Horreur, Slasher, Thriller

HALLOWEEN 5: THE REVENGE OF MICHAEL MYERS (1989) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche de Halloween 5 avec le masque de Michael Myers et Jamie.
Le mal absolu frappe de nouveau Haddonfield.

Le slasher européen s’égare…

Dominique Othenin-Girard tente l’impossible en greffant une esthétique de giallo sur le cadavre d’un slasher américain passablement essoufflé. Le résultat est un monstre hybride, visuellement stimulant mais narrativement exsangue. Découvrons à travers cette critique de Halloween 5: The Revenge of Michael Myers (1989) comment le mal absolu s’est perdu dans les méandres d’une mythologie confuse.

Note : 3.5/5 (★★★)

Un an après les tragiques événements d’Haddonfield, Michael Myers s’éveille d’un coma pour traquer à nouveau sa jeune nièce, Jamie. Réfugiée dans une clinique pour enfants, la fillette mutique développe un lien télépathique avec son oncle, tandis que le Dr Loomis, complètement obsessionnel, prépare l’affrontement final.

Notre avis sur HALLOWEEN 5: THE REVENGE OF MICHAEL MYERS

Soyons clairs d’emblée : formuler un avis clément sur ce cinquième volet relève presque de la charité aveugle. Sous ses grands airs de pellicule faussement intellectuelle dopée à l’esthétique européenne, ce chapitre s’agite désespérément pour masquer la vacuité abyssale de son script. Nous sommes ici face au naufrage schizophrène d’une franchise en soins palliatifs, écartelée entre des fulgurances visuelles indéniables et une bêtise narrative si affligeante qu’elle ferait rougir le premier tâcheron venu d’Hollywood. C’est l’archétype même de la suite boursouflée qui se regarde filmer pour mieux nous faire oublier qu’elle n’a fondamentalement plus rien à raconter.

L’apport stylistique de la réalisation européenne frappe d’emblée et constitue le point fort de cette suite. Dominique Othenin-Girard injecte une esthétique ouvertement expressionniste qui détonne radicalement avec la sobriété des précédents opus. Les jeux d’ombres hyper-travaillés et l’utilisation viscérale de la caméra subjective ne sont pas de simples artifices, mais de véritables choix de mise en scène. Cette photographie très contrastée confère à la ville d’Haddonfield une aura quasi onirique, prouvant que le réalisateur suisse a compris comment iconiser le croquemitaine par l’ambiance plutôt que par la simple force brute.

Malgré cet emballage plastique indéniablement séduisant, le scénario s’effondre sous le poids de ses incohérences. La gestion de la mythologie est tout simplement désastreuse, incarnée par l’introduction lourdingue et chaotique de l’Homme en Noir. Cet ajout artificiel alourdit la trame et illustre l’incapacité navrante de la franchise à rationaliser le mal pur de Michael Myers, tout en préparant grossièrement le terrain pour d’éventuelles suites. À cela s’ajoute un rythme qui s’essouffle gravement dans un deuxième acte beaucoup trop bavard.

Le long-métrage souffre d’une dichotomie frustrante. La mise en scène réussit d’abord à s’appuyer sur un ancrage émotionnel fort, porté par la performance poignante de Danielle Harris (Jamie) et la folie d’un Donald Pleasence toujours irréprochable. La séquence intime où Jamie fait couler une larme sous le masque de Michael est un véritable sommet de tension psychologique. Malheureusement, Dominique Othenin-Girard sacrifie toute cette profondeur dans un troisième acte prévisible, cédant à la facilité des morts créatives mais génériques d’un slasher en pilote automatique.

Michael Myers masqué tenant un couteau ensanglanté dans l'obscurité.
Le croquemitaine d’Haddonfield et sa célèbre lame ensanglantée.
  • Donald Pleasence a activement milité sur le plateau pour que le personnage du Dr Loomis devienne de plus en plus déséquilibré, frôlant la même folie que sa propre Némésis.

  • Le masque de Michael Myers dans cet épisode est notoirement différent des précédents. Son cou nettement plus large et son aspect moins fantomatique sont dus à des choix de production qui agacent encore les puristes aujourd’hui.

À réserver en priorité aux complétistes acharnés de la saga ou aux curieux de l’horreur des années 80. Halloween 5 trouve sa place comme une anomalie stylistique intéressante dans un genre qui peinait alors à se renouveler, mais il frustrera ceux qui cherchent une narration solide. Avis sur Halloween 5: The Revenge of Michael Myers. Et si tu veux replacer cette œuvre dans le contexte d’une décennie cinématographique explosive, n’hésite pas à lire notre dossier 1989 : L’ANNÉE DE L’APOTHÉOSE.

Faut-il toujours chercher à expliquer les origines du mal ? L’ajout d’une mythologie mystique et sectaire a-t-il définitivement altéré l’essence terrifiante et insaisissable du « Shape » original imaginé par John Carpenter ?

Laisse ton avis dans les commentaires. Préfères-tu le Michael Myers brutal et sans motif des origines, ou cette tentative de background occulte parvient-elle à te convaincre ?


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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