
La tatane absolue, l’âme en moins…
Note & Verdict d’entrée
Kenji Tanigaki nous livre une véritable leçon de castagne qui renvoie les productions molles hexagonales à leurs chères études. C’est viscéral, sec et d’une précision chirurgicale, même si le scénario tient sur un ticket de métro. Découvrons à travers cette critique de The Furious (2025) comment l’action pure tente de sauver une écriture paresseuse.
Note : 3.5/5 (★★★)
Le Pitch
Un homme assoiffé de vengeance s’enfonce dans les bas-fonds criminels pour traquer ceux qui ont détruit sa vie. Sur son chemin pavé de cadavres et d’os brisés, il affronte des tueurs impitoyables dans une escalade de violence où chaque coup porté le rapproche de sa rédemption ou de sa perte absolue.
Notre avis sur THE FURIOUS
Émettre un avis définitif sur cette pellicule nécessite de séparer le bon grain de l’ivraie. Si on la compare aux purges anémiques que nous pond le cinéma d’action français actuel, la dernière proposition de Kenji Tanigaki fait figure de chef-d’œuvre brutal et revigorant. Mais à y regarder de plus près, avec l’exigence qui s’impose, on fait face à une œuvre hybride, presque schizophrène, coincée entre une virtuosité technique époustouflante et une complaisance scénaristique confinant à la paresse absolue.
Les atouts majeurs
En effet, l’argument principal de cette pellicule réside dans son écrasante maestria martiale. Le réalisateur, en pur artisan du cinéma d’action asiatique, privilégie intelligemment les cascades pratiques et les plans immersifs, à des années-lumière de la bouillie numérique qui pollue trop souvent nos écrans. Les chorégraphies sont d’une fluidité et d’une brutalité rares, élevant le film bien au-dessus des standards habituels du genre. Chaque impact se ressent physiquement, et cette esthétique visuelle brute nous plonge au cœur même de la violence, affirmant la signature indélébile de son créateur.
Les faiblesses et limites
Par ailleurs, cette débauche d’énergie cinétique peine à masquer la vacuité d’un scénario atrocement convenu. Le récit s’appuie beaucoup trop lourdement sur les clichés éculés de la vengeance. Les archétypes manquent cruellement de profondeur psychologique, ce qui limite drastiquement notre implication émotionnelle. Des incohérences narratives viennent plomber le deuxième acte, sacrifiant allègrement la cohérence dramatique sur l’autel du spectacle pur.
La mise en scène / Le jeu
Derrière la caméra, le cinéaste impose un rythme effréné qui gère parfois mal ses temps de respiration, mais qui brille par sa nervosité constante. Devant l’objectif, le casting martial fait des merveilles purement physiques. Bien que la direction d’acteurs soit sommaire sur le plan émotionnel, Xie Miao et Joe Taslim distribuent les mandales avec une conviction indéniable, tandis que Yayan Ruhian confirme son statut de légende incontestée. Finalement, on regrettera juste que l’interprétation dramatique soit totalement écrasée par la dimension athlétique des performances.

Le saviez-vous ?
- Kenji Tanigaki est une véritable sommité de la cascade, ayant longtemps œuvré comme chorégraphe et bras droit de Donnie Yen avant de s’imposer brillamment à la réalisation.
- Le casting rassemble des pointures mondiales du genre : le prodige chinois Xie Miao, ainsi que les machines de guerre indonésiennes Joe Taslim et Yayan Ruhian.
- La bande originale percutante a bénéficié de la touche expérimentale de Flying Lotus, apportant une texture sonore électro très singulière aux affrontements.
Conclusion et recommandation
Une expérience viscérale et spectaculaire destinée aux puristes de l’action asiatique, prêts à fermer les yeux sur une écriture faiblarde pour jouir d’une véritable leçon d’anatomie destructrice. C’est émotionnellement inabouti mais techniquement irréprochable. À réserver aux amateurs de sensations fortes. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone ! Si tu cherches un autre avis sur les perles martiales récentes, n’hésite pas à fouiller dans la rubrique Ciné-Asia pour dénicher d’autres pépites qui tabassent.
Pistes de réflexion
Jusqu’où le cinéma d’action peut-il s’affranchir d’une véritable narration pour ne devenir qu’une pure attraction sensorielle ? Le retour en force des cascades physiques marque-t-il enfin la fin de l’ère du tout-numérique dans le film de baston ?
À vous de juger
Et toi, t’en as pensé quoi ?
T’as pris ta claque visuelle ou tu t’es endormi entre deux bastons à cause du scénario prévisible ?
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