
Une mariée trop coriace…
Note & Verdict d’entrée
Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett signent une suite nerveuse qui, bien que moins surprenante que l’original, confirme leur savoir-faire dans le jeu de massacre aristocratique. C’est du divertissement solide, parfois un peu paresseux sur l’écriture, mais porté par une hargne visuelle qui fait plaisir à voir. Découvrons à travers cette critique de Ready or Not 2: Here I Come (2026) comment le duo de réalisateurs tente de transformer l’essai sans pour autant réinventer la poudre.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)
Le Pitch
Quelques années après le massacre des Le Domas, Grace pensait avoir échappé au cauchemar. C’était sans compter sur l’étendue des rituels familiaux. Pour protéger son futur, elle doit replonger dans une chasse à l’homme sanglante face à une nouvelle branche de la lignée, bien décidée à honorer leur pacte démoniaque. Une traque nocturne où l’humour noir côtoie le gore pur.
Notre avis sur READY OR NOT 2: HERE I COME
En effet, le retour de Samara Weaving dans la robe ensanglantée de Grace est un pur plaisir de fan, mais l’effet de surprise s’est logiquement évaporé. Cet avis sur Ready or Not 2: Here I Come souligne un film qui joue la carte de la sécurité tout en musclant son jeu graphique. Si la tension est palpable dès l’entame du jeu, on sent que la franchise cherche sa légitimité entre la pure satire sociale et le « torture porn » de luxe.
Les atouts majeurs
La mise en scène est indéniablement nerveuse. Le duo Radio Silence maîtrise l’espace, utilisant les couloirs et les zones d’ombre pour créer une atmosphère de claustrophobie constante. La satire des privilèges toxiques, pilier du premier opus, revient ici avec une maturité visuelle accrue : la richesse est montrée comme une pathologie héréditaire, une gangrène morale que Grace doit amputer à coups de fusil à pompe. Bien que le propos ne soit pas révolutionnaire, l’interprétation de Samara Weaving, épaulée par une Kathryn Newton électrique et une Sarah Michelle Gellar en matriarche vénéneuse, apporte une crédibilité bienvenue à ce carnage organisé.
Les faiblesses et limites
Finalement, le film souffre d’un essoufflement notable durant son deuxième acte. Le scénario de Guy Busick et R. Christopher Murphy semble faire du surplace, enchaînant les confrontations gore de manière un peu répétitive. Par ailleurs, les antagonistes sont ici de purs archétypes sans nuance, là où la famille Le Domas possédait une dimension pathétique plus marquante. Certains rebondissements frôlent également l’incohérence logique, servant uniquement à relancer une machine qui commence à grincer dès que le rythme ralentit.

La mise en scène / Le jeu
Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett confirment qu’ils sont des techniciens hors pair. Les cadrages sont oppressants, et l’utilisation de la lumière (ou de son absence) renforce l’aspect rituel de la chasse. Côté casting, Samara Weaving est impériale en survivante blasée, mais la surprise vient de l’apparition de David Cronenberg dans un rôle surprenant, apportant une aura de malaise intellectuel à ce bain de sang. Shawn Hatosy et Kevin Durand font le job en brutes épaisses, même si on aurait aimé plus de profondeur.
Le saviez-vous ?
La bande originale de Sven Faulconer intègre des distorsions sonores basées sur d’anciens instruments de torture médiévaux, un clin d’œil au thème de la tradition barbare. De plus, la robe de mariée portée dans cet opus a nécessité plus de quarante exemplaires différents pour simuler les divers stades de dégradation et d’imprégnation de sang (artificiel, bien sûr).
Conclusion et recommandation
C’est un divertissement maîtrisé pour les amateurs de « survival » qui ne craignent pas le rouge vif. Il s’adresse principalement à ceux qui ont aimé le premier et qui cherchent une dose supplémentaire de catharsis violente. Sans atteindre l’inventivité de son aîné, il reste bien au-dessus de la soupe horrifique habituelle.
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Pistes de réflexion
Le film pose une question intéressante sur la fatalité : peut-on réellement échapper à son passé ou est-on condamné à rejouer les mêmes drames ? La thématique de la culpabilité héréditaire ici mise en scène suggère que le sang appelle le sang, peu importe les efforts pour s’en laver les mains.
À vous de juger
La suite est-elle à la hauteur du choc de 2019 ou est-ce le massacre de trop ?
L’espace commentaire vous attend.

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Je m’en doutais un peu malheureusement…J’avais adoré le premier, mais je ne voyais vraiment pas ce qu’ils pourraient faire de plus et ton avis confirme mon sentiment !
Publié par Vampilou fait son Cinéma | 13/04/2026, 16h54En effet, ton intuition était la bonne. Le premier opus tenait sur son concept de « jeu de massacre » inédit et sa satire sociale bien sentie. Ici, on sent que Bettinelli-Olpin et Gillett sont coincés : s’ils changent tout, les fans râlent ; s’ils gardent tout, on s’ennuie. Ils ont choisi l’entre-deux confortable. Bien que Samara Weaving sauve les meubles par sa seule présence, le film finit par ressembler à un tour de manège qu’on connaît déjà par cœur. C’est propre, c’est pro, mais l’étincelle de vice du premier a laissé place à une efficacité un peu clinique. Finalement, c’est le syndrome de la suite « plus grosse, mais moins maligne ».
Publié par Olivier Demangeon | 14/04/2026, 5h43