Crime - Policier, Drame, Judiciaire, Mystère, Thriller

THE CLIENT (1994) ★★★✮☆

Temps de lecture : 4 minutes
Affiche du film The Client avec Susan Sarandon, Tommy Lee Jones et Brad Renfro sur fond noir.
Susan Sarandon et le regretté Brad Renfro : un duo inoubliable.

La loi du plus fort…

Un thriller judiciaire carré, solide et redoutablement efficace comme Hollywood savait les usiner dans les années 90. Joel Schumacher livre ici une adaptation de John Grisham qui repose entièrement sur l’alchimie entre une avocate au grand cœur et un gamin traqué. Découvrons à travers cette critique de The Client (1994) l’efficacité d’un suspense qui n’a pas pris une ride.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)

Mark Sway, onze ans, assiste par hasard au suicide d’un avocat de la mafia. Avant de mourir, ce dernier lui confie un secret explosif : l’emplacement du corps d’un sénateur assassiné. Coincé entre un procureur fédéral ambitieux et des tueurs impitoyables, Mark engage Reggie Love, une avocate sobre mais tenace, pour 1 dollar symbolique afin de sauver sa peau.

Notre avis sur THE CLIENT

En effet, le film de Joel Schumacher s’inscrit dans l’âge d’or des adaptations de Grisham, coincé entre La Firme et L’Affaire Pélican (1993). Bien que la mise en scène reste classique, pour ne pas dire académique, l’efficacité du récit est indéniable. On y retrouve cette tension poisseuse du Sud des États-Unis, où la justice semble être un terrain de jeu pour politiciens en quête de lumière. Finalement, c’est ce mélange de thriller mafieux et de drame humain qui permet au film de garder une vraie tenue, malgré les années.

Le véritable moteur de ce long-métrage réside dans l’humanité qui s’en dégage. Contrairement à beaucoup de thrillers juridiques froids, l’accent est mis ici sur la relation quasi filiale entre Reggie et Mark. L’ambiance lourde du Tennessee, magnifiée par la photographie de Tony Pierce-Roberts, apporte une texture organique au danger qui rôde. Par ailleurs, l’intrigue est menée tambour battant, ne laissant que peu de répit au spectateur grâce à un scénario d’Akiva Goldsman qui sait parfaitement quand serrer la vis de l’angoisse.

On ne peut ignorer que le film coche parfois toutes les cases du cahier des charges hollywoodien. Les méchants de la mafia, emmenés par Anthony LaPaglia, frisent par moments la caricature du « voyou à gourmette ». La résolution, bien que satisfaisante, manque de cette ambiguïté morale qui aurait pu élever le film au rang de chef-d’œuvre. On est face à une mécanique bien huilée, mais sans grande prise de risque narrative.

The Client (1994)
Susan Sarandon et Brad Renfro dans The Client (1994)

Joel Schumacher prouve qu’il est un technicien hors pair avant de se perdre dans les néons de Gotham. Il dirige ici admirablement le jeune Brad Renfro, dont c’était le premier rôle, et qui crève l’écran par sa maturité. Susan Sarandon, impériale, apporte une fragilité et une force qui justifient amplement sa nomination aux Oscars. Face à elle, Tommy Lee Jones en « Reverend » Roy Foltrigg cabotine avec un délice communicatif, incarnant l’arrogance politique dans toute sa splendeur.

  • Le jeune Brad Renfro a été choisi parmi plus de 5 000 candidats lors d’un casting sauvage ; il n’avait aucune expérience préalable devant la caméra.

  • Susan Sarandon a réellement travaillé avec des avocats spécialisés dans la protection de l’enfance pour préparer son rôle de Reggie Love.

  • La partition d’Howard Shore délaisse ici ses envolées épiques pour une tension plus intimiste et psychologique, renforçant le sentiment d’isolement des protagonistes.

The Client est le thriller parfait pour ceux qui aiment les joutes verbales en salle d’audience et les courses-poursuites sous haute tension. Il occupe une place de choix dans le cinéma de divertissement intelligent des nineties.

Le film pose une question cruciale : jusqu’où la justice peut-elle utiliser un enfant pour arriver à ses fins ? La manipulation des mineurs par l’appareil d’État, représentée par le personnage de Tommy Lee Jones, reste un sujet d’une actualité brûlante.

Et toi, tu penses que la justice est toujours du côté de l’innocence ou juste du côté de celui qui a le meilleur avocat ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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