral s’attaquer à la satire noire façon Docteur Folamour relève de la gageure. Le risque principal de Digger est narratif : comment maintenir la tension d’un thriller écologique sans que le basculement dans l’absurde ne fasse s’effondrer la crédibilité du récit ? On redoute parfois que la satire tombe dans la caricature, mais le précédent de Bong Joon-ho (avec l’excellent Okja) nous rappelle que le cinéma peut manier la férocité sociale avec un sérieux glaçant, tout en flirtant avec le grotesque. De la même manière que Paul Thomas Anderson savait capturer l’énergie chaotique et les ego surdimensionnés dans Boogie Nights, Alejandro González Iñárritu doit ici orchestrer le ballet d’hommes de pouvoir totalement déconnectés.

C’est aussi et surtout sur le plan technique que les attentes sont immenses. Alejandro González Iñárritu et son fidèle complice Emmanuel « Chivo » Lubezki ont tourné en VistaVision avec des optiques Leica vintage. Ce choix d’un format large et d’une texture argentique promet une direction artistique somptueuse, idéale pour capturer la démesure de ces milliardaires qui jouent aux apprentis sorciers. Les choix musicaux des bandes-annonces (de Gorillaz à Dire Straits en passant par Talking Heads) laissent présager une ironie mordante et un rythme effréné. Qu’en sera-t-il du design sonore original signé Cosmo Sheldrake ? Quand on connaît la capacité d’Iñárritu à nous immerger dans le chaos, on est en droit d’attendre un mixage Dolby Atmos qui nous fera physiquement ressentir les craquements de la planète.

Le casting est une bénédiction pour le genre. Tom Cruise, habitué des héros intègres, doit ici composer avec un égocentrique forcené. S’il parvient à garder une forme de vérité dans l’outrance, sans tomber dans le cabotinage, ce pourrait être la performance de sa carrière. L’apport de Jesse Plemons et Sandra Hüller, passés maîtres dans l’art de jouer le décalage avec un visage de marbre, sera crucial pour ancrer cette folie dans un réalisme saisissant.

Digger sortira dans les salles françaises le 30 septembre 2026, avec une projection IMAX qui s’impose vu le format de tournage. Si Alejandro González Iñárritu parvient à équilibrer la férocité de sa satire avec la maîtrise formelle qu’on lui connaît, nous tenons peut-être là le film de la maturité pour un réalisateur en quête de son propre chef-d’œuvre satirique. Dans tous les cas, on s’attend à un séisme cinématographique, et on a hâte de voir si la Terre survivra, ou si c’est notre cerveau qui en prendra plein la figure.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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