Action, Catastrophe, Horreur, Science fiction, Thriller

PROJET SILENCE (2023) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film Projet Silence montrant un chaos sur un pont dans le brouillard avec des silhouettes de chiens.
Le brouillard d’Incheon cache bien plus que des carcasses de voitures.

Chaos sur le pont : toutou pourri…

Encore une preuve que le cinéma catastrophe sud-coréen, s’il maîtrise l’emballage, oublie trop souvent de remplir la boîte. Projet Silence (2023) part d’une idée de série B réjouissante pour s’écraser lamentablement dans les ornières du mélodrame indigeste et du CGI low-cost. Découvrons à travers cette critique du film comment un pitch prometteur se transforme en un calvaire narratif aussi épais que le brouillard qui l’entoure.
Note : 2.5/5 (★★✮☆☆)

Sur le pont gigantesque menant à l’aéroport d’Incheon, un carambolage monstrueux plonge les survivants dans le chaos. Coincés par un brouillard impénétrable, ils découvrent qu’un convoi militaire transportait des chiens génétiquement modifiés pour tuer. Libérés, les prédateurs traquent désormais chaque humain présent. Pour le haut fonctionnaire Cha Jeong-won et sa fille, la survie devient une course contre la montre claustrophobe.

Notre avis sur PROJET SILENCE

Honnêtement, donner son avis sur Project Silence (2023) revient à disséquer un moteur de luxe monté sur une carrosserie en carton. En effet, le film de Kim Tae-gon souffre d’un déséquilibre chronique entre ses ambitions spectaculaires et une écriture paresseuse. Si l’ouverture sur le pont pose une ambiance de fin du monde plutôt réussie, la suite s’enlise dans des incohérences logiques qui feraient passer un scénario de Luc Besson pour du Shakespeare. On sent la volonté de critiquer les dérives militaires, mais le propos est noyé sous un déluge d’effets numériques qui peinent à convaincre.

Le film brille principalement par son sound design immersif qui exploite chaque grognement et chaque déchirement de tôle pour maintenir une tension nerveuse. La gestion de l’espace sur ce pont dévasté offre quelques séquences d’action d’une belle efficacité visuelle, jouant habilement sur la sensation d’enfermement à ciel ouvert. Par ailleurs, la critique sous-jacente des projets gouvernementaux opaques apporte une petite épaisseur thématique, même si elle reste en surface.

Le bât blesse sérieusement au niveau des effets spéciaux. Pour un film dont la menace centrale repose sur des chiens mutants, le manque de réalisme des créatures numériques brise constamment l’immersion. Finalement, on a plus l’impression de voir des pixels s’agiter que de véritables prédateurs. Le second acte subit également une chute de rythme vertigineuse, la faute à des personnages secondaires réduits à des archétypes de survie vus et revus mille fois, sans aucune évolution notable.

Ju Ji-hoon et Lee Sun-kyun dans Projet Silence (2023)
Ju Ji-hoon et Lee Sun-kyun dans Projet Silence (2023)

Kim Tae-gon filme le chaos avec une certaine générosité, mais sa caméra se perd parfois dans une surenchère de ralentis dramatiques superflus. Heureusement, le regretté Lee Sun-kyun apporte une dignité et une solidité bienvenue à son rôle, évitant au film de sombrer totalement dans le ridicule. Ju Ji-hoon, en revanche, en fait des tonnes dans un registre comique qui détonne maladroitement avec l’urgence de la situation.

  • Le film a été présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2023, une tradition pour les blockbusters de genre coréens à fort potentiel international.
  • Le tournage sur le pont a nécessité des infrastructures massives pour simuler le carambolage, les producteurs souhaitant limiter l’usage des fonds verts pour les décors fixes.
  • La musique est signée Shim Hyun-jung, déjà connue pour son travail mémorable sur l’inoubliable Oldboy (2003) de Park Chan-wook.

Projet Silence est un divertissement conventionnel qui se laisse regarder un dimanche soir pluvieux, mais il décevra les amateurs d’un cinéma coréen plus exigeant et viscéral. Il manque de cette folie ou de cette précision narrative qui font les grands films de genre. Si tu cherches un vrai thriller animalier, repasse ton chemin.

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Peut-on encore faire un grand film de monstre sans une maîtrise totale du CGI à l’heure où le public est saturé d’images numériques ? Le film pose aussi la question de la responsabilité éthique dans l’expérimentation animale à des fins guerrières, un sujet malheureusement toujours d’actualité.

Et toi, tu as trouvé ces chiens terrifiants ou tu as eu envie de leur lancer une balle en mousse ? Dis-le nous en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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