Action, Crime - Policier, Espionnage, Thriller

AGENT ZETA (2026) ★★★✬☆

Temps de lecture : 4 minutes
Affiche du film Zeta (2026) montrant l'acteur Mario Casas courant avec un pistolet devant une explosion.
Mario Casas, pilier du cinéma de genre espagnol, de retour dans l’action.

L’Espagne donne une leçon d’espionnage…

Un thriller d’une efficacité redoutable qui confirme que nos voisins ibériques savent manier le genre avec une ambition qui nous manque cruellement. Bien que le récit s’alourdisse parfois de ses propres secrets, le spectacle est total. Découvrons à travers cette critique du film l’implacable montée en puissance de l’agent Zeta.
Note : 3.5/5 (★★★✬☆)

Trente-cinq ans après l’opaque « Opération Ciénaga » en Colombie, le passé ressurgit violemment. Zeta, agent d’élite du CNI, se lance dans une traque internationale pour retrouver un ancien collègue. Entre trahisons d’État et secrets enfouis, il doit faire équipe avec Alfa, une agente colombienne, pour identifier un mystérieux sixième homme nommé Casiel avant que tout n’explose.

Notre avis sur ZETA

En effet, Agent Zeta (2026) s’impose d’emblée comme une machine de guerre cinématographique taillée pour le marché global sans pour autant renier son identité. Dani de la Torre livre une œuvre carrée, visuellement superbe, qui voyage de la Galice à la Colombie avec une aisance déconcertante. Notre avis sur Agent Zeta est clair : c’est le type de cinéma « escapiste » que l’on attendait, même si l’ombre d’Oriol Paulo au scénario apporte son lot habituel de circonvolutions parfois excessives.

La force du film réside dans sa production impeccable. On sent l’ambition internationale dans chaque plan, avec un montage nerveux qui maintient une tension constante durant les deux heures. La réalisation de Dani de la Torre est fluide, évitant la surenchère gratuite pour se concentrer sur une atmosphère de paranoïa efficace. Par ailleurs, la gestion de l’espace, entre les paysages brumeux du Nord et la chaleur étouffante de la Colombie, offre un contraste visuel saisissant qui sert parfaitement le récit de cette quête de vérité.

Bien que l’intrigue soit prenante, elle finit par se prendre les pieds dans le tapis à force de vouloir tout expliquer. Le scénario souffre de tunnels de dialogues didactiques qui ralentissent le rythme dans la seconde moitié. Les révélations, bien que bien amenées, manquent parfois de cette étincelle d’originalité qui ferait de ce film un chef-d’œuvre du genre plutôt qu’un excellent divertissement. Finalement, la durée de 2h13 se fait sentir, étirant certaines séquences qui auraient gagné à être plus percutantes.

Luis Zahera et Mario Casas dans Agent Zeta (2026)
Luis Zahera et Mario Casas dans Agent Zeta (2026)

Mario Casas porte littéralement le film sur ses épaules. Son interprétation est intense, presque monolithique, ce qui colle parfaitement à la rigidité psychologique d’un agent de terrain. Il est parfaitement secondé par Luis Zahera, toujours impeccable, et Mariela Garriga qui apporte une nuance nécessaire. La mise en scène est rigoureuse, les scènes d’action sont lisibles et sèches, loin des chorégraphies illisibles de certaines productions récentes.

Le film a été tourné dans des lieux aussi divers que Tallinn en Estonie pour ses architectures froides et la Galice. La musique de Manuel Riveiro a été conçue pour souligner la solitude du protagoniste, utilisant des sonorités électroniques minimalistes qui rappellent les grands thrillers des années 90.

Agent Zeta (2026) s’adresse aux amateurs de thrillers d’espionnage solides qui acceptent une narration classique mais musclée. Il se place sans rougir aux côtés des productions européennes les plus ambitieuses du moment.

Le film interroge la mémoire d’État : jusqu’où peut-on enterrer les erreurs du passé sous prétexte de raison d’État ? L’équilibre entre le divertissement pur et cette réflexion politique est le véritable cœur du métrage.

Alors, Mario Casas en James Bond espagnol, ça vous a convaincus ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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