Action, Disney+, Science fiction, Super-Héros

CAPTAIN AMERICA: BRAVE NEW WORLD (2025) ★★☆☆☆

Temps de lecture : 4 minutes

Captain America: Brave New World (2025)

 

Captain America : Le bouclier sans boussole…

Verdict d’entrée

Avec Captain America: Brave New World, Marvel Studios intronise officiellement Sam Wilson comme nouveau porteur du bouclier. Si Anthony Mackie s’approprie le rôle avec sincérité et conviction, le film de Julius Onah peine à dépasser le stade d’un épisode fonctionnel, trop soucieux de faire écho à son univers étendu pour exister comme œuvre autonome.

Synopsis (sans spoiler)

Devenu Captain America après les événements de The Falcon and the Winter Soldier (2021), Sam Wilson doit affronter une crise géopolitique majeure impliquant le président des États-Unis, Thaddeus Ross. Entre manipulations politiques, menaces technologiques et résurgences du passé, le héros tente d’imposer sa vision dans un monde instable, où le symbole du bouclier est plus contesté que jamais.

Les atouts majeurs

Captain America - Brave New World (2025)

Captain America – Brave New World (2025)

Le principal mérite du film réside dans son acteur principal. Anthony Mackie compose un Captain America crédible, humain, parfois hésitant, loin de l’icône quasi mythologique qu’était Steve Rogers. Son jeu repose davantage sur la responsabilité morale que sur l’héroïsme pur, prolongeant intelligemment les questionnements amorcés dans la série Disney+. Cette continuité thématique est l’un des rares fils conducteurs solides du récit.

La mise en scène de Julius Onah, sans être inventive, se révèle lisible et rigoureuse, notamment dans les séquences d’action en milieu urbain. La scène-clé de la transformation de Ross en Hulk Rouge à Washington, D.C., constitue à ce titre un moment spectaculaire, mais aussi politiquement chargé. Difficile de ne pas y voir une caricature à peine voilée de Donald Trump, président américain, dans cette figure de pouvoir vieillissante, colérique et destructrice. Cette lecture satirique, volontaire ou non, confère au film une ambiguïté politique intéressante, bien que jamais pleinement assumée.

Enfin, la présence de Harrison Ford apporte un certain poids dramatique au personnage de Ross, succédant avec autorité à William Hurt. Harrison Ford incarne un pouvoir usé, crispé sur ses prérogatives, ce qui aurait pu nourrir un véritable thriller politique à la manière de Les Hommes du président (1976) d’Alan J. Pakula, référence que le film effleure sans jamais l’embrasser.

Les faiblesses et limites

Le défaut majeur de Brave New World tient à son manque de brillance narrative. Le film donne l’impression d’enchaîner des situations obligées sans jamais faire progresser réellement ses personnages. Les arcs secondaires – notamment ceux incarnés par Danny Ramirez ou Shira Haas – restent sous-exploités, réduits à des fonctions utilitaires.

Cette impression de stagnation est accentuée par une accumulation de clins d’œil appuyés au MCU, souvent gratuits. Là où Captain America: The Winter Soldier (2014) des frères Russo utilisait la paranoïa politique comme moteur dramaturgique, Brave New World se contente de recycler des motifs sans leur donner de nouvelle résonance. Le film semble davantage préoccupé par la préparation des futurs Avengers que par sa propre identité.

Conclusion et recommandation

Captain America: Brave New World s’adresse avant tout aux complétistes du Marvel Cinematic Universe, désireux de suivre l’évolution de Sam Wilson avant Avengers: Doomsday (2026) et Avengers: Secret Wars (2027), deux projets dans lesquels Anthony Mackie est déjà annoncé. En salle, le spectacle reste honnête, mais le film trouvera sans doute sa place idéale en visionnage domestique, où ses limites se feront moins pesantes.

Avec 415,1 millions de dollars de recettes mondiales, le film confirme la solidité commerciale de la franchise, sans pour autant en renouveler la formule. Dans l’histoire des films de super-héros, Brave New World s’inscrit comme un chapitre transitoire, symptomatique d’un Marvel en quête de direction, où le symbole du bouclier demeure fort, mais son porteur encore privé d’une véritable boussole narrative.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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