
La ménagère qui défouraillait sec…
Note & Verdict d’entrée
Ici, Shane Black régale avec ses dialogues cinglants tandis que Renny Harlin fait exploser le budget pyrotechnique sans grande finesse. C’est un pur produit des nineties, un blockbuster culte mais profondément bancal. Découvrons à travers cette critique de The Long Kiss Goodnight (1996) comment une actrice en état de grâce parvient à sauver ce thriller schizophrène de la sortie de route.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)
Le Pitch
Samantha Caine, institutrice amnésique, mène une vie paisible en famille. Suite à un choc, de violents réflexes létaux refont inexplicablement surface. Traquée par des assassins, elle engage Mitch Henessey, détective privé de seconde zone, pour l’aider à reconstituer les morceaux de son passé avant qu’il ne la rattrape.
Notre avis sur THE LONG KISS GOODNIGHT
Soyons clairs, formuler un avis définitif sur The Long Kiss Goodnight (1996) relève de l’exercice de haute voltige tant le film est clivé. D’un côté, on savoure le génie sarcastique de Shane Black et une Geena Davis bluffante qui dynamite littéralement les codes de l’héroïne d’action de l’époque. De l’autre, il faut se fader la mise en scène souvent hystérique et boursouflée d’un Renny Harlin qui confond allègrement dynamisme et bouillie pyrotechnique. C’est un grand écart permanent entre le thriller d’espionnage redoutable et le blockbuster sur-vitaminé frôlant la parodie, un cocktail explosif mais profondément mal dosé qui parvient pourtant, contre toute attente, à emporter le morceau grâce à l’abattage de son duo star.
Les atouts majeurs
Si le film tient encore si bien la route aujourd’hui, c’est avant tout grâce à la performance transformatrice d’une Geena Davis impériale. Elle s’impose comme une héroïne d’action redoutable et atypique, balayant d’un revers de calibre les rôles genrés souvent étriqués du cinéma de l’époque. En effet, sa quête identitaire, tiraillée entre la mère de famille modèle et l’assassine impitoyable, donne une épaisseur inattendue au récit. Le script de Shane Black brille de mille feux dans la pure tradition du buddy movie. L’écriture ciselée et l’alchimie incandescente entre Geena Davis et Samuel L. Jackson élèvent le métrage bien au-delà du simple divertissement pyrotechnique, offrant une dynamique jubilatoire fondée sur la méfiance et l’humour noir.
Les faiblesses et limites
Par ailleurs, il faut bien avouer que le long-métrage souffre d’un sérieux problème d’identité. Le ton est souvent schizophrène, oscillant sans grande maîtrise entre le thriller psychologique désespéré et la comédie d’action totalement cartoonesque. Les antagonistes, menés par un Craig Bierko en roue libre, sombrent rapidement dans un cliché caricatural qui désamorce presque toute tension dramatique. On a parfois l’étrange sensation d’assister à deux films distincts qui luttent pour exister dans le même espace.
La mise en scène / Le jeu
Bien que l’énergie globale soit indiscutablement au rendez-vous, la réalisation de Renny Harlin montre assez vite ses limites esthétiques. Si le Finlandais emballe des cascades généreuses et destructrices, il manque cruellement de lisibilité dans le montage de ses scènes de chaos, rendant l’action parfois très brouillonne. C’est donc le casting qui colmate les brèches avec maestria. Geena Davis porte l’intégralité de l’œuvre sur ses épaules avec une implication physique bluffante, parfaitement secondée par un Samuel L. Jackson savoureux dans ce registre du partenaire dépassé mais increvable.

Le saviez-vous ?
- Le script original de Shane Black a été acquis par New Line Cinema pour la somme historique de 4 millions de dollars.
- Geena Davis a réalisé elle-même la quasi-totalité de ses cascades et s’est entraînée intensivement au patinage artistique et au tir.
- L’intrigue joue avec les codes de la guerre froide persistante dans les années 90, un thème récurrent des thrillers d’action de cette période.
Conclusion et recommandation
Finalement, ce thriller demeure un divertissement hautement recommandable pour quiconque chérit l’action décomplexée. Il se hisse sans mal parmi les plaisirs coupables les plus percutants de sa décennie. C’est d’ailleurs le moment idéal de se replonger dans notre dossier 1996 : L’ANNÉE DE L’EFFICACITÉ pour comprendre la dynamique d’une époque hollywoodienne qui ne reculait devant aucune explosion. Pour approfondir ton avis sur The Long Kiss Goodnight, je te suggère de jeter un œil à notre critique de L’Arme Fatale (1987), autre chef-d’œuvre de l’écriture incisive signée Shane Black.
Pistes de réflexion
Peut-on affirmer que les héroïnes d’action modernes, de Furiosa à la Mariée de Kill Bill, puisent directement une partie de leur ADN dans la dualité de la Charly Baltimore incarnée ici ?
À vous de juger
Et toi, penses-tu que ce cocktail hybride fonctionne encore aujourd’hui ou trouves-tu que les grosses ficelles de Renny Harlin sont devenues trop indigestes ?
Balance tes arguments dans les commentaires !

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