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THE SHADOW STRAYS (2024) ★★★★☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film The Shadow Strays montrant l'actrice Aurora Ribero, le visage marqué, prête au combat.
Aurora Ribero, nouvelle reine de la castagne indonésienne.

La boucherie indonésienne est servie…

Timo Tjahjanto ne fait pas dans la dentelle et nous offre un nouveau festin de sang et d’acier qui redéfinit la brutalité. C’est une claque technique qui compense largement ses facilités narratives par une générosité visuelle hors norme. Découvrons à travers cette critique de The Shadow Strays (2024) une démonstration magistrale de ce que le cinéma d’action indonésien a de plus viscéral.
Note : 4/5 (★★★★☆)

Après une mission qui a mal tourné au Japon, n°13, une jeune assassine d’élite appartenant à une organisation secrète, est mise au repos forcé. En effet, elle se lie d’amitié avec Monji, un gamin dont la mère a été massacrée par un syndicat du crime local. Lorsque le garçon est enlevé, n°13 brise le protocole et déclenche une guerre totale contre la pègre et ses propres mentors.

Notre avis sur THE SHADOW STRAYS

Proposer un avis sur The Shadow Strays revient à accepter une immersion totale dans un chaos chorégraphié avec une précision chirurgicale. Timo Tjahjanto, désormais fer de lance de l’action extrême après The Night Comes for Us (2018), livre ici une œuvre qui ne s’embarrasse d’aucune fioriture. Si l’on peut pester contre un classicisme narratif évident, le plaisir de voir une mise en scène aussi inventive et sans aucune complaisance envers ses personnages est total. C’est un film qui se regarde avec les tripes, porté par une Aurora Ribero qui s’impose comme la nouvelle égérie du « Gun Fu« .

La signature de Timo Tjahjanto réside dans sa capacité à transformer chaque affrontement en une pièce d’orfèvrerie macabre. La chorégraphie des combats est tout simplement ahurissante, utilisant l’environnement (cuisine, entrepôt, boîte de nuit) avec un génie tactique rare. La direction artistique, portée par une photographie sombre et des éclairages néons agressifs, donne au film une identité visuelle forte qui sublime chaque éclaboussure d’hémoglobine. La scène d’ouverture au Japon, d’une beauté plastique renversante, pose d’emblée les jalons d’un spectacle total où le sabre et le pistolet dansent une valse mortelle.

Bien que le film soit une réussite technique, il n’échappe pas aux tropes usés de la tueuse solitaire au grand cœur. Le scénario peine à s’élever au-dessus des clichés du genre, ce qui limite parfois l’implication émotionnelle du spectateur. Par ailleurs, la durée de plus de deux heures peut paraître excessive tant le rythme est maintenu à un niveau de saturation constant, frôlant par moments l’épuisement sensoriel sans offrir de véritables plages de respiration narrative.

Aurora Ribero dans The Shadow Strays (2024)
Aurora Ribero dans The Shadow Strays (2024)

La réalisation de Timo Tjahjanto est d’une fluidité exemplaire. Il sait placer sa caméra au cœur de la mêlée sans jamais perdre en lisibilité, un exploit dans le paysage actuel saturé de « shaky cam » illisible. Aurora Ribero est une révélation ; elle apporte une vulnérabilité physique qui rend ses exploits d’autant plus impressionnants. Face à elle, Hana Malasan insuffle une menace glaciale qui donne du poids à l’antagonisme central.

Le compositeur Fajar Yuskemal, collaborateur régulier de Timo Tjahjanto, a travaillé sur des sonorités industrielles pour souligner la froideur de l’organisation « Shadow« . Pour les scènes d’action, Aurora Ribero a suivi un entraînement intensif de plusieurs mois en Pencak Silat (l’art martial national indonésien) pour assurer elle-même la majorité de ses cascades, une exigence constante chez le réalisateur pour maintenir l’authenticité des impacts.

The Shadow Strays est un incontournable pour les amateurs d’action pure et de cinéma de genre asiatique. Bien que moins surprenant que ses prédécesseurs sur le plan de l’écriture, il surclasse la quasi-totalité de la production occidentale actuelle par sa ferveur et sa maîtrise plastique. Pour une dose supplémentaire d’adrénaline, consulte notre critique de The Night Comes for Us (2018).

On peut se demander si la surenchère de violence, signature indonésienne depuis The Raid, n’arrive pas à un point de saturation. Le film questionne la place de l’individu au sein de structures rigides, mais préfère finalement répondre par le fer plutôt que par le verbe. Est-ce là l’essence même du « Gun Fu » moderne ?

Alors, la violence de Timo Tjahjanto est-elle salvatrice ou gratuite ?
On attend vos avis en commentaires !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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