Action, Ciné-Asia, Corée du Sud, Crime - Policier, Thriller

I, THE EXECUTIONER (2024) ★★★★☆

Temps de lecture : 5 minutes
Deux hommes en veste de cuir et parka sur fond bleu ciel, l'un regardant vers le haut, l'autre vers l'avant.
La relève et le mentor : un duo électrique pour une justice expéditive.

La justice au bout du poing…

Ryoo Seung-wan prouve qu’il n’a rien perdu de sa hargne en livrant un polar urbain d’une brutalité technique exemplaire. Si le scénario n’évite pas certains écueils du genre, l’énergie pure qui se dégage des affrontements rappelle pourquoi le cinéma coréen reste le patron de l’action mondiale. Découvrons à travers cette critique de I, the Executioner (2024) comment le réalisateur questionne la dérive populiste de la vengeance privée.
Note : 4/5 (★★★★☆)

L’inspecteur Seo Do-cheol et son équipe de la brigade criminelle traquent un tueur en série qui s’en prend exclusivement à des criminels ayant échappé à une sentence jugée « juste » par l’opinion publique. Pour faire face à cette menace qui divise la population, Seo Do-cheol recrute une jeune recrue zélée, Park Sun-woo. Mais la frontière entre faire respecter la loi et rendre sa propre justice devient dangereusement poreuse.

Notre avis sur I, THE EXECUTIONER

Mon avis sur I, the Executioner est celui d’un spectateur rassasié par la forme, mais légèrement frustré par le fond. Ryoo Seung-wan, fidèle à sa réputation, emballe son film avec une maestria visuelle qui rend le cinéma d’action occidental actuel bien pâle. En effet, la gestion de l’espace et du timing lors des séquences de combat est tout simplement époustouflante. Le film s’inscrit parfaitement dans la lignée des thrillers coréens qui refusent le manichéisme, transformant une simple chasse à l’homme en un miroir déformant de notre société obsédée par les réseaux sociaux et la gratification immédiate du « châtiment ».

Le premier atout majeur réside dans la mise en scène physique. Ryoo Seung-wan n’utilise pas la caméra pour cacher les faiblesses des cascades, il l’utilise pour en magnifier l’impact. Les chorégraphies sont sèches, inventives et d’une lisibilité totale, notamment lors d’une séquence mémorable sous une pluie battante sur les toits. Par ailleurs, le film brille par sa thématique centrale : la justice vigilante. Le réalisateur pose des questions inconfortables sur la manipulation de l’opinion publique et la soif de sang numérique, évitant de transformer ses flics en super-héros sans reproches.

Bien que le divertissement soit de haute volée, on regrettera un antagoniste dont les motivations manquent parfois de relief, confinant au cliché du psychopathe charismatique mais prévisible. Le pacing souffre également de quelques longueurs au milieu du récit, avant un troisième acte qui, s’il est techniquement impeccable, se précipite un peu trop pour boucler ses enjeux dramatiques. Finalement, le film manque de cette petite étincelle de surprise narrative qui avait fait de Veteran un choc instantané en 2015.

Jung Hae-in et Hwang Jung-min dans I, the Executioner (2024)
Jung Hae-in et Hwang Jung-min dans I, the Executioner (2024)

Hwang Jung-min est impérial. Il habite son rôle avec une fatigue et une humanité palpables, loin des archétypes du flic indestructible. Face à lui, Jung Hae-in apporte une ambiguïté bienvenue, jouant sur un registre plus froid et inquiétant. La caméra de Ryoo Seung-wan est nerveuse, organique, collant aux corps lors des affrontements pour nous faire ressentir chaque impact. C’est du grand art cinématographique où la forme sert le propos.

  • Le film a été présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2024, une reconnaissance rare pour une suite de blockbuster d’action, prouvant l’aura internationale de Ryoo Seung-wan.

  • L’acteur Jung Hae-in a suivi un entraînement intensif en arts martiaux mixtes (MMA) pour réaliser lui-même la majorité de ses cascades, impressionnant l’équipe par sa précision physique.

  • La bande originale est signée Chang Kiha, qui apporte une sonorité moderne et décalée, tranchant avec les scores symphoniques habituels du genre.
L'équipe du film I, the Executioner (2024) lors du Festival de Cannes en 2024
L’équipe du film I, the Executioner (2024) lors du Festival de Cannes en 2024

I, the Executioner est un excellent cru du polar coréen. S’il ne révolutionne pas la formule, il la sublime par une exécution technique irréprochable et une réflexion pertinente sur la violence contemporaine. C’est un spectacle solide, musclé, qui plaira autant aux amateurs d’arts martiaux qu’aux fans de thrillers psychologiques sombres.

Le film nous interroge : jusqu’où la justice peut-elle être « populaire » avant de devenir une simple exécution publique ? En montrant comment les médias et les réseaux sociaux se nourrissent du sang pour générer du clic, Ryoo Seung-wan nous place face à notre propre voyeurisme.

Et toi, penses-tu que l’inspecteur Seo Do-cheol a encore sa place dans un monde où la justice se rend à coup de pouces levés sur YouTube ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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