Action, Crime - Policier, Science fiction, Thriller

CHIEN 51 (2025) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche verticale de Chien 51 montrant Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos de profil, titre rouge massif.
Un futur un peu trop simpliste pour convaincre.

Marseille futuriste, ambition naufragée…

Cédric Jimenez troque son efficacité habituelle contre une SF de pacotille qui sent la poussière et le manque de moyens créatifs. Bien que l’intention de bousculer le polar français soit louable, le résultat est un objet hybride, maladroit et terriblement ennuyeux. Découvrons à travers cette critique de Chien 51 (2025) l’échec d’une dystopie qui confond modernité et écrans bleus.

Note : 2.5/5 (★★✮☆☆)

Dans un futur proche où la France est fracturée en zones de relégation, Salia et Camélia, deux flics aux méthodes opposées, doivent enquêter sur le meurtre d’un haut fonctionnaire dans la zone 51, un Marseille transformé en ghetto high-tech. Entre corruption systémique et surveillance technologique, ils vont découvrir que la frontière entre l’ordre et le chaos n’est qu’une interface numérique prête à bugger.

Notre avis sur CHIEN 51

En effet, l’avis sur Chien 51 ne peut être que mitigé, tant le décalage entre la promesse d’un blockbuster d’anticipation et la réalité à l’écran est flagrant. Cédric Jimenez, d’ordinaire si à l’aise dans le viscéral (BAC Nord), semble ici perdu dans les couloirs d’une dystopie qui manque cruellement de chair. Le film se veut percutant, mais il finit par s’enliser dans une narration poussive où l’aspect « futuriste » semble n’être qu’un vernis superficiel appliqué sur un polar des plus classiques. On attendait une claque, on récolte un bâillement poli devant une œuvre qui n’arrive jamais à transcender ses influences.

Le film conserve une certaine maîtrise technique dans sa gestion du rythme, héritée du savoir-faire de Cédric Jimenez. La photographie de Nicolas Loir offre quelques rares fulgurances, tentant de donner une identité visuelle à ce Marseille de demain via des contrastes marqués. Par ailleurs, le design sonore de Guillaume Roussel s’efforce de compenser la pauvreté des décors en installant une tension acoustique permanente. L’immersion fonctionne par intermittence, notamment lors des séquences d’action pure où la caméra retrouve un peu de ce nerf qui fait habituellement la force du réalisateur.

C’est là que le bât blesse : l’aspect science-fiction est proprement pitoyable. On nous vend un monde de demain, mais la « technologie » se résume à des acteurs fixant des interfaces graphiques sur des écrans d’ordinateurs en fronçant les sourcils. Bien que le budget soit là, l’imaginaire semble en panne. Le film ne parvient jamais à équilibrer son réalisme social avec les conventions du thriller futuriste, tombant systématiquement dans les clichés du genre. On est face à une « anticipation » sans vision, qui se contente de recycler des thématiques de surveillance sans jamais rien proposer de neuf ou de visuellement iconique.

Gilles Lellouche, blond, et Adèle Exarchopoulos armés dans une scène nocturne du film Chien 51.
Un duo qui tente de sauver les meubles dans un futur bien sombre.

La réalisation est dynamique, certes, mais elle tourne à vide. Gilles Lellouche fait du Lellouche en flic épuisé, tandis qu’Adèle Exarchopoulos tente de donner du relief à un personnage cruellement schématique. Louis Garrel et Romain Duris semblent se demander ce qu’ils font dans cette galère, leurs arcs secondaires manquant totalement de profondeur psychologique. La mise en scène, à force de vouloir être « chirurgicale« , finit par devenir froide et désincarnée, empêchant toute empathie pour ces protagonistes qui ne sont finalement que des archétypes sans âme.

Pour créer l’ambiance de cette zone 51 marseillaise, la production a dû jongler entre des décors naturels brutis et des rajouts numériques, faute de pouvoir construire des sets futuristes complets. Le compositeur Guillaume Roussel a utilisé des sonorités industrielles captées dans des zones portuaires pour renforcer l’aspect oppressant du climat social dépeint. Finalement, c’est peut-être dans ces détails sonores que le film est le plus « futuriste« .

Chien 51 s’adresse aux complétistes du cinéma de Cédric Jimenez ou aux curieux qui veulent voir comment le cinéma français se prend les pieds dans le tapis de la SF. Il ne parvient jamais à s’imposer comme un grand film de genre, restant coincé dans l’entre-deux. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone !

Le cinéma français est-il condamné à échouer dès qu’il tente l’anticipation ? En voulant traiter de la fatigue institutionnelle par le prisme de la technologie, Cédric Jimenez oublie que la force d’un film réside dans ses personnages, pas dans ses logiciels de post-production.

Qu’as-tu pensé de cette incursion dans le futur de Marseille ?
Le manque de nuances t’a-t-il aussi dérangé ?
On attend ton commentaire.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

3 réflexions sur “CHIEN 51 (2025) ★★✮☆☆

  1. Avatar de princecranoir

    Sacrée déception pour moi aussi car le nom de Jiménez associé à l’idée d’un thriller politico-policier d’anticipation me faisait saliver par avance.
    Douche froide : il m’a semblé que le scénario avait été totalement expurgé de son propos prospectif, bien plus riche dans le roman de Laurent Gaudé (que j’ai lu après avoir vu le film, et donc n’a pas influencé mon jugement).
    Je ne blamerai pas les acteurs (qui se donnent, même les seconds rôles qui sont, comme tu l’as écrit, très superficiels) ou même l’aspect technique qui invente un avenir proximal néanmoins un peu parigo-parisien. On aurait néanmoins aspiré à un Paris du futur façon Enki Bilal, plus baroque, plus esthétique. Pas du tout. Dommage, c’est raté.

    Publié par princecranoir | 10/05/2026, 15h21
  2. Avatar de Vampilou fait son Cinéma

    J’ai aimé, mais j’en attendais plus, l’univers est tellement riche de potentiel, que l’on aurait pu bien plus l’exploiter !

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 11/05/2026, 18h52

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