
Verdict d’entrée
Freddy Krueger entame ici sa phase terminale de « showman du gore » au détriment de l’effroi pur. Malgré une esthétique gothique léchée, cet opus s’embourbe dans une mythologie foetale aussi alambiquée que dispensable. Découvrons à travers cette critique notre avis sur A Nightmare on Elm Street 5 (1989) comment le croquemitaine d’Elm Street a commencé à perdre son âme au profit du pur marketing.
Note : 2,5/5
Le pitch
Alice, l’héroïne du volet précédent, pense avoir terrassé Freddy. Mais le tueur aux griffes d’acier trouve une faille biologique inédite : s’insinuer dans les rêves du bébé qu’elle porte. En utilisant l’esprit de l’enfant à naître pour frapper ses amis, Freddy tente de se réincarner. Une course contre la montre s’engage pour sauver l’innocence et mettre fin au cauchemar.
Notre avis sur A NIGHTMARE ON ELM STREET 51
Proposer un avis sur A Nightmare on Elm Street 5 revient à disséquer un corps malade qui tente encore de faire bonne figure. On sent la franchise à bout de souffle, cherchant désespérément à renouveler l’horreur par une surenchère thématique (la maternité, l’avortement, la filiation) sans jamais retrouver la force viscérale du premier film de Wes Craven.
Les atouts majeurs
Le film bénéficie de la patte de Stephen Hopkins qui insuffle une ambiance nettement plus sombre et gothique que le précédent opus. L’utilisation systématique de filtres bleus et de décors torturés, rappelant parfois l’expressionnisme allemand, donne une gueule indéniable à certaines séquences. On retient notamment la scène du « super-héros » ou celle du dîner forcé, qui témoignent d’une créativité visuelle encore vive, servie par des effets spéciaux mécaniques qui, en 1989, représentaient le haut du panier du gore généreux avant l’invasion du numérique.
Les faiblesses et limites
Le scénario est un joyeux naufrage. À vouloir trop expliquer les origines de Freddy (la pauvre Amanda Krueger), le film démystifie le monstre jusqu’à le rendre presque pathétique. L’idée du « Dream Child » est maladroite et alourdit le rythme avec des dialogues explicatifs pénibles. Le film souffre d’un entre-deux inconfortable : il se veut plus sérieux et lugubre, mais Freddy continue de débiter des punchlines de kermesse qui cassent systématiquement toute tension dramatique.

La mise en scène / Le jeu
Stephen Hopkins fait ce qu’il peut avec un script bancal, proposant des cadrages dynamiques et une gestion de l’espace onirique assez solide. Robert Englund, comme toujours, dévore l’écran, mais on sent que le personnage lui échappe au profit d’une caricature pop. Lisa Wilcox (Alice) s’en sort honorablement, apportant une vulnérabilité bienvenue face à un casting de « victimes » secondaires assez transparentes et stéréotypées.
Le saviez-vous ?
- Censure drastique : Pour éviter le classement X (interdit aux mineurs), la MPAA a forcé le studio à couper plusieurs scènes de gore pur, notamment lors de la mort de Dan (l’accident de moto fusionnant chair et métal).
- Passage de témoin : Stephen Hopkins a été engagé après avoir impressionné les producteurs avec son travail sur Dangerous Game. Ce film lui servira d’ailleurs de tremplin pour réaliser Predator 2 (1990) juste après.
Conclusion et recommandation
Ce cinquième volet s’adresse uniquement aux complétistes de la saga ou aux nostalgiques de l’esthétique horrifique de la fin des années 80. Bien qu’il soit le film d’horreur le plus lucratif de 1989, il marque le début d’un déclin créatif évident. Pour une dose de nostalgie plus couillue, je te conseille de jeter un œil à notre dossier 1989 : L’ANNÉE DE L’APOTHÉOSE, une époque où le cinéma de genre dominait encore fièrement le box-office mondial.
Pistes de réflexion
Le film tente d’aborder des sujets sociétaux lourds comme l’avortement ou les troubles alimentaires à travers le prisme du fantastique. Était-ce une volonté louable de donner de la profondeur au slasher ou simplement un prétexte maladroit pour justifier de nouveaux meurtres graphiques ?
À vous de juger
Freddy a-t-il fait son temps avec ce cinquième opus ou trouvez-vous que l’ambiance bleue de Stephen Hopkins sauve les meubles ?
On attend vos commentaires !

- Si tu aimes les tueurs charismatiques mais que tu préfères quand c’est vraiment angoissant, redécouvre notre critique de HALLOWEEN (1978). ↩︎
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