Dossier

CINÉMA: LE FEEL GOOD

Temps de lecture : 4 minutes
Affiche verticale de style cinéma rétro montrant un homme barbu souriant dans une salle de cinéma sombre, éclairé par la lumière chaude de l'écran. En haut, le titre "FEEL GOOD MOVIZ" en lettres d'or lumineuses. En bas, une bande d'icônes de genre cinématographique et une icône de profil. Ambiance chaleureuse et réconfortante.
FEEL GOOD MOVIZ : Quand le cinéma devient le plus doux des réconforts.

Le « feel good movie » n’est pas un genre, c’est une ordonnance médicale. Comme je l’évoquais récemment dans ma critique de Look Who’s Talking (1989), c’est le cinéma utilisé comme un anxiolytique, une parenthèse enchantée où le conflit n’existe que pour magnifier une résolution inévitablement heureuse. Mais attention : entre le chef-d’œuvre de bienveillance et la soupe tiède, la frontière est fine.

Pour qu’un film soit « feel good », il ne suffit pas de montrer des gens qui sourient. Il faut une structure en trois temps :

  1. Le manque : Un protagoniste coincé dans une routine grise ou une solitude sociale.
  2. L’élément perturbateur lumineux : Une rencontre improbable ou un projet absurde qui redonne des couleurs à la pellicule.
  3. La catharsis collective : Une fin qui réconcilie l’individu avec le groupe.

Si les Britanniques ont compris le dosage avec des pépites comme Pride (2014) ou The Full Monty (1997) — où l’humour naît de la misère sociale — le cinéma français récent, lui, s’est pris les pieds dans le tapis de la complaisance. On nous vend du « vivre-ensemble » sous vide, avec des bons sentiments dégoulinants et une mise en scène inexistante. C’est le triomphe de la forme téléfilm au service du vide intersidéral.

À l’opposé, le cinéma coréen sait parfois injecter cette dose d’optimisme sans sacrifier la noirceur du réel. Je pense à un film comme Castaway on the Moon (2009) : c’est étrange, c’est dur, mais la lumière qui en ressort est organique, pas artificielle.

Parce que le spectateur est un animal fragile. Parfois, on n’a pas envie de se confronter à la violence sèche d’un Park Chan-wook ou au nihilisme d’un polar hongkongais. Le feel good movie est ce plaid numérique qu’on enfile le dimanche soir. Mais n’oublions jamais : un bon film d’espoir doit d’abord nous faire croire que tout est perdu. Sinon, c’est juste de la pub pour du dentifrice.

Voici notre sélection de 5 titres qui, pour nous, respectent l’intelligence du spectateur tout en remplissant leur contrat émotionnel. On reste dans une certaine zone de confort : du britannique social, de la pépite coréenne et un classique indémodable.

  • 1. PRIDE (2014) – Matthew Warchus
    Le mètre étalon. Quand des activistes gays londoniens décident de soutenir des mineurs gallois en grève en 1984. C’est politique, c’est social, c’est drôle et c’est d’une humanité foudroyante sans jamais être niais. Une leçon d’écriture.
  • 2. CASTAWAY ON THE MOON (2009) – Lee Hae-jun
    Ton quota coréen indispensable. Un homme rate son suicide et se retrouve coincé sur un îlot au milieu du fleuve Han, en plein Séoul. C’est une fable magnifique sur la solitude, la reconstruction et le bonheur trouvé dans un bol de nouilles noires. Visuellement inventif et profondément touchant.
  • 3. THE FULL MONTY (1997) – Peter Cattaneo
    Le grand classique du réalisme social britannique. Avant que le genre ne soit essoré jusqu’à la corde, ce film sur des chômeurs de Sheffield qui se lancent dans le strip-tease avait tout compris : le désespoir comme moteur de la comédie. C’est brut, c’est vrai, et ça fonctionne à chaque visionnage.
  • 4. LITTLE MISS SUNSHINE (2006) – Jonathan Dayton & Valerie Faris
    Le « road movie » familial par excellence. Une famille de loosers magnifiques traverse les États-Unis dans un van Volkswagen jaune pour un concours de beauté pour enfants. C’est acide, les personnages sont cabossés, mais la solidarité finale est un pur shoot d’adrénaline positive.
  • 5. SING STREET (2016) – John Carney
    L’Irlande des années 80, la grisaille, la crise économique… et un gamin qui monte un groupe de rock pour impressionner une fille. La bande-originale est une tuerie et le film capte parfaitement cette sensation d’invincibilité qu’on a à 15 ans quand on croit au pouvoir de la musique.

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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