
Le vertige de l’action face au vide du scénario…
Verdict d’entrée
Certes, Martin Campbell tente de recycler la formule éprouvée du huis clos vertical, mais le fait qu’il livre une œuvre qui manque singulièrement de souffle. En effet, malgré l’abattage physique de Daisy Ridley, le film s’enlise rapidement dans des clichés narratifs qui, finalement, trahissent une certaine routine derrière la caméra. Découvrons à travers cette critique de Cleaner (2025) comment un maître de l’action semble ici prisonnier d’un cahier des charges trop rigide pour réellement surprendre.
Synopsis
Joey Locke, ancienne militaire devenue laveuse de vitres, se retrouve suspendue à la façade d’un gratte-ciel londonien lors d’une prise d’otages éco-terroriste. Pour sauver son frère autiste, elle doit transformer ses outils en armes de survie dans un environnement hautement périlleux.
Les atouts majeurs
Le point fort indéniable réside dans l’engagement de Daisy Ridley. Bien que située désormais loin des sabres laser, elle habite ce rôle de « prolétaire de l’action » avec une détermination brute. Par ailleurs, elle y injecte une vulnérabilité touchante, ce qui se ressent notamment dans ses échanges avec Matthew Tuck. Leur complicité apporte le supplément d’âme qui manque au reste de la distribution. Sur le plan technique, Martin Campbell prouve qu’il sait encore filmer l’espace. Les séquences extérieures exploitent admirablement la sensation de vide, rappelant par moments la tension de Mission: Impossible – Protocole Fantôme (2011). Enfin, la performance électrique de Taz Skylar insuffle un danger réel à chaque apparition, contrastant avec le calme trop poli des autres antagonistes.
Les faiblesses et limites
Hélas, le film souffre d’un déséquilibre rythmique flagrant. La première heure s’étire en une exposition laborieuse, où l’héroïne reste trop longtemps spectatrice derrière ses vitres. Le scénario, calqué sans imagination sur l’héritage de Piège de Cristal (1988), n’évite aucun écueil : dialogues téléphonés, retournements prévisibles et surtout un Clive Owen sous-exploité. Voir un tel acteur réduit à un rôle de leader éco-terroriste désincarné est une véritable frustration. De plus, le traitement de la thématique écologique est d’une binarité déconcertante, servant uniquement de prétexte à la violence sans jamais interroger les nuances de l’activisme radical.
Conclusion et recommandation
Cleaner (2025) est un divertissement fonctionnel qui remplit son contrat minimaliste pour une soirée canapé, mais il ne marquera pas l’histoire du genre. Il s’adresse principalement aux amateurs de thrillers de survie et aux fans de Daisy Ridley. Dans la filmographie de Martin Campbell, il se situe bien loin de l’audace de Casino Royale (2006) ou de la nervosité de Goldeneye (1995). C’est une œuvre de commande, efficace techniquement mais dépourvue de la flamme créative nécessaire pour devenir un classique.
- Source d’autorité : Fiche IMDb de Cleaner (2025).
- Contexte additionnel : Retour sur la carrière de Martin Campbell.
Pistes de réflexion
Le film soulève une question intéressante sur la place du héros d’action moderne : peut-on encore captiver le public avec une figure de justicier « bleu de travail » sans tomber dans la parodie ? En cherchant à humaniser Joey Locke par son passé militaire, le film dilue paradoxalement l’aspect « monsieur et madame tout-le-monde » qui faisait le sel des grandes réussites du genre.
À vous de juger
Faut-il pardonner la paresse d’un scénario pour quelques plans vertigineux réussis ?
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