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PEAKY BLINDERS: THE IMMORTAL MAN (2026) ★★★★☆

Temps de lecture : 5 minutes
Cillian Murphy en Thomas Shelby, portant une casquette, dans une rue sombre de Birmingham durant la Seconde Guerre mondiale.
Cillian Murphy, le visage marqué par l’histoire d’un clan.

La lame est enfin rangée…

Tommy Shelby ne meurt jamais vraiment, il change simplement de champ de bataille. Steven Knight signe ici une conclusion crépusculaire, magnifiée par une réalisation qui sent la poudre et la boue de Birmingham, mais qui n’évite pas certains écueils de rythme inhérents au passage du petit au grand écran. Découvrons à travers cette critique de Peaky Blinders: The Immortal Man (2026) l’ultime baroud d’honneur du clan Shelby face à la menace nazie.
Note : 4/5 (★★★★☆)

1940. Alors que la Luftwaffe pilonne l’Angleterre, Thomas Shelby émerge de son exil volontaire pour une ultime mission de survie nationale. Entre espionnage et guerre des gangs, il doit déjouer un complot de fausse monnaie orchestré par le Troisième Reich pour mettre l’économie britannique à genoux. Accompagné de son fils Duke, Tommy affronte ses démons autant que l’ennemi.

Notre avis sur PEAKY BLINDERS: THE IMMORTAL MAN

Cet avis sur Peaky Blinders: The Immortal Man est celui d’un soulagement mêlé d’une légère frustration. Passer de six saisons de tension lente à un format de deux heures est un pari risqué. En effet, si l’esthétique « Peaky » est sublimée par le format cinéma, le récit semble parfois courir après sa propre montre. Bien que le cadre historique de la Seconde Guerre mondiale offre une envergure inédite, le film oscille sans cesse entre le drame shakespearien et le thriller d’action pur jus. Finalement, on reste sur une œuvre puissante, mais qui sacrifie une partie de sa subtilité habituelle sur l’autel du spectacle.

Le cœur battant du film réside dans la transmission. La dynamique entre Tommy et Duke (Barry Keoghan) apporte une épaisseur psychologique bienvenue, transformant le film en un passage de relais générationnel tendu. La direction artistique est, comme à l’accoutumée, irréprochable : les rues sombres de Birmingham sous le Blitz sont saisissantes de réalisme. Par ailleurs, l’intrigue d’espionnage liée aux faux billets nazis injecte un enjeu global qui sort les Shelby de leur zone de confort habituelle, élevant le récit au-delà du simple règlement de comptes entre truands locaux.

Le bât blesse dans le dernier acte. On sent que Steven Knight a voulu trop en mettre pour satisfaire tout le monde. Le rythme s’alourdit de préambules inutiles au moment où il devrait s’accélérer, et certaines résolutions semblent un peu trop elliptiques. Pour un néophyte, la densité des sous-entendus liés à la série pourrait rendre l’expérience déroutante, tant le film s’appuie sur le bagage émotionnel accumulé depuis 2013.

 Cillian Murphy dans Peaky Blinders The Immortal Man (2026)
Cillian Murphy dans Peaky Blinders: The Immortal Man (2026)

Tom Harper, qui avait déjà officié sur la série, connaît ses classiques. Sa mise en scène est ample, iconique, et exploite à merveille le visage de Cillian Murphy, véritable paysage de désolation à lui seul. L’acteur livre une performance habitée, un Tommy plus fantomatique et fatigué que jamais. Face à lui, Barry Keoghan prouve une fois de plus qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération, apportant une complexité sauvage à Duke. Tim Roth, en antagoniste, fait le job avec une jubilation évidente, même si son personnage aurait mérité plus de temps à l’écran.

Le projet de film a été maintes fois repoussé pour s’assurer de la disponibilité de Cillian Murphy après son sacre aux Oscars. De plus, Antony Genn et Martin Slattery ont intégré des sonorités industrielles de 1940 à la partition musicale pour renforcer l’immersion sonore dans l’effort de guerre britannique.

C’est un adieu nécessaire. Les fans y trouveront la clôture qu’ils méritent, malgré un scénario qui privilégie parfois le style à la profondeur. C’est un film de genre solide, une pièce de cinéma historique brutale qui clôture l’une des plus grandes sagas de gangsters de ce siècle. Si vous aimez les sagas de gangsters britanniques à l’ancienne, ne manquez pas notre critique de LEGEND (2015).

Le film pose la question de l’héritage : peut-on vraiment échapper à son sang et à sa classe sociale ? Tommy tente de racheter son âme en sauvant le pays, mais le prix à payer pour l’immortalité de son nom semble être la perte de son humanité.

Alors, Tommy Shelby est-il allé trop loin cette fois-ci ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

2 réflexions sur “PEAKY BLINDERS: THE IMMORTAL MAN (2026) ★★★★☆

  1. Avatar de Vampilou fait son Cinéma

    Mais j’ai tellement aimé, l’ambiance, le casting, la musique, les émotions, une claque ❤️

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 03/04/2026, 17h15
    • Avatar de Olivier Demangeon

      On est d’accord sur la baffe, elle est là. Par ailleurs, il faut admettre que Cillian Murphy rendrait passionnant même un annuaire lu sous la pluie. Content que l’ambiance t’ait cueillie !

      Publié par Olivier Demangeon | 11/04/2026, 17h09

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