
Pourquoi le Psycho de Gus Van Sant est une est une insulte au 7ème Art…
L’édito : Le crime de la photocopie
Il y a des crimes de sang, et il y a des crimes de cinéma. En 1998, Gus Van Sant a commis l’irréparable : filmer un remake plan par plan du chef-d’œuvre d’Alfred Hitchcock. Pourquoi ? Pour la « science » ? Pour l’ego ? Le résultat est une expérience de taxidermie filmique où l’on a remplacé la chair par du plastique et l’angoisse par de la gêne. C’est l’illustration parfaite de ce que je déteste dans une certaine approche moderne : l’absence totale de nécessité1.
L’hérésie de la couleur et du casting
Le premier affront, c’est le passage à la couleur. Le noir et blanc de Psychose (1960) n’était pas une contrainte budgétaire, c’était une arme chirurgicale. En injectant du Technicolor criard, Van Sant tue le mystère. Le Bates Motel ressemble soudain à un décor de parc d’attractions fatigué.
Et que dire du casting ?
- Vince Vaughn vs Anthony Perkins : Là où Anthony Perkins suggérait une fragilité maladive et une ambiguïté sexuelle troublante, Vince Vaughn nous offre un psychopathe de série B qui ricane comme un idiot. Il n’y a aucune nuance, juste une imitation de surface.
- Anne Heche vs Janet Leigh : La grâce tragique de Janet Leigh est remplacée par une interprétation nerveuse qui ne suscite aucune empathie.
La mise en scène : Le contresens permanent
Van Sant a beau copier les angles de caméra d’Hitchcock, il oublie l’essentiel : le rythme. Le montage de 1960 était une partition de musique de chambre ; celui de 1998 est un bégaiement. Pire, Van Sant se permet d’insérer des images subliminales « artistiques » (des nuages, des yeux) durant la scène de la douche, brisant la pureté du découpage original. C’est du vandalisme déguisé en hommage.
Pourquoi c’est une insulte au spectateur
Le cinéma français récent nous a habitués aux œuvres nombrilistes et inutiles, mais ici, on touche au sommet du cynisme hollywoodien. Ce film ne s’adresse à personne. Les fans de l’original hurlent au sacrilège, et les néophytes feraient mieux de regarder le noir et blanc pour comprendre ce qu’est le vrai suspense. Faire un remake plan par plan, c’est nier l’essence même de la mise en scène : le choix. Si tu ne choisis rien, tu n’es pas réalisateur, tu es un opérateur de photocopieuse.
Verdict : Une curiosité morbide
Regarder Psycho (1998), c’est comme observer un accident de la route au ralenti. C’est fascinant de bêtise. C’est la preuve ultime que le génie ne se duplique pas, il s’éprouve.
- Comparez avec l’original dans notre Critique film Psycho de 1960 pour comprendre la différence entre art et photocopie. ↩︎
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