
Une moiteur estivale doucement enivrante…
Note & Verdict d’entrée
Luca Guadagnino nous plonge dans une torpeur estivale d’une rare élégance, loin de la fadeur de certaines romances actuelles. Une œuvre sensorielle qui frôle le vertige, portée par un duo magnétique, mais dont la béatitude constante frise parfois l’utopie artificielle. Découvrons à travers cette critique de Call Me by Your Name (2017) comment la sensualité de l’image tente de masquer une dramaturgie délibérément dénuée de tout conflit.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)
Le Pitch
Durant l’été 1983 en Italie, Elio, un jeune homme de dix-sept ans, passe des vacances paisibles dans la villa familiale. Son quotidien est soudainement bousculé par l’arrivée d’Oliver, un séduisant doctorant américain venu assister son père. Entre les deux hommes, une attirance inexorable et foudroyante va lentement se tisser.
Notre avis sur CALL ME BY YOUR NAME
En effet, pour forger un véritable avis sur Call Me by Your Name, il faut d’abord accepter de se laisser porter par son rythme languissant et son atmosphère singulière.
Les atouts majeurs
La véritable force du long-métrage réside dans sa capacité à nous faire ressentir la chaleur palpable de cet été italien. L’immersion sensorielle et esthétique est totale. La photographie lumineuse de Sayombhu Mukdeeprom sublime chaque plan, transcendant un scénario finalement très (trop ?) classique pour en faire une expérience purement viscérale. Par ailleurs, la bande originale, sublimée par les compositions mélancoliques de Sufjan Stevens, s’entremêle parfaitement aux sons de la nature, faisant de l’atmosphère le véritable moteur émotionnel de l’œuvre.
Les faiblesses et limites
Bien que le film soit d’une beauté plastique indéniable, il souffre d’un rythme contemplatif parfois franchement complaisant. Cette langueur assumée étouffe toute forme de tension narrative. L’environnement adulte, d’une bienveillance presque irréelle, gomme la moindre friction psychologique pour nous plonger dans une utopie bourgeoise un brin artificielle. Ce manque de conflit extérieur divise fortement, laissant inévitablement sur leur faim les spectateurs en quête d’une intrigue plus dense ou de seconds rôles un minimum développés.
La mise en scène / Le jeu
La caméra de Luca Guadagnino effleure les corps avec un lyrisme incontestable, captant l’éveil du désir avec une immense délicatesse. Timothée Chalamet livre ici une performance magistrale, s’imposant comme le véritable pilier du récit. Il incarne le premier émoi amoureux avec une justesse bouleversante, traduisant à merveille l’urgence du désir et la douleur sourde de la perte. Face à lui, Armie Hammer joue efficacement de son charisme solaire, complétant un duo à l’alchimie indéniable.

Le saviez-vous ?
- James Ivory, qui devait initialement co-réaliser le film, a finalement signé uniquement le scénario, raflant au passage l’Oscar de la meilleure adaptation.
- Sufjan Stevens a composé deux morceaux inédits pour l’occasion, dont le superbe et entêtant « Mystery of Love« .
- La longue séquence finale pendant le générique a été tournée en une seule et unique prise, le réalisateur n’ayant donné qu’une simple directive émotionnelle à son acteur principal.
Conclusion et recommandation
Finalement, cette œuvre s’impose comme une romance initiatique poignante, idéale pour les amateurs de drames intimistes qui acceptent de prendre leur temps. Une pépite parfaite pour prolonger la chaleur, qui trouve d’ailleurs tout naturellement sa place au sein de notre dossier consacré aux ÉTÉS ÉTERNELS. Pour ne rien rater de mes avis tranchés sur CritiKs MoviZ, rejoins ma chaîne WhatsApp : c’est 100 % gratuit, totalement anonyme, et mes critiques atterrissent direct sur ton smartphone, sans le moindre filtre.
Pistes de réflexion
L’absence totale de conflit social, moral ou familial dans le film est-elle une force poétique assumée pour sanctuariser la romance, ou une véritable faiblesse qui déconnecte volontairement l’histoire de la réalité de l’époque ?
À vous de juger
Et vous, avez-vous été envoûté par cette parenthèse estivale ou profondément assoupi par sa lenteur ?
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Bravo pour ton article qui rejoint mon sentiment. Et rétrospectivement, à tous ceux qui douteraient encore de l’immense talent d’acteur de Timothée Chalamet, il faut les inviter à voir ou revoir « Call me by your name ». Tu soulignes à bon endroit les qualités photographiques et le cachet musical qui accompagne l’oeuvre de Guadagnino venant s’ajouter aux qualités de mise en scène. Un parfait film d’été.
Publié par princecranoir | 07/07/2026, 16h25Salut Princecranoir et merci pour ton retour ! On est sur la même longueur d’onde. Chalamet porte littéralement l’œuvre sur ses épaules et prouve d’entrée qu’il a l’étoffe d’un grand. L’emballage sensoriel (photo, musique) de Guadagnino est inattaquable – ça nous change agréablement de la fadeur visuelle du drame français moyen ;-)… Bref, un film d’été parfait pour flâner, même si, tu me connais, je continuerai toujours de pester un peu contre ce manque de friction narrative ! À très vite sur le blog.
Publié par Olivier Demangeon | 07/07/2026, 22h16