
L’adrénaline au service du rire (et inversement)…
Verdict d’entré
Si le premier volet posait les bases du buddy movie dépressif, cette suite propulse le duo Riggs/Murtaugh dans une dimension purement spectaculaire, dopée par une alchimie qui frise la perfection. Le scénario a beau tenir sur un ticket de métro, le plaisir viscéral est là, intact, porté par une mise en scène qui ne lâche jamais la bride. Découvrons à travers cette critique de ce Lethal Weapon 2 (1989) comment Richard Donner a transformé un polar sombre en une machine de guerre du divertissement.
Le Pitch
Martin Riggs et Roger Murtaugh sont chargés de protéger Leo Getz, un comptable bavard ayant blanchi l’argent d’un cartel de la drogue. Leurs investigations les mènent rapidement à des diplomates sud-africains véreux, retranchés derrière leur immunité diplomatique. Entre courses-poursuites explosives, explosions de villas sur pilotis et répliques cultes, le duo devra faire preuve d’une ingéniosité radicale pour contourner les lois internationales et rendre justice.
Notre avis sur LETHAL WEAPON 2
Notre avis sur Lethal Weapon 2 est sans appel : c’est le modèle absolu de la suite réussie qui comprend que l’on ne peut pas refaire deux fois le même film. Richard Donner délaisse la noirceur psychologique du vétéran suicidaire pour embrasser un spectacle total, porté par un humour décapant et des enjeux politiques (l’Apartheid) qui, bien que traités avec la subtilité d’un bulldozer, donnent un moteur solide à l’action. C’est du grand spectacle hollywoodien, généreux et diablement efficace.
Les atouts majeurs
La force du film réside dans son équilibre précaire mais miraculeux entre la comédie et la violence graphique. L’introduction de Joe Pesci dans le rôle de Leo Getz est un coup de génie ; il apporte une dynamique de trio qui brise la routine du duo classique. Techniquement, le film est une leçon de rythme. Les scènes d’action, réalisées « à l’ancienne » sans béquille numérique, conservent un impact physique que le cinéma actuel a largement perdu. La musique de Michael Kamen et Eric Clapton, avec ses notes de guitare et de saxophone, finit de sceller l’identité iconique de la saga.
Les faiblesses et limites
On pourra regretter que le côté « borderline » de Riggs soit ici largement édulcoré au profit d’une coolitude plus commerciale. L’antagonisme, bien que détestable à souhait grâce à l’arrogance de Joss Ackland, manque parfois d’épaisseur dramatique, se contentant de brandir l’immunité diplomatique comme un bouclier de cartoon. C’est efficace pour le climax, mais un peu léger pour un thriller de cette envergure.

La mise en scène / Le jeu
Richard Donner prouve qu’il est un maître de l’espace. La séquence de la maison sur pilotis démolie à coups de treuil est un morceau de bravoure de mise en scène. Côté casting, Mel Gibson et Danny Glover sont en osmose totale ; ils ne jouent plus, ils habitent leurs personnages avec une aisance déconcertante. Mel Gibson, en particulier, parvient à garder une étincelle de folie dans le regard qui rappelle que Riggs reste une arme chargée.
Le saviez-vous ?
Le scénariste original, Shane Black, avait écrit une version beaucoup plus sombre où Riggs mourait à la fin. Les producteurs, flairant la franchise lucrative, ont exigé des réécritures pour garder le héros en vie. Par ailleurs, le film a été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur montage sonore pour le travail colossal de Robert G. Henderson sur les fusillades et les cascades.
Conclusion et recommandation
Lethal Weapon 2 est le sommet de la saga, parvenant à divertir sans jamais prendre le spectateur pour un imbécile. Il s’inscrit parfaitement dans cette période bénie où Hollywood savait allier pyrotechnie et charisme brut. C’est un incontournable pour tout amateur de polar nerveux. Ce film confirme d’ailleurs que nous étions dans un âge d’or : n’hésite pas à consulter mon dossier sur 1989 : L’ANNÉE DE L’APOTHÉOSE pour voir comment Riggs et Murtaugh ont boxé face aux plus grands cette année-là.
Pistes de réflexion
L’utilisation de l’Apartheid comme ressort scénaristique dans un blockbuster d’action était-elle un engagement politique audacieux ou un simple artifice pour créer des méchants « faciles » à détester ? Le débat reste ouvert sur la manière dont le cinéma de divertissement s’empare des sujets de société.
À vous de juger
Alors, vous êtes plutôt team « Riggs suicidaire » du premier opus ou « Riggs déjanté » de cette suite ? Laissez votre avis en commentaire !

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