Comédie, Fantastique, Romance, Thriller

GROUNDHOG DAY (1993) ★★★★✭

Temps de lecture : 5 minutes
Bill Murray, l'air blasé, tient une marmotte dans ses bras lors d'un reportage télévisé sous la neige.
Phil Connors découvre que la marmotte n’est pas sa meilleure amie.

L’éternité, c’est long vers la fin…

Un chef-d’œuvre d’écriture qui transforme un postulat fantastique en une leçon de vie implacable sans jamais sacrifier son mordant. Bill Murray y trouve le rôle de sa vie, naviguant entre le mépris souverain et une détresse existentielle bouleversante. Découvrons à travers cette critique de Groundhog Day (1993) comment la répétition devient le moteur d’une rédemption salvatrice.
Note : 4.5/5 (★★★★✭)

Phil Connors, météorologue odieux et imbu de sa personne, se rend à Punxsutawney pour couvrir le jour de la marmotte. Après une nuit agitée, il se réveille à nouveau le 2 février. Coincé dans une boucle temporelle infinie, il doit revivre la même journée médiocre, sans issue apparente, jusqu’à ce qu’il comprenne enfin ce que l’existence attend de lui.

Notre avis sur GROUNDHOG DAY

Proposer un avis sur Groundhog Day, c’est avant tout saluer l’intelligence monumentale d’un scénario signé Danny Rubin et Harold Ramis. Le film réussit l’impossible : traiter de la lassitude et du vide existentiel sans jamais ennuyer le spectateur. En effet, la structure cyclique n’est pas un gadget technique, mais un laboratoire psychologique. Le film dépasse largement le cadre de la « comédie de studio » pour flirter avec la philosophie bouddhiste ou nietzschéenne. C’est brillant, drôle, et d’une profondeur que le cinéma de divertissement actuel semble avoir oubliée.

L’arc de transformation de Phil Connors est un modèle de narration. Le film évite la lassitude en segmentant les phases de la boucle : l’incrédulité, l’hédonisme sans conséquences, le désespoir suicidaire, et enfin l’altruisme. Chaque répétition est une couche de vernis cynique qui saute. Par ailleurs, l’équilibre entre la comédie pure (les rencontres avec Ned Ryerson) et la gravité des thèmes abordés est une prouesse. On rit d’un homme qui tente de se suicider de dix façons différentes, car le film parvient à rendre cette quête de sens universelle.

Si l’on veut chipoter, la romance avec Rita (Andie MacDowell) souffre par moments des codes un peu trop lisses de la comédie romantique des années 90. Bien que nécessaire à l’évolution de Phil, le personnage de Rita manque parfois de la complexité qui anime le protagoniste. Finalement, certains esprits cartésiens regretteront l’absence totale d’explication sur l’origine du phénomène, même si c’est précisément ce flou qui fait la force métaphorique du récit.

Bill Murray et Andie MacDowell Groundhog Day (1993)
Bill Murray et Andie MacDowell dans Groundhog Day (1993)

Harold Ramis fait preuve d’une maîtrise du rythme chirurgicale. Filmer dix fois la même rue sans lasser demande un sens du cadre et du montage hors pair. Mais c’est Bill Murray qui porte le film sur ses épaules. Son jeu est d’une subtilité rare : il parvient à rendre Phil Connors détestable, puis pathétique, puis profondément touchant sans jamais changer radicalement de registre. Sa performance est le pilier central de cette réussite.

Le tournage a été marqué par une tension réelle entre Bill Murray et Harold Ramis, qui ne se sont plus parlé pendant des années après le film.

  • Bill Murray a été mordu par la marmotte à deux reprises durant les prises de vue, nécessitant des injections contre la rage.

  • On estime que Phil Connors est resté coincé dans la boucle pendant environ 30 à 40 ans pour acquérir toutes ses compétences (piano, sculpture sur glace, français).

Groundhog Day (1993) est un classique indispensable qui s’adresse autant aux amateurs de comédies grinçantes qu’aux philosophes de comptoir. Il prouve qu’avec une idée simple et un acteur de génie, on peut toucher à l’universel. C’est le film parfait à revoir… en boucle. Il s’inscrit fièrement dans notre rétrospective 1993 : L’ANNÉE DU SPECTACLE TOTAL.

Et si la boucle n’était pas une malédiction, mais la seule façon pour l’homme moderne de sortir de son automatisme médiocre ? Le film nous interroge sur ce que nous ferions de notre temps si demain n’existait plus : l’égoïsme total ou la quête de la perfection morale ?

Et toi, tu ferais quoi si tu étais coincé à Punxsutawney pour l’éternité ?
Viens en débattre en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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