Action, Ciné-Asia, Drame, Guerre, Historique, Japon

KINGDOM 2: FAR AND AWAY (2022) ★★★✬☆

Temps de lecture : 5 minutes
Le fantassin Shin armé de son épée sur un vaste champ de bataille antique.
La charge héroïque au cœur du chaos de l’ère des Royaumes combattants.

Une épopée brutale et majestueuse…

Oublie deux minutes les drames parisiens neurasthéniques tournés dans une chambre de bonne pour retrouver l’essence même du cinéma spectacle. Kingdom 2: Far and Away t’embarque dans une fresque martiale démesurée, où l’impact viscéral de la mise en scène écrase avec jubilation les errements d’un scénario par moments lourdement boiteux. Découvrons à travers cette critique du film comment le code du shōnen percute de plein fouet l’exigence sanglante de l’épopée guerrière.
Note : 3.5/5 (★★★✬☆)

La Chine, période des Royaumes combattants. Alors que le royaume de Qin est menacé par l’invasion imminente de l’état voisin de Wei, le jeune Shin, toujours animé par le rêve absolu de devenir le plus grand général sous les cieux, s’engage sur le champ de bataille comme simple fantassin. Une guerre impitoyable s’annonce.

Notre avis sur KINGDOM 2: FAR AND AWAY

Donner notre avis sur Kingdom 2: Far and Away revient à disséquer une implacable machine de guerre conçue pour le pur divertissement. Shinsuke Sato livre une fresque qui, bien qu’imparfaite narrativement, compense largement ses défauts par une énergie cinétique complètement folle.

Le véritable pilier de ce métrage réside dans la direction virtuose de ses scènes d’action. Sous la houlette du chorégraphe Yuji Shimomura, les champs de bataille se transforment en tableaux majestueux et d’une ampleur vertigineuse. Ici, le montage acéré et un rythme effréné maintiennent un flux cinétique constant qui te happe et masque très habilement les incohérences structurelles du script. L’immersion est totale, portée par une direction artistique méticuleuse et des costumes somptueux qui ancrent le récit dans une esthétique wuxia hautement crédible.

Ne nous voilons pas la face : pour apprécier l’œuvre, il faut accepter de suspendre partiellement son esprit critique. Le récit souffre de dialogues lourdement explicatifs et de figures d’autorité rendues incompétentes par pure commodité dramatique. On regrettera amèrement que des personnages clés du premier volet soient injustement relégués à la figuration. Par ailleurs, l’équilibre entre les codes inhérents au manga d’origine et la gravité de la reconstitution historique est parfois précaire : les monologues répétitifs de Shin détonnent face à la violence épique des affrontements.

Kento Yamazaki dans Kingdom 2: Far and Away (2022)
Kento Yamazaki dans Kingdom 2: Far and Away (2022)

Shinsuke Sato orchestre ce chaos monumental avec une lisibilité exemplaire. Kento Yamazaki (Shin) propose fort heureusement un jeu beaucoup plus sobre que dans le premier opus, s’intégrant mieux à la fureur de l’action. Mais c’est indéniablement Nana Seino (Kyokai) qui crève l’écran. La dualité thématique qu’elle forme avec Shin — cette opposition fascinante entre la pulsion de vie et d’espoir d’un côté, face à la pulsion de mort et de vengeance de l’autre — constitue le véritable cœur émotionnel et philosophique du récit.

  • Le chorégraphe Yuji Shimomura a pensé les séquences de bataille de mêlée non pas comme un empilement de cascades, mais comme de véritables ballets tactiques pour souligner le génie militaire.
  • Les costumes ont exigé un travail de recherche colossal pour fusionner la rigueur historique de la Chine antique avec l’exagération visuelle propre au wuxia.
  • La partition musicale ample est délibérément mixée pour insuffler de la grandeur aux monologues du héros, tentant de lisser le décalage avec l’horreur de la guerre.

En fin de compte, si tu cherches une fresque historique à la rigueur chirurgicale, passe ton chemin. En revanche, si tu réclames une prouesse technique et un pur divertissement martial, Kingdom 2 remplit totalement son contrat. L’œuvre prépare avec une efficacité redoutable la suite de la saga. À voir absolument pour les amateurs de conflits antiques débridés. Si tu n’as pas encore vu le premier opus, tu peux lire notre avis sur Kingdom (2019).

Jusqu’à quel point l’adaptation en prise de vues réelles d’une œuvre nippone doit-elle s’affranchir de ses racines papier (monologues intérieurs, poses théâtrales) pour gagner en crédibilité dans un contexte de drame historique ?

As-tu été emporté par la fureur des charges de cavalerie ou as-tu bloqué sur les facilités du scénario ? Laisse-moi ton avis dans les commentaires.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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