
Hommage : Bonnie Tyler, la voix écorchée qui a marqué le 7ème Art
C’est avec une immense tristesse que nous apprenons la disparition de Bonnie Tyler à l’âge de 75 ans. Si le monde entier salue aujourd’hui une icône absolue de la musique pop et rock, nous avons, nous cinéphiles, une pensée toute particulière pour cette voix si singulière qui a servi de bande originale à tant de nos souvenirs sur grand écran.
Car avant d’être une simple chanteuse, Bonnie Tyler a été une véritable « voix du cinéma« . Retour sur les liens étroits et fascinants qu’elle a entretenus avec le 7ème Art.
« Holding Out for a Hero » : l’hymne de l’action et de l’héroïsme
L’empreinte de Bonnie Tyler au cinéma se mesure d’abord à l’aune de ses titres utilisés pour ponctuer des scènes devenues cultes. Le point de départ ? Le mythique Footloose en 1984, pour lequel elle enregistre le survolté Holding Out for a Hero.
Avec ses synthétiseurs et son rythme effréné, ce morceau est devenu l’arme secrète des réalisateurs en quête de dynamisme. On l’a vu ressusciter avec bonheur dans l’animation parodique de Shrek 2 (2004), avant de conquérir les blockbusters récents comme Super Mario Bros. le film (2023) ou Shazam! La Rage des Dieux (2023). Mais sa force brute lui a aussi ouvert les portes du film de genre, illuminant de son énergie des longs métrages horrifiques ou décalés tels que Dead Snow 2: Red vs. Dead (2014) ou The Strangers: Prey at Night (2018).
« Total Eclipse of the Heart » : le drame absolu
Si le rock est son domaine, le drame est son territoire de prédilection. Le chef-d’œuvre écrit par Jim Steinman, Total Eclipse of the Heart, est un outil de narration puissant grâce à ses montées orchestrales inégalées.
Les cinéastes l’utilisent pour créer des bascules émotionnelles fortes. On l’a ainsi entendue dans la magnifique scène de karaoké des Cinq Diables (2022), ou encore dans Gloria Bell (2019), Austenland (2013) et le récent The Last Showgirl (2024). Même l’un de ses plus grands tubes, It’s a Heartache, a su s’immiscer dans l’univers angoissant de Resident Evil: Welcome to Raccoon City.

Une image profondément cinématographique
Au-delà des bandes originales, Bonnie Tyler a aussi marqué les esprits par son rapport à l’image. Bien qu’elle ait fait quelques apparitions à l’écran, comme dans le film espagnol Hormigueddon (2020) ou Le monde est à vous (1989), son véritable héritage visuel réside ailleurs.
Il est impossible d’oublier le clip mythique de Total Eclipse of the Heart, réalisé par Russell Mulcahy en 1983. Tourné dans un lycée gothique transformé en château hanté, ce clip est si narratif, si riche en décors et en ambiance « fantôme de l’opéra« , qu’il est aujourd’hui programmé et analysé comme un véritable court-métrage sur des plateformes cinéphiles comme MUBI. Son parcours a d’ailleurs été immortalisé à travers des documentaires et films de concert, comme Bonnie on Tour.
Adieu à une légende
Bonnie Tyler n’était pas une actrice de cinéma, mais elle en était indéniablement l’une des âmes musicales. Son style unique, à la croisée du rock, de la pop et du drame, offrait aux réalisateurs une palette émotionnelle rare. Qu’il s’agisse de créer un contraste ironique, de soutenir une scène d’action démesurée ou d’accompagner une rupture sentimentale, sa voix éraillée possédait ce pouvoir immédiat de transporter le spectateur.
Adieu Bonnie. Tes chansons continueront de résonner, pour l’éternité, sur nos grands écrans.
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