Action, Catastrophe, Comédie, Science fiction

MARS ATTACKS! (1996) ★★★★☆

Temps de lecture : 6 minutes
Affiche officielle de Mars Attacks avec la Martienne infiltrée, un Martien en scaphandre et un chien à corps de femme.
Un casting de stars et des extraterrestres frapadingues : le cocktail explosif de Tim Burton.

Quand le kitsch atomise l’Amérique…

Tim Burton s’offre un jeu de massacre jubilatoire en dynamitant les blockbusters patriotiques hollywoodiens. En effet, avec son esthétique rétro et son cynisme total, ce film est un contre-pied parfait à la bien-pensance de l’époque. Découvrons à travers cette critique de Mars Attacks ! (1996) comment le cinéaste transforme une invasion extraterrestre en une farce politique férocement iconoclaste.

Note : 4/5 (★★★★☆)

Face à l’arrivée imminente de soucoupes volantes venues de Mars, le président des États-Unis tente une approche pacifique. Bien que les intentions des petits êtres verts semblent d’abord amicales, ils déclenchent rapidement un carnage planétaire absolu. Une galerie de personnages hauts en couleur, des scientifiques aux investisseurs de Las Vegas en passant par des adolescents geeks, tente de survivre à ce chaos mondialisé.

Notre avis sur MARS ATTACKS!

Vengeance délirante contre le cinéma hollywoodien calibré, cet avis sur Mars Attacks! (1996) met en lumière une œuvre unique dans la filmographie de son auteur. Sorti la même année que le premier Independence Day (1996), le film de Tim Burton en prend le contre-pied absolu. Pas de héros bodybuildé ici, pas de discours larmoyant devant la Maison-Blanche, mais une avalanche de gags cruels où l’arrogance humaine est punie par des tirs de désintégrateurs laser. C’est un pastiche provocateur qui s’assume à 100%, une œuvre anarchiste financée par un grand studio qui s’amuse à piétiner toutes les valeurs sacrées de l’Oncle Sam.

L’un des plus grands chocs du film réside dans sa fidélité absolue à l’imaginaire pulp. Tim Burton s’inspire directement des cartes à collectionner Topps des années 1960 pour bâtir une esthétique visuelle unique. Le design des Martiens, avec leurs cerveaux surdimensionnés apparents et leurs yeux globuleux, est une merveille de retranscription kitsch. La direction artistique utilise une photographie saturée, presque technicolor, et mélange habilement des effets numériques pionniers avec des techniques d’animation en stop-motion traditionnelles pour conserver un grain de série B. Par ailleurs, la bande originale signée Danny Elfman, qui abuse du thérémine, renforce magnifiquement cette atmosphère de science-fiction rétro-futuriste. L’équilibre tonal penche vers une satire politique grinçante : l’armée est présentée comme décérébrée, le président comme un opportuniste lâche, et les médias comme des vautours avides d’audience. Cette charge féroce contre les institutions américaines fonctionne à plein régime, portée par un humour noir et décomplexé particulièrement rafraîchissant.

Le revers de la médaille se situe indéniablement dans sa structure chorale ultra-fragmentée. En multipliant les points de vue aux quatre coins du pays, le scénario de Jonathan Gems sacrifie toute forme de progression dramatique classique au profit du gag immédiat. On navigue à vue dans un récit éclaté qui ressemble parfois à une succession de sketchs inégaux. Cette absence totale de profondeur psychologique empêche toute forme d’adhésion émotionnelle. Le spectateur reste un témoin distant du massacre, regardant les personnages mourir les uns après les autres sans jamais ressentir la moindre empathie. De plus, le ton oscille de manière parfois inconfortable entre la farce potache pure (le running gag avec la musique de Slim Whitman) et la critique politique acerbe, ce qui crée des ruptures de rythme dommageables dans la dernière ligne droite du récit.

Tim Burton orchestre ce chaos avec une énergie cinétique rare, s’amusant visiblement comme un enfant dans un magasin de porcelaine. Sa caméra est mobile, nerveuse, capturant la panique avec un sens du cadre typique de la bande dessinée. Devant l’objectif, le casting cinq étoiles s’en donne à cœur joie dans la caricature pure. Jack Nicholson excelle dans son double rôle (le Président James Dale et le promoteur immobilier Art Land), cabotinant avec un génie évident. Glenn Close est parfaite en Première dame snob, tandis que Pierce Brosnan livre une prestation hilarante en scientifique arrogant et totalement aveuglé par ses théories. Mention spéciale à Lisa Marie en Martiangirl à la démarche hypnotique, qui livre l’une des séquences de pure mise en scène les plus mémorables du métrage.

Jack Nicholson et Glenn Close attablés sur des plateaux télé devant un canapé avec un chien Golden Retriever au premier plan.
Le président James Dale (Jack Nicholson) et la Première Dame (Glenn Close) face au chaos ambiant : le flegme américain poussé jusqu’à l’absurde.
  • Animation contrariée : À l’origine, Tim Burton souhaitait réaliser l’intégralité des Martiens en stop-motion, une technique qu’il affectionne particulièrement. Finalement, pour des raisons de budget et de temps, Warner Bros l’a contraint à utiliser des effets numériques, mais le réalisateur a exigé que les animateurs de l’équipe ILM recréent les imperfections et la démarche saccadée de l’animation image par image.

  • Costumes d’époque : Le créateur des costumes, Colleen Atwood, a dû relever un défi de taille pour concevoir la robe de la fille martienne infiltrée. La robe n’avait aucune couture visible, fermeture éclair ou bouton ; elle devait être littéralement cousue chaque jour directement sur l’actrice Lisa Marie avant le tournage de ses scènes.

Mars Attacks! s’adresse avant tout aux amateurs d’humour noir, de cinéma de genre rétro et aux nostalgiques de la science-fiction des années 1950. S’il n’a pas la poésie d’un Edward aux mains d’argent (1990), il occupe une place de choix parmi les comédies de science-fiction les plus irrévérencieuses de l’histoire du cinéma. C’est une œuvre bulle de champagne, féroce et profondément transgressive. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone ! Cet critique sur Mars Attacks! (1996) nous rappelle qu’au rayon des invasions extraterrestres massives des années 1990, le traitement diffère radicalement du premier degré patriotique proposé dans « The 5th Wave » (2016), « Battle: Los Angeles » (2011), « Battleship » (2012), ou encore « Independence Day » (1996).

Le film pose une question intéressante sur notre rapport à la menace et à l’altérité. En montrant une humanité incapable de s’unir intelligemment et systématiquement guidée par l’appât du gain, la vanité ou la violence, Tim Burton suggère-t-il que les véritables monstres destructeurs ne sont pas ceux que l’on croit ? La bêtise humaine est ici le véritable moteur de l’apocalypse.

Qu’avez-vous pensé de ce jeu de massacre burtonien ?
Préférez-vous le premier degré spectaculaire d’un Independence Day ou le cynisme destructeur de ces Martiens frapadingues ?
Laissez votre avis dans les commentaires ci-dessous !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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