À la une !, Horreur

PASSENGER (2023) ★★★☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film Passenger montrant une silhouette sombre au milieu d’une route de forêt éclairée par des phares de voiture.
15 400 personnes ne reviennent jamais de leur road trip…
Serez-vous le prochain ?

L’enfer, c’est le voyage…

André Øvredal rate le coche du chef-d’œuvre claustrophobe mais ne livre pas un navet pour autant. En effet, ce huis clos horrifique oscille constamment entre une maestria visuelle indéniable et les tares habituelles du cinéma de genre contemporain qui refuse de creuser ses personnages. Découvrons à travers cette critique de Passenger (2026) l’impact d’une mise en scène étouffante qui se prend malheureusement les pieds dans le tapis d’un scénario trop balisé.

Note : 3/5 (★★★☆☆)

Bloqués dans un espace confiné et impitoyable, un groupe de passagers doit faire face à une menace invisible qui se nourrit de leur propre paranoïa. Alors que l’isolement exacerbe les tensions, Jacob Scipion et Lou Llobell tentent de survivre au milieu des secrets de chacun. Un affrontement psychologique intense où le véritable danger n’est pas forcément ce qui rôde dehors, mais bien l’autre.

Notre avis sur PASSENGER

Le réalisateur norvégien, qu’on a connu plus inspiré avec The Jane Doe Identity (2016), insuffle ici une véritable noirceur à cette série B. En effet, sa proposition sur Passenger (2026) est double : formellement superbe, narrativement paresseux. Le film brille par sa capacité à transformer un cadre restreint en un laboratoire de la folie humaine. La gestion des ombres, le sound design métallique et l’économie d’effets numériques grossiers confèrent à l’ensemble une patine artisanale fort agréable.

Bien que le dispositif de départ soit redoutablement efficace, le scénario de Zachary Donohue et TW Burgess s’essouffle à mi-parcours. La faute à une succession de jump scares parfois prévisibles et à une incapacité notoire à transcender les codes du huis clos horrifique traditionnel. Par ailleurs, la gestion de la tension souffre de réelles chutes de rythme, étirant des séquences d’exposition qui n’apportent pas grand-chose à la mythologie de la menace.

La grande force du film réside incontestablement dans sa maîtrise atmosphérique et sa direction visuelle. André Øvredal sait filmer l’enfermement comme personne. En utilisant des angles morts et une profondeur de champ réduite, il transforme chaque recoin du décor en une source potentielle d’angoisse. La photographie sobre, presque monochrome, amplifie ce sentiment de désespoir absolu. On ressent physiquement la température baisser et l’air se raréfier au fil des minutes.

Le bât blesse sérieusement du côté de la profondeur des personnages et de la cohérence scénaristique. Les protagonistes frôlent trop souvent le cliché fonctionnel : le leader malgré lui, la figure sacrificielle, l’égoïste de service. Difficile dans ces conditions d’éprouver une réelle empathie pour eux. De plus, l’intrigue est parsemée de plusieurs incohérences flagrantes dans les réactions des survivants, qui prennent des décisions absurdes simplement pour faire avancer un script en roue libre sur sa fin.

La caméra d’André Øvredal est d’une précision chirurgicale, évitant la shaky-cam illisible pour privilégier des mouvements lents et oppressants. Côté casting, Jacob Scipion et Lou Llobell s’en sortent avec les honneurs, insufflant une vraie détresse à leurs personnages malgré le manque de relief de l’écriture. La grande Melissa Leo, bien que sous-exploitée, apporte une autorité bienvenue qui rehausse le niveau global de l’interprétation.

Gros plan sur une main sombre s'approchant du visage terrifié d'une femme de profil dans l'obscurité.
25Une mise en scène étouffante qui joue habilement sur les angles morts et la paranoïa.

La partition étouffante du film est signée par le vétéran Christopher Young, un habitué du genre à qui l’on doit les bandes originales de Hellraiser (1987) et Sinister (2012). Pour accentuer le malaise, il a intégré des bruits de structures métalliques déformées et des murmures inversés dans ses compositions. De plus, André Øvredal a imposé aux acteurs un plateau de tournage maintenu à basse température pour que leur respiration glacée soit totalement réelle à l’écran.

Passenger (2026) reste un thriller horrifique hautement fréquentable pour les amateurs d’ambiances poisseuses et de paranoïa brute. Bien qu’il manque le coche du classique instantané à cause d’un rythme inégal et d’archétypes superficiels, il démontre qu’André Øvredal possède toujours un œil graphique hors du commun. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone !

Le film interroge habilement notre propre capacité à la monstruosité lorsque l’instinct de survie prend le pas sur la civilisation. Finalement, face à l’isolement, le vernis social ne tient jamais bien longtemps.

Qu’as-tu pensé de ce voyage au bout de l’angoisse ?
Le réalisateur a-t-il réussi à te faire frissonner ou as-tu trouvé le temps long dans la cabine ?
Laisse ton avis dans les commentaires ci-dessous, on en débat !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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