
Joko Anwar signe une comédie horrifique gore, prévue en salles françaises le 20 août 2026
Après avoir imposé sa patte viscérale dans le cinéma d’épouvante asiatique, le réalisateur et scénariste indonésien Joko Anwar revient avec Ghost in the Cell, une comédie horrifique qui a déjà rencontré un franc succès au box-office de son pays natal. Présenté en avant-première à la Berlinale en février 2026 et récemment acquis par le distributeur spécialisé Well Go USA, le film débarquera dans les salles hexagonales le 20 août prochain.
Le Projet : Satire sociale et débauche d’effets pratiques
Produit par Tia Hasibuan sous la bannière Come and See Pictures, le long-métrage s’appuie sur un casting solide, réunissant Endy Arfian, la valeur sûre Abimana Aryasatya, Yoga Pratama et Aming. Si les détails précis de l’intrigue restent savamment entretenus, les premières images diffusées par Bloody Disgusting confirment une orientation clairement assumée : un mélange d’humour noir et d’horreur gore, porté par des effets pratiques plutôt que par un CGI omniprésent. Le parcours du film, de la sélection officielle de Berlin à son exploitation commerciale en avril en Indonésie, témoigne d’un appétit du public pour ce mélange des registres, à condition qu’il soit exécuté avec maestria.
L’Angle Critiks Moviz : L’équilibriste périlleux du rire et du frisson
C’est ici que le bât blesse ou que le génie opère : la comédie horrifique est un exercice d’équilibriste périlleux, où le moindre faux pas scénaristique fait basculer l’ensemble dans la caricature. Joko Anwar, dont nous saluons habituellement la maîtrise de la tension, la direction artistique oppressante et la richesse thématique (comme dans Satan’s Slaves ou Impetigore), doit ici prouver que sa rigueur peut s’accommoder de l’absurde sans diluer l’effroi.
En tant qu’observateur attentif du cinéma de genre asiatique, et grand amateur de la manière dont le cinéma coréen, par exemple, parvient à faire cohabiter le trivial, le social et le macabre avec une efficacité redoutable, j’attends de ce film une vraie cohérence narrative. La transition entre le gag et le frisson doit être chirurgicale. Côté technique, notre vigilance se portera sur le design sonore et la photographie. Chez Joko Anwar, ces éléments sont rarement anodins ; ils devront ici soutenir la dualité du propos sans tomber dans la surenchère visuelle gratuite ou les incohérences de rythme qui plombent trop souvent les tentatives d’humour noir. Si la présence d’Abimana Aryasatya est un gage de sérieux et de profondeur, la réussite du film reposera ultimement sur la capacité du réalisateur à éviter l’écueil d’un scénario bancal, piège classique du genre.
Conclusion
Ghost in the Cell sortira en France le 20 août 2026. Reste à savoir si cette nouvelle incursion de Joko Anwar dans l’humour noir parviendra à transcender les codes du genre pour offrir une expérience aussi mémorable et maîtrisée que ses précédents succès, ou si elle ne sera qu’une parenthèse sanglante et inégale. Nous serons au rendez-vous pour le vérifier, projecteur allumé et esprit critique en éveil.

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