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THE KARATE KID PART III (1989) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film The Karate Kid Part III montrant les visages de Daniel LaRusso et M. Miyagi sur fond rouge.
La fin d’un cycle pour le duo Macchio/Morita avant le passage de relais.

Le coup de grâce de Daniel-san ?

La chute est rude pour Daniel-san. Ce troisième volet est un pur produit de recyclage industriel qui tente désespérément de retrouver l’étincelle du premier opus, mais s’embourbe dans une caricature grotesque. Découvrons à travers cette critique de The Karate Kid Part. III (1989) si Terry Silver suffit à sauver les meubles de ce dojo en ruines…
Note : 2,5/5

De retour d’Okinawa, Daniel et M. Miyagi découvrent que leur immeuble va être démoli. Alors qu’ils tentent de reconstruire leur vie en ouvrant une boutique de bonsaïs, l’ombre du Cobra Kai ressurgit. John Kreese, ruiné, fait appel à son richissime et psychopathe ami Terry Silver pour humilier Daniel au prochain tournoi et rétablir la suprématie de leur karaté brutal.

Notre avis sur THE KARATE KID PART III

Soyons directs : cet avis sur The Karate Kid Part III ne sera pas tendre. Si le premier film était un classique du coming-of-age1 et le second une extension culturelle honorable, ce troisième chapitre sent la fatigue créative à plein nez. On sent que les producteurs ont eu peur de l’originalité (refusant un préquel pourtant prometteur) pour se vautrer dans une redite paresseuse de la structure du film de 1984. C’est du cinéma de commande qui manque singulièrement d’âme, même si le plaisir coupable de voir la franchise déraper vers le « too much » est bien présent.

Le seul véritable intérêt du film réside dans l’introduction de Terry Silver. Thomas Ian Griffith livre une performance absolument démente, cabotinant comme s’il jouait un méchant de James Bond sous amphétamines. Sa cruauté sadique et ses rires maniaques apportent une énergie sombre qui tranche avec la naïveté agaçante de Daniel. La musique de Bill Conti reste efficace, tentant de maintenir un semblant de noblesse à une intrigue qui en manque cruellement. Les chorégraphies de Pat E. Johnson restent professionnelles, même si elles n’innovent en rien.

Le scénario est une boucle temporelle stérile. Daniel LaRusso semble avoir régressé mentalement, perdant toute la sagesse acquise au Japon pour redevenir un adolescent colérique et influençable. Le conflit entre lui et Miyagi semble forcé, uniquement là pour justifier un ressort dramatique artificiel. Plus grave encore, le film s’enferme dans une violence psychologique presque déplacée pour une franchise familiale, rendant l’ensemble étrangement désagréable par moments.

John G. Avildsen semble diriger en mode automatique. La réalisation est plate, sans aucune des fulgurances émotionnelles qu’il avait insufflées dans Rocky. Côté casting, Ralph Macchio, âgé de 27 ans à l’époque, commence à avoir du mal à convaincre en « kid ». Face à lui, Pat Morita fait ce qu’il peut, apportant toujours cette dignité tranquille à Miyagi, mais on sent que même lui se demande ce qu’il fait dans cette galère de bonsaïs.

  • Refus du préquel : Robert Mark Kamen voulait initialement explorer les racines du karaté de Miyagi en Chine au XVIe siècle. Les producteurs, frileux, ont exigé le retour à la formule « tournoi à Los Angeles ».
  • Écart d’âge : Thomas Ian Griffith, qui joue le mentor de John Kreese, est en réalité plus jeune que Ralph Macchio d’un an ! Le maquillage et sa stature ont fait illusion.
  • Cobra Kai : Le personnage de Terry Silver est devenu si culte malgré la qualité du film qu’il est devenu l’un des piliers centraux des dernières saisons de la série Cobra Kai.

The Karate Kid Part III s’adresse uniquement aux complétistes de la saga ou aux fans de la série Netflix qui veulent comprendre les traumas de Silver. C’est un film fatigué qui clôt tristement la trilogie originale avant le reboot féminin de 1994. En 1989, le cinéma offrait pourtant des sommets bien plus vertigineux : ce film2 fait pâle figure dans le panorama de cette année charnière.

Le film soulève malgré lui une question intéressante : jusqu’où peut-on étirer une formule avant qu’elle ne devienne sa propre parodie ? En transformant le karaté de défense de Miyagi en un enjeu commercial et psychologique aussi sombre, le film perd l’équilibre (le fameux « balance ») qui faisait la force du mythe original.

Terry Silver est-il le meilleur méchant de la saga ou juste un psychopathe ridicule ?
On attend vos arguments dans les commentaires.

  1. Le « Coming-of-age » : Littéralement le « passage à l’âge adulte ». C’est un genre littéraire et cinématographique centré sur la transition psychologique et morale d’un protagoniste, passant de la jeunesse à l’âge mûr. Le récit met l’accent sur le dialogue intérieur, la perte de l’innocence et l’acquisition de la responsabilité face à un monde souvent cynique. ↩︎
  2. Si tu veux voir ce que le genre offrait de mieux à l’époque, jette un œil à notre critique de Bloodsport (1988). ↩︎


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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