Action, Aventure, Comédie

HUDSON HAWK (1991) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche de film Hudson Hawk (1991) avec Bruce Willis sautant sur le titre stylisé "HAWK" en dégradé.
Cette affiche au style cartoonesque n’a pas suffi à sauver le film d’un énorme échec critique aux USA.

Un délire cartoonesque totalement surréaliste…

Bruce Willis a voulu jouer les Buster Keaton sous acide, et le résultat pique les yeux autant qu’il fascine par son absurdité assumée. Un crash industriel fascinant qui mérite d’être disséqué à la loupe. Découvrons à travers cette critique de Hudson Hawk (1991) comment un immense ego trip hollywoodien s’est transformé en anomalie filmique.
Note : 2.5/5 (★★✮☆☆)

Eddie Hawkins, alias Hudson Hawk, le cambrioleur le plus célèbre du monde, vient de purger sa peine de prison. Il aspire à une retraite paisible et à savourer un cappuccino parfait. Malheureusement, un couple de milliardaires excentriques le contraint à reprendre du service pour dérober des œuvres d’art créées par Léonard de Vinci, dissimulant un secret alchimique convoité.

Notre avis sur Hudson Hawk

L’approche fourre-tout d’Hudson Hawk, mêlant allègrement action pétaradante et humour burlesque, aboutit à un résultat surréaliste et profondément déconcertant. Donner notre avis sur Hudson Hawk implique de digérer cette mixture improbable où le film, tourné en prises de vues réelles, recourt abondamment à un humour de style cartoon. Des effets sonores dignes de Tex Avery viennent même souligner les gags, renforçant cet humour surréaliste caractéristique qui laisse souvent le spectateur pantois devant l’écran, se demandant si l’on se moque de lui ou si l’on assiste à une expérimentation d’avant-garde.

S’il faut sauver quelque chose de ce naufrage volontaire, c’est l’audace kamikaze de l’entreprise. L’alchimie entre Bruce Willis et Danny Aiello, qui chronomètrent leurs casses en chantant des classiques de Bing Crosby, apporte un rythme singulier et une sympathie indéniable au duo. L’excentricité de Richard E. Grant et Sandra Bernhard, en méchants cabotinant bien au-delà du raisonnable, confère à l’ensemble une énergie folle et décomplexée. Le film tente de dynamiter les codes du film de braquage classique pour l’emmener vers une farce extravagante assumée jusqu’au bout.

Le problème majeur réside justement dans cette absence totale de limite. À force de vouloir tout parodier, Michael Lehmann perd complètement le fil de sa narration et l’enjeu dramatique s’évapore au profit d’une succession de sketchs inégaux. Le spectateur, bombardé de pitreries et d’effets burlesques épuisants, finit par décrocher face à cette bouillie visuelle et narrative. L’intrigue autour des artefacts de Léonard de Vinci n’est qu’un prétexte paresseux pour justifier des scènes d’action frénétiques mais brouillonnes, transformant ce qui aurait pu être une comédie d’aventure réjouissante en une gigantesque blague de potache qui s’étire en longueur. C’est du niveau des pires comédies françaises contemporaines que l’on fustige souvent ici, avec juste beaucoup plus de budget.

Danny Aiello et Bruce Willis dans Hudson Hawk (1991)
Danny Aiello et Bruce Willis dans Hudson Hawk (1991)

Michael Lehmann, pourtant brillant sur Heathers, semble ici totalement dépassé par la mégalomanie du projet initié par sa star. La réalisation tente de suivre le tempo frénétique du scénario en multipliant les angles improbables et les mouvements de caméra ostentatoires, mais elle ne parvient qu’à donner la nausée. Côté casting, Bruce Willis s’amuse manifestement à casser son image de héros d’action avec un sourire en coin permanent, tandis qu’Andie MacDowell semble perpétuellement se demander ce qu’elle fait là, tentant de jouer la carte de la romance premier degré au milieu d’un asile d’aliénés.

Ce projet était le grand rêve de Bruce Willis. Le tournage a été un véritable chaos, marqué par d’incessantes réécritures. Le film fut un énorme échec critique et commercial aux États-Unis, ne rapportant que 17 millions de dollars et remportant trois tristes Razzie Awards (dont celui du pire film). Pourtant, il fut bien mieux accueilli à l’international et rapporta 80 millions de dollars supplémentaires pour un total mondial de 97 millions de dollars, lui évitant le naufrage total.

En définitive, Hudson Hawk est une curiosité filmique qui divisera toujours. À réserver aux amateurs d’ovnis hollywoodiens ou aux inconditionnels de l’acteur prêts à tolérer une bouffonnerie épuisante. Si tu aimes les films qui refusent de se prendre au sérieux, tu peux y trouver ton compte, sinon passe ton chemin. D’ailleurs, comme il s’agit d’une œuvre parfaitement symptomatique des excès de cette période, je t’invite grandement à la lier à notre rétrospective 1991 : L’ANNÉE DE L’ONDE DE CHOC pour mieux comprendre le paysage cinématographique de l’époque.

Hollywood peut-il encore aujourd’hui financer de tels délires d’acteurs avec des budgets colossaux sans aucun garde-fou de la part des studios, ou le système est-il devenu beaucoup trop formaté pour permettre l’émergence d’un autre désastre aussi unique ?

Et toi, tu considères ce film comme un navet absolu ou comme une comédie culte injustement boudée ?
Balance ton avis en commentaire !


En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Avatar de Inconnu

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Nombres de Visites

  • 574 341 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

S'abonner au blog via e-mail

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture