
De la tôle froissée, zéro neurone…
Note & Verdict d’entrée
Après le divertissant Day Shift (2022), J.J. Perry récidive dans le bourrinage décomplexé avec Afterburn. Si la castagne est au rendez-vous, on repassera pour l’intelligence du scénario, coincé quelque part entre un Mad Max du pauvre et une série B oubliable des années 90. Découvrons à travers cette critique du film si le charisme de Dave Bautista suffit à sauver ce naufrage post-apocalyptique du désastre total.
Note : 2/5 (★★☆☆☆)
Le Pitch
Dix ans après une éruption solaire qui a grillé la planète, Jake (Dave Bautista), un récupérateur musclé, est engagé pour une mission suicide : infiltrer la France en ruines pour sauver la Joconde. Épaulé par Drea (Olga Kurylenko), une combattante locale, il devra affronter un seigneur de guerre sadique (Kristofer Hivju) tout en suivant les conseils cryptiques de King (Samuel L. Jackson). Une course contre la montre musclée où l’art n’est qu’un prétexte à la bagarre.
Notre avis sur AFTERBURN
On ne va pas se mentir, en regardant Afterburn, on n’attendait pas du Shakespeare. Mais de là à se retrouver face à un tel vide intersidéral, il y a un pas que J.J. Perry franchit allègrement. Notre avis sur Afterburn est donc sans appel : c’est un film qui confond généreusement action et agitation, spectaculaire et ridicule. Si le concept de base – sauver la « Joconde » dans un monde à la Mad Max – avait un petit côté fun et décalé, le traitement en fait une série B générique, sans âme et surtout, sans cervelle. On sent la patte du cascadeur derrière la caméra, mais cruellement le manque d’un réalisateur capable de raconter une histoire.
Les atouts majeurs
Heureusement, tout n’est pas à jeter. Le passé de cascadeur de J. J. Perry se ressent dans la maîtrise technique des séquences d’action. C’est nerveux, lisible, et les combats au corps à corps ont un impact réel, sublimés par la physicalité imposante de Dave Bautista. Ce dernier, d’ailleurs, confirme son statut d’action-man charismatique, capable de porter le film sur ses larges épaules même quand le script fait défaut. La chimie avec Olga Kurylenko, bien que conventionnelle, fonctionne par intermittence, offrant quelques moments de répit au milieu du chaos. Enfin, la photographie profite de quelques beaux décors naturels dévastés, esquissant un univers visuellement intéressant, à défaut d’être crédible.
Les faiblesses et limites
C’est là que le bât blesse, et sévèrement. Afterburn souffre d’un mal profond : son scénario, et pourtant, ils s’y sont mis à deux pour pondre cette merde. Écrit avec les pieds, il enchaîne les clichés et les situations prévisibles à une vitesse effrayante. La quête de la Joconde n’est qu’un MacGuffin grossier qui n’intéresse personne, et les enjeux émotionnels sont inexistants. Plus grave encore, le film échoue totalement dans son worldbuilding post-apocalyptique. Dix ans après un black-out technologique total, on se retrouve avec des véhicules rutilants, des armes automatiques à gogo et une infrastructure qui semble à peine affectée. C’est de la paresse d’écriture pure et simple, qui mine toute tentative d’immersion et insulte l’intelligence du spectateur averti. On sent que la priorité a été donnée aux set-pieces visuels au détriment d’une intrigue solide, un dilemme que le cinéma de genre contemporain peine décidément à résoudre.

La mise en scène / Le jeu
J.J. Perry filme l’action comme il la conçoit : avec efficacité et brutalité. C’est propre, dynamique, mais totalement impersonnel. Sa mise en scène manque cruellement de vision et de style, se contentant de recycler les tics visuels du genre sans jamais les transcender. Côté acteurs, c’est le service minimum. Dave Bautista fait du Bautista, monolithique mais attachant. Olga Kurylenko fait de la figuration intelligente, tandis que Kristofer Hivju cabotine à outrance en méchant de cartoon. Le plus triste reste l’utilisation de Samuel L. Jackson, relégué à un rôle de mentor éculé, débitant des platitudes avec une lassitude palpable. C’est du gaspillage de talent, pur et simple.
Le saviez-vous ?
- Le film est basé sur une bande dessinée de Red 5 Comics, créée par Scott Chitwood.
- Le tournage a eu lieu principalement en Hongrie, profitant de ses décors industriels désaffectés et de ses incitations fiscales.
- Roque Baños, le compositeur, a cherché à mêler sonorités électroniques industrielles et orchestre traditionnel pour traduire le chaos du monde post-apocalyptique.
Conclusion et recommandation
Afterburn est un divertissement pop-corn inoffensif mais totalement dispensable. Il plaira peut-être aux amateurs d’action pure et dure qui cherchent à débrancher leur cerveau pendant deux heures, mais laissera les autres sur le carreau. C’est un film qui s’oublie aussi vite qu’il se regarde, une énième série B post-apocalyptique qui ne parvient jamais à se hisser à la hauteur de ses modèles. Passez votre chemin, ou attendez sa diffusion un soir pluvieux avec une panne de connection vous empêchant de regarder un film en streaming.
Si vous cherchez un vrai bon film post-apocalyptique, jetez un œil à notre critique de Mad Max: Fury Road (2015), un chef-d’œuvre du genre qui, lui, ne sacrifie pas son scénario sur l’autel de l’action.
Pistes de réflexion
Afterburn pose involontairement la question de la place de l’art dans un monde en ruines. La « Joconde » (bien qu’il y ait une entourloupe) vaut-elle la peine que l’on sacrifie des vies ? Le film effleure à peine le sujet, préférant se concentrer sur les explosions, mais il y avait là une piste intéressante à creuser. De plus, le film illustre la tendance actuelle du cinéma d’action à privilégier le spectaculaire au détriment de la cohérence narrative, un choix qui montre ici ses limites.
À vous de juger
Et vous, qu’avez-vous pensé de cette virée post-apocalyptique ? Dave Bautista vous a-t-il convaincu en sauveur de la Joconde ? Pensez-vous que le scénario est aussi catastrophique que je le décris ? N’hésitez pas à partager votre avis sur Afterburn dans les commentaires, le débat est ouvert !

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Il me tentait vachement, bah du coup, je vais l’enlever de ma liste, ça m’évitera de perdre mon temps 😂
Publié par Vampilou fait son Cinéma | 03/04/2026, 17h22Bonne décision !
Publié par Olivier Demangeon | 11/04/2026, 17h12