
Twisted : Le piège chromatique de Bousman…
Verdict d’entrée
Twisted (2026) est une œuvre schizophrène qui tente de masquer ses carences narratives derrière une esthétique visuelle flamboyante et radicale. Si la mise en scène de Darren Lynn Bousman captive l’œil, elle échoue à capturer l’esprit en s’enfermant dans des mécaniques de torture déjà vues mille fois. Découvrons à travers cette critique du film comment le style visuel finit par dévorer le fond dans ce huis clos sanglant.
Synopsis
Paloma et Smith, deux escroqueuses spécialisées dans la location frauduleuse d’appartements, pensent avoir trouvé la proie idéale en ciblant la demeure du Dr Kezian. Mais une fois à l’intérieur, les rôles s’inversent brutalement : le neurochirurgien endeuillé transforme son sanctuaire en un laboratoire de douleur où chaque pièce cache un piège mortel.
Les atouts majeurs
Visuellement, Darren Lynn Bousman livre ici son travail le plus audacieux depuis Spiral (2021). L’influence du giallo italien est indéniable : les saturations de rouge sang et de bleu cobalt créent une atmosphère onirique presque irréelle. Ces choix chromatiques magnifient le travail de Lauren LaVera, qui confirme après Terrifier 2 (2022) son statut de nouvelle figure incontournable de l’horreur. Elle apporte une subtilité bienvenue à Paloma, une anti-héroïne dont la moralité douteuse rend la survie d’autant plus ambiguë. Djimon Hounsou, de son côté, habite le Dr Kezian avec une intensité tragique, évitant les habituels excès du « savant fou » pour se concentrer sur une douleur brute et dévastatrice.
Les faiblesses et limites
Cependant, l’emballage ne suffit pas. Le scénario de Twisted (2026) souffre d’une prévisibilité chronique. La subversion promise des rôles « prédateur/proie » tourne court, faute de profondeur psychologique. On regrette également une représentation de la relation entre Paloma et Smith qui semble davantage répondre aux codes du « male gaze » qu’à une réelle volonté d’inclusion organique. De plus, Darren Lynn Bousman semble incapable de s’affranchir de l’ombre de Saw II (2005). Le montage nerveux et les séquences de torture gratuites agissent comme des tics de réalisation qui empêchent le film de trouver sa propre identité. Enfin, la durée de 93 minutes, bien que nerveuse, sacrifie totalement l’intrigue secondaire policière menée par Neal McDonough, rendant certaines motivations incohérentes.
Conclusion et recommandation
Twisted (2026) est un exercice de style qui ravira les amateurs de « torture porn » esthétisé et les fans hardcore de la patte Darren Lynn Bousman. Il trouvera sa place lors d’une soirée entre amateurs de sensations fortes, mais peine à s’élever au rang des classiques du genre. C’est un film de transition dans la filmographie du réalisateur, plus proche de l’expérimentation visuelle que de la maturité narrative.
Pistes de réflexion
Le film souligne une tendance actuelle du cinéma d’horreur : la primauté de l’image sur le récit. Peut-on encore être terrifié par un film dont on devine chaque tournant ? L’esthétisation de la violence suffit-elle à justifier l’absence de renouveau thématique dans le sous-genre du home invasion ?
À vous de juger
Entre hommage vibrant au giallo et recyclage des codes de la saga Saw, Twisted laisse une impression mitigée où la forme semble être le seul véritable protagoniste. Est-ce suffisant pour vous convaincre de franchir le seuil du Dr Kezian ?
La discussion est ouverte en commentaire.

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Savais-tu que pour obtenir ces rouges et bleus si profonds, Darren Lynn Bousman a imposé à son chef opérateur d’utiliser de vieux objectifs anamorphiques des années 70 ? C’est ce qui donne ce grain organique unique, loin du numérique trop propre. Penses-tu que ce retour au visuel rétro peut sauver l’originalité du genre aujourd’hui ?
Publié par Olivier Demangeon | 08/02/2026, 9h52