
La vengeance est un plat réchauffé…
Note & Verdict d’entrée
Un « Taken » à l’italienne qui ne réinvente ni la roue ni le fil à couper le beurre. En effet, Cosimo Gomez livre une pellicule nerveuse mais terriblement programmatique qui sent la commande Netflix à plein nez. Découvrons à travers cette critique de My Name Is Vendetta (2022) si le charisme d’Alessandro Gassmann suffit à sauver ce récit de la noyade générique.
Note : 2,5/5 (★★✮☆☆)
Le Pitch
Santo, un ancien tueur de la ’Ndrangheta vivant sous une fausse identité dans le Tyrol, voit sa vie basculer lorsque des ennemis du passé massacrent sa femme et son beau-frère. En fuite avec sa fille Sofia, il doit lui enseigner les rudiments de la survie et de la mise à mort pour remonter la piste des commanditaires à Milan.
Notre avis sur MY NAME IS VENDETTA
Bien que le cinéma italien tente ici une incursion musclée dans le thriller d’action contemporain, le résultat laisse un goût d’inachevé. On est face à un produit calibré pour l’algorithme : efficace dans sa brutalité, mais totalement dénué de la moindre étincelle d’originalité. Par ailleurs, l’ombre de John Wick et des productions EuropaCorp plane bien trop bas sur une intrigue que l’on devine dès le premier quart d’heure. C’est propre, c’est sec, mais c’est aussi vide qu’un chargeur après une fusillade de fin de film.
Les atouts majeurs
Le film tire sa force d’une réalisation percutante et d’une photographie qui exploite habilement les contrastes entre la pureté froide des Alpes et la grisaille urbaine de Milan. Les chorégraphies de combat sont sèches et évitent heureusement le découpage épileptique trop souvent en vogue. L’équilibre entre la violence graphique et le rythme soutenu permet de ne jamais s’ennuyer, même si l’on sait exactement où le train nous emmène.
Les faiblesses et limites
Le scénario est le talon d’Achille de cette vendetta. On s’enferme dans des dialogues purement fonctionnels et des antagonistes de série B qui manquent cruellement de relief. La psychologie est sacrifiée sur l’autel de l’efficacité mécanique. Finalement, le film souffre d’un manque de respiration dramatique qui empêche le spectateur de s’investir réellement dans le destin des personnages.

La mise en scène / Le jeu
Cosimo Gomez fait le job derrière la caméra avec une certaine rigueur technique, notamment dans la gestion de l’espace lors des infiltrations. Alessandro Gassmann impose une présence physique indéniable, portant sur son visage les stigmates d’un passé lourd. À ses côtés, Ginevra Francesconi s’en sort honorablement, même si l’évolution de son personnage — passant de l’adolescente insouciante à la tueuse en herbe — manque de nuances crédibles.
Le saviez-vous ?
- Héritage : Alessandro Gassmann est le fils du légendaire Vittorio Gassman. Si son père excellait dans la « Comédie à l’italienne », Alessandro s’est taillé une place solide dans le cinéma de genre plus sombre.
- Musique : La bande-son de Giorgio Giampà et Marta Lucchesini utilise des sonorités industrielles pour renforcer l’oppression urbaine, contrastant avec le silence des montagnes du début du film.
Conclusion et recommandation
Un divertissement honnête pour un samedi soir pluvieux sur Netflix, idéal pour les amateurs de récits de vengeance sans fioritures. Il ne marquera pas l’histoire du genre mais remplit son contrat minimum. Pour un avis sur My Name Is Vendetta plus tranché, on pourra le comparer à l’excellent The Man from Nowhere (2010) pour voir ce qu’est une vraie relation protecteur/enfant habitée.
Pistes de réflexion
La figure du père « monstrueux » qui transmet son héritage de violence à sa progéniture est un vieux trope. Le film rate-t-il l’occasion d’une vraie réflexion morale sur la rupture de ce cycle au profit d’un pur spectacle de divertissement ?
À vous de juger
Le cinéma d’action italien peut-il rivaliser avec les productions asiatiques ou américaines ?
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