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HEADS OF STATE (2025) ★★★☆☆


Heads of State (2025)

 

Deux têtes, un chaos : quand le pouvoir se joue à coups de punchlines…

Verdict d’entrée

Heads of State joue volontairement la carte du divertissement spectaculaire, préférant l’efficacité du buddy movie à la complexité politique. Si son regard sur la géopolitique reste volontairement naïf, l’alchimie comique entre Idris Elba et John Cena suffit à porter un film d’action nerveux, généreux et souvent réjouissant.

Synopsis (sans spoiler)

À la suite d’un événement international qui dégénère, le Premier ministre britannique et le Président des États-Unis se retrouvent contraints de collaborer sur le terrain. L’un est un ancien agent des forces spéciales rompu aux opérations clandestines, l’autre une ancienne star du cinéma d’action propulsée au sommet du pouvoir. Pris dans un engrenage de complots et de menaces globales, ils devront survivre, coopérer… et apprendre à se supporter.

Les atouts majeurs

Le principal moteur de Heads of State réside dans son concept même, ouvertement ludique : confronter deux figures du pouvoir façonnées par des mythologies opposées. Le Premier ministre britannique, ancien agent d’élite, incarne une vision pragmatique et désabusée de l’action politique, quand le Président américain, ex-acteur bodybuildé, fonctionne à l’instinct, au panache et à la punchline. Ce contraste, assumé jusqu’à la caricature, nourrit l’essentiel de l’humour du film et rappelle l’efficacité des duos antagonistes du cinéma d’action des années 80 et 90, de 48 Hrs. (1982) à L’Arme fatale (1987).

Ilya Naishuller met cette dynamique au service d’une mise en scène ultra-cinétique. Fidèle à l’énergie déjà déployée dans Hardcore Henry (2015) et Nobody (2021), le réalisateur privilégie les corps en mouvement, les combats lisibles et une caméra souvent mobile mais jamais illisible. Les scènes d’action, nombreuses, misent sur une violence stylisée et un montage sec qui maintient une tension constante sans sacrifier la compréhension spatiale.

Dans ce dispositif très masculin, Priyanka Chopra s’impose comme l’une des vraies réussites du film. Loin du simple rôle décoratif, son personnage d’agente aguerrie affiche une présence physique crédible, une autorité naturelle et une efficacité dramatique qui équilibre le tandem Idris Elba/John Cena. Elle s’inscrit dans la lignée des figures féminines d’action contemporaines capables d’exister sans surenchère démonstrative, évoquant davantage l’approche sobre d’Atomic Blonde (2017) que l’excès cartoonesque.

Les faiblesses et limites

Cette efficacité formelle se paie toutefois d’un appauvrissement du propos. En choisissant de traiter la géopolitique comme un simple décor ludique, Heads of State évite soigneusement toute zone de friction idéologique. Les enjeux internationaux sont réduits à une toile de fond abstraite, là où des œuvres comme In the Line of Fire (1993) ou Air Force One (1997) parvenaient à injecter une tension politique minimale au cœur du spectacle.

Certaines sous-intrigues, notamment celles impliquant les seconds rôles (pourtant incarnés par des acteurs solides comme Carla Gugino ou Paddy Considine), restent esquissées puis abandonnées. Ce choix accentue la sensation d’un récit parfois pressé, davantage préoccupé par l’enchaînement des set-pieces que par la cohérence de ses ramifications narratives.

Enfin, l’humour, bien que souvent efficace, repose presque exclusivement sur l’opposition des caractères. À force de répéter ce schéma, le film finit par anticiper ses propres effets, là où une variation plus audacieuse aurait pu renouveler la dynamique du duo.

Conclusion et recommandation

Heads of State s’adresse avant tout aux amateurs de cinéma d’action grand public, à apprécier dans un contexte de pur divertissement, idéalement sur grand écran pour profiter de son énergie physique et de ses scènes spectaculaires. Il s’inscrit dans la continuité d’un cinéma d’action décomplexé, héritier du buddy movie classique, sans prétendre en renouveler les codes.

Dans la filmographie d’Ilya Naishuller, le film apparaît comme une œuvre de commande maîtrisée, moins radicale que ses précédents travaux mais suffisamment bien exécutée pour confirmer son savoir-faire. Un spectacle efficace, conscient de ses limites, qui mise sur le charme de ses acteurs et la précision de son action plutôt que sur la profondeur de son discours.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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