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CINEMA : La prison intérieure

Temps de lecture : 3 minutes
Collage comparatif entre un asile psychiatrique classique et une cellule moderne du cinéma coréen.
Deux visions de l’enfermement : l’institution américaine face à la vengeance coréenne.

CINEMA : L’enfermement, de Miloš Forman au génie coréen…

Si le film de Miloš Forman utilise l’asile pour critiquer l’autorité, le cinéma coréen, dont nous sommes particulièrement fans sur Critiks Moviz, utilise souvent l’enfermement comme une exploration des traumatismes enfouis et de la vengeance. Entre les murs cliniques de l’Oregon et les cellules privées de Séoul, la frontière est plus mince qu’il n’y paraît.

Le point de comparaison le plus frappant réside dans la privation de liberté sans procès.

  • Le parallèle : De la même manière que McMurphy finit par être enfermé de force pour son insoumission, le protagoniste de Old Boy (2003) de Park Chan-wook subit une séquestration de quinze ans sans en connaître la raison.
  • La nuance : Chez Miloš Forman, l’enfermement est institutionnel et bureaucratique. Cependant, le thriller coréen, il est souvent privé, chirurgical et lié à une dette morale ou une vengeance personnelle.

Le cinéma coréen excelle dans l’ambiguïté de la santé mentale.

  • L’asile poétique : Dans I’m a Cyborg, but that’s Ok (2006), Park Chan-wook propose une vision radicalement différente de celle de Miloš Forman. L’asile n’est plus seulement un lieu d’oppression, mais un espace où l’imaginaire des patients devient une forme de résistance douce.
  • Le poids du système : En réalité, contrairement à l’infirmière Ratched qui veut briser l’esprit, les soignants du cinéma coréen contemporain sont souvent montrés comme les rouages impuissants d’une société ultra-compétitive qui génère elle-même la folie.

L’enfermement coréen est souvent vertical (la hiérarchie sociale) là où l’asile de 1975 est horizontal (le dortoir, la salle commune).

  • L’enfermement social : Des films comme Parasite (2019) utilisent le sous-sol comme une cellule invisible. L’enfermement n’a plus besoin de barreaux ou de camisoles de force ; il suffit d’une adresse postale ou d’une odeur pour exclure l’individu de la société.

Que ce soit à travers le sacrifice final de McMurphy ou la quête de vérité des héros coréens, l’enfermement sert toujours à poser la même question : peut-on rester humain quand on nous retire notre espace ? Le cinéma coréen apporte une réponse souvent plus sombre, mais d’une beauté plastique inégalée.

Selon vous, quel cinéma traite le mieux le sentiment de claustrophobie ?
La rigueur américaine des années 70 ou la virtuosité coréenne moderne ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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