Action, Aventure, Comédie, Crime - Policier

CROCODILE DUNDEE 2 (1988) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Paul Hogan en chapeau de cuir tenant son grand couteau dans Crocodile Dundee II.
Paul Hogan tente de retrouver le mordant du premier opus, mais le légendaire Bowie Knife ne suffit plus à masquer un script paresseux.

Crocodile Dundee II (1988) : quand le bush recycle ses propres vannes…

Paul Hogan tente de transformer l’essai en inversant le concept, mais la surprise n’est plus là. On navigue entre une comédie d’action paresseuse et un thriller de série B qui ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Découvrons à travers cette critique de Crocodile Dundee II (1988) si Mick Dundee a encore assez de mordant pour justifier cette suite en terre hostile.
Note : 2.5/5

Désormais installé à New York avec Sue, Mick Dundee mène une vie paisible jusqu’au jour où un cartel de la drogue colombien kidnappe sa compagne. Pour la protéger et reprendre l’avantage, Mick décide d’attirer les gangsters sur son propre terrain : le bush australien. Là-bas, les méthodes rudimentaires du chasseur de crocodiles vont se révéler bien plus redoutables que les armes automatiques des truands.

Notre avis sur Crocodile Dundee II1

Notre avis sur Crocodile Dundee II est forcément teinté de cette nostalgie propre aux productions de la fin des années 80, mais le constat est sans appel : la fraîcheur du premier opus a disparu. Là où le choc des cultures fonctionnait à merveille, on se retrouve ici avec une structure narrative scindée en deux blocs qui peinent à s’équilibrer. La première partie urbaine manque de rythme, tandis que la seconde partie en Australie transforme Mick en une sorte de Rambo du pauvre, perdant au passage l’ironie qui faisait son charme.

Le film repose quasi intégralement sur le charisme décontracté de Paul Hogan. Son flegme face au danger reste le moteur principal de l’intérêt que l’on porte au métrage. La réalisation de John Cornell, bien que classique, profite de paysages australiens toujours aussi sublimes et d’une photographie qui rend hommage aux grands espaces. Quelques scènes de « chasse à l’homme » dans le bush sauvent le dernier acte en injectant une dose d’action bienvenue, rappelant que Dundee n’est pas qu’un clown à chapeau, mais un authentique prédateur de son environnement.

Paul Hogan dans Crocodile Dundee II (1988).
Paul Hogan dans Crocodile Dundee II (1988).

Le scénario est d’une linéarité affligeante. Le passage du ton « comédie romantique » au « thriller de cartel » est brutal et manque de crédibilité. Les antagonistes colombiens sont des caricatures sur pattes, dénuées de toute menace réelle, ce qui désamorce tout suspense. On sent une volonté de capitaliser sur le succès mondial du précédent opus sans jamais chercher à innover ou à approfondir les personnages, qui restent désespérément en surface.

John Cornell remplace Peter Faiman derrière la caméra, mais sa mise en scène manque cruellement de relief. C’est fonctionnel, propre, mais sans aucune vision artistique. Linda Kozlowski fait ce qu’elle peut avec un rôle de demoiselle en détresse assez ingrat, tandis que les seconds rôles (dont un jeune Luis Guzmán ou Charles S. Dutton) apportent un peu de sel à une distribution par ailleurs assez terne.

  • Le film a été un immense succès commercial avec près de 110 millions de dollars de recettes mondiales, prouvant que la « Dundeemania » battait encore son plein en 1988.
  • Paul Hogan a co-écrit le scénario avec son fils, Brett Hogan, renforçant le côté « affaire de famille » de la production.
  • Le personnage de Rico est interprété par Hechter Ubarry, qui était à l’époque une star de Broadway, bien loin de l’univers des trafiquants de drogue.

Crocodile Dundee II s’adresse avant tout aux complétistes de la saga ou aux amateurs de cinéma d’aventure familial un peu daté. Il se situe bien au-dessus du calamiteux Crocodile Dundee à Los Angeles (2001), mais reste l’ombre de l’original de 1986. C’est un divertissement inoffensif, idéal pour un dimanche après-midi pluvieux, à condition de ne pas être trop exigeant sur la rigueur du script. Pour comprendre l’impact de ce genre de sorties à l’époque, jetez un œil à mon dossier sur 1988 : L’ANNÉE DE LA DÉFLAGRATION.

Le film illustre parfaitement la transition des années 80 vers un cinéma de franchises où le « toujours plus » (plus d’action, plus de budget) finit par étouffer l’originalité du concept initial. Mick Dundee est-il devenu un super-héros trop tôt ?
Et toi, tu préfères le Mick citadin ou le Mick sauvage ?
Viens en débattre dans les commentaires !

  1. Si l’action en savates de Mick Dundee te laisse sur ta faim, va plutôt prendre une leçon de mise en scène avec ma critique de Piège de Cristal (1988), le seul vrai choc de cette année-là. ↩︎

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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