
Le baroud d’honneur des papys…
Note & Verdict d’entrée
Richard Donner signe ici l’ultime tour de piste d’un duo mythique qui, à l’image de ses héros, montre de sérieux signes d’usure. Si le spectacle pyrotechnique assure haut la main le quota d’adrénaline, l’ensemble se noie trop souvent dans la surenchère potache au détriment de toute véritable tension dramatique. Découvrons à travers cette critique du film Lethal Weapon 4 (1998) si la nostalgie suffit à masquer les failles de ce quatrième volet.
Note : 3/5 (★★★)
Le Pitch
Les inspecteurs Riggs et Murtaugh, désormais rattrapés par l’âge et leurs nouvelles responsabilités familiales, croisent la route d’un vaste réseau de trafic d’immigrants clandestins. Leurs investigations musclées les placent sur le chemin de Wah Sing Ku, un impitoyable homme de main des triades. Une dernière affaire explosive avant la retraite.
Notre avis sur LETHAL WEAPON 4
Soyons clairs d’emblée : notre avis sur Lethal Weapon 4 (1998) est forcément teinté d’une nostalgie douce-amère. Vendu comme l’apothéose d’une saga fondatrice du buddy movie, ce quatrième opus ressemble surtout à un pur produit de commande, calibré par un studio avide de capitaliser sur ses vieilles gloires. Richard Donner rassemble sa famille une dernière fois, mais la formule magique montre de sérieux signes de péremption. Si l’on prend un plaisir coupable à voir Mel Gibson et Danny Glover cabotiner au milieu des déflagrations, l’ensemble peine à masquer un cruel manque d’ambition dramatique. L’intensité viscérale des débuts s’est évaporée au profit d’un esprit sitcom souvent assourdissant. C’est un divertissement pyrotechnique généreux, certes, mais qui tire indéniablement à blanc.
Les atouts majeurs
Le métrage capitalise avant tout sur une arme redoutable : l’alchimie miraculeuse et intacte entre Mel Gibson et Danny Glover. En effet, leur complicité organique demeure le cœur émotionnel de la saga, et on prend un plaisir coupable à retrouver ces vieux briscards. Derrière la caméra, Richard Donner orchestre des séquences d’action généreuses et spectaculaires, à des années-lumière de la mollesse des polars sous perfusion de notre cinéma français contemporain. L’arrivée de Jet Li, pour ses grands débuts américains, insuffle quant à elle une intensité martiale foudroyante qui vient dynamiter une franchise ronronnante.
Les faiblesses et limites
Néanmoins, le bât blesse sévèrement du côté de l’écriture. Le scénario de Channing Gibson, centré sur un banal trafic de faux passeports, est d’un classicisme achevé et peine à justifier ce quatrième tour de manège. Par ailleurs, on s’interroge sur l’intérêt de la démarche : la seule nostalgie peut-elle excuser l’absence totale d’évolution de nos flics préférés ? Le film cède trop facilement aux clichés inhérents au buddy movie et s’embourbe dans des ajouts dispensables, à l’image d’un Chris Rock littéralement greffé au récit, transformant parfois ce thriller sombre en une comédie de boulevard particulièrement bruyante.
La mise en scène / Le jeu
Richard Donner emballe l’action avec le métier qu’on lui connaît, mais il échoue à trouver le point d’équilibre entre le spectacle pur et la substance narrative. Bien que les cascades soient impressionnantes, l’accumulation de set pieces finit par déconnecter l’action de tout enjeu émotionnel. Mel Gibson et Danny Glover assurent le spectacle en pilotage automatique, secondés par un Joe Pesci toujours prompt à injecter un relief comique nerveux. Face à eux, Jet Li crève l’écran physiquement. Cependant, le traitement de son personnage illustre les pires limites de l’époque. Enfermé dans le stéréotype du « méchant étranger » hollywoodien des années 90, Wah Sing Ku est réduit à une silhouette martiale monolithique, tragiquement dépourvue de la moindre profondeur psychologique. Finalement, l’action prime sur l’âme.

Le saviez-vous ?
- Lors des premières prises de combats, Jet Li était tellement rapide que l’objectif de la caméra ne parvenait pas à capter ses mouvements avec netteté. Richard Donner a dû lui demander de ralentir ses coups.
- Pour reprendre son rôle de Martin Riggs, Mel Gibson a négocié un salaire faramineux estimé à 25 millions de dollars, une somme record pour la fin des années 90.
- La bande originale réunit des pointures : Michael Kamen et Eric Clapton, fidèles au poste, se voient ici rejoints par le saxophoniste David Sanborn pour rythmer les rues de L.A.
Conclusion et recommandation
Lethal Weapon 4 (1998) s’adresse avant tout aux inconditionnels du genre et aux nostalgiques d’une époque où l’action se faisait sans fonds verts outranciers. Ce n’est clairement pas le meilleur opus, mais il clôture la saga avec une générosité brute. Si ce cocktail d’action et d’humour en duo te plaît, je te conseille fortement de redécouvrir notre critique de Die Hard With A Vengeance (1995).
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Pistes de réflexion
Jusqu’où une franchise peut-elle tirer sur la corde de la nostalgie sans trahir ses personnages ? Le cinéma d’action hollywoodien a-t-il définitivement perdu cette naïveté attachante qui permettait d’associer humour potache et ultraviolence décomplexée ?
À vous de juger
Et toi, tu penses que ce quatrième volet était celui de trop, ou bien le baroud d’honneur parfait pour Riggs et Murtaugh ?
Lâche ton avis dans les commentaires, on en débat !

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