Action, Amazon Prime Video, Drame, Horreur, Science fiction, Thriller

OSIRIS (2025) ★★☆☆☆

Temps de lecture : 5 minutes

Osiris (2025)

 

The Osiris Child – Quand la SF low-cost mise tout sur le lien père-fille !

Verdict d’entrée

The Osiris Child: Science Fiction Volume One fait partie de ces films de SF indépendants qui rêvent en grand avec un portefeuille modeste. Visuellement plus ambitieux que son budget ne le laisse présager, il peine pourtant à transformer l’essai à cause d’un scénario bancal et d’un montage trop fragmenté. On en sort partagé : touché par le cœur du récit – la relation
père-enfant – mais frustré par la manière dont il est raconté.

Synopsis (sans spoiler)

Dans un futur proche, un ancien pilote se retrouve lancé dans une course contre la montre pour sauver sa fille, coincée au mauvais endroit au pire moment sur une planète en crise. Entre complots corporatistes, prison extraterrestre et créatures mutantes, le récit épouse la forme d’un film de sauvetage où chaque détour de l’intrigue ramène à une chose : jusqu’où un père est-il prêt à aller pour protéger son enfant ?

Les atouts majeurs

L’un des premiers mérites du film, c’est d’assumer sa condition de série B de SF tout en essayant de soigner son enveloppe visuelle. La photographie, aux teintes chaudes et poussiéreuses, évoque parfois un croisement modeste entre Mad Max et certains space operas télévisuels. Les décors naturels et les lieux industriels recyclés sont intelligemment utilisés pour suggérer un univers plus vaste que ce que le film peut réellement montrer. Les effets spéciaux, sans être révolutionnaires, tiennent la route : créatures, vaisseaux et environnements numériques restent suffisamment crédibles pour ne pas sortir le spectateur du récit.

La mise en scène de Shane Abbess brille surtout lorsqu’elle se concentre sur l’intime. Les scènes entre le père et sa fille, qu’elles soient dans le registre de la complicité ou de l’urgence, donnent au film une colonne vertébrale émotionnelle. Le motif du sauvetage n’est pas qu’un prétexte à l’action : il structure la mise en scène, qui revient régulièrement à ce lien comme à un ancrage face au chaos environnant. On sent la volonté d’inscrire ce film dans une tradition de SF « humaniste », où le spectaculaire sert surtout de toile de fond à une histoire de transmission et de sacrifice.

Le casting contribue aussi à maintenir le niveau. Kellan Lutz, débarrassé des poses héroïques trop propres, trouve ici un registre plus vulnérable, plus fatigué. Daniel MacPherson compose un contrepoint intéressant, là où Temuera Morrison et Rachel Griffiths apportent une présence solide, presque plus grande que le cadre du film lui-même. Ces interprètes donnent un supplément de densité à des personnages parfois schématiques.

Les faiblesses et limites

Osiris (2025)

Osiris (2025)

Là où The Osiris Child se grippe, c’est dans son écriture et son montage. Le scénario multiplie les chapitres, les retours en arrière, les changements de point de vue, comme s’il cherchait à imiter une structure à la Christopher Nolan sans en maîtriser la précision. Ce montage fragmenté, au lieu de créer du mystère ou de la tension, brouille souvent la progression dramatique. On a régulièrement l’impression que le film se coupe lui-même dans son élan.

Les enjeux narratifs – catastrophe planétaire, expérience qui tourne mal, conglomérat sans scrupules – restent traités de façon très fonctionnelle, sans véritable approfondissement thématique. Le potentiel critique vis-à-vis des grandes corporations ou de la déshumanisation reste au stade de toile de fond. À force de vouloir condenser trop d’éléments de worldbuilding dans un métrage relativement court, Shane Abbess sacrifie la clarté et la respiration du récit.

La relation père-enfant, pourtant cœur émotionnel du film, souffre aussi de ces choix. Elle est bien posée dans certaines scènes, mais trop souvent reléguée à des flashbacks ou à des raccourcis émotionnels. On comprend ce que le film veut nous faire ressentir, mais il ne nous laisse pas toujours le temps de le vivre pleinement. Résultat : le pathos fonctionne par moments, mais ne parvient pas à porter l’ensemble.

Conclusion et recommandation

The Osiris Child: Science Fiction Volume One s’adresse avant tout aux amateurs de SF curieux, indulgents envers les limites d’une production indépendante et sensibles aux récits centrés sur le lien parent-enfant. Vu en streaming ou en VOD, il peut constituer une découverte intéressante, à condition d’accepter ses maladresses structurelles.

Dans la filmographie de Shane Abbess comme dans le paysage de la SF contemporaine, le film ressemble à un brouillon prometteur plutôt qu’à une œuvre aboutie : une démonstration de savoir-faire visuel, un goût pour le genre et pour l’émotion intime, mais aussi un rappel que l’ambition narrative nécessite une architecture plus rigoureuse. Ceux qui cherchent un divertissement modeste, visuellement soigné et porté par une belle idée de départ y trouveront de quoi satisfaire leur curiosité ; les autres resteront sans doute sur leur faim, en se disant qu’avec un meilleur script et un montage plus maîtrisé, ce « volume one » aurait pu être bien plus que cela.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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