
Opération Désert : Quand Jackie Chan et John Cena transforment le chaos en spectacle.
Verdict d’entrée
Hidden Strike n’a ni l’ambition de révolutionner le cinéma d’action, ni la prétention d’inscrire son nom parmi les futurs classiques du genre. Mais il possède quelque chose de plus rare : une alchimie immédiate, savoureuse, presque old-school entre Jackie Chan et John Cena, qui suffit à transformer ce blockbuster modeste en divertissement efficace. À condition d’accepter son ton hybride – entre comédie légère et thriller désertique – le film déroule une proposition généreuse, parfois maladroite, mais toujours sincère.
Synopsis (sans spoiler)
Dans un Moyen-Orient fictif ravagé par des tensions politiques, un convoi humanitaire doit être escorté à travers une zone de conflit. Deux hommes aux méthodes opposées – l’un méthodique, l’autre impulsif – sont contraints de collaborer pour mener la mission à bien. Leur duo improbable devient naturellement le moteur du récit.
Les atouts majeurs
La véritable force de Hidden Strike repose sur la dynamique entre Jackie Chan et John Cena. Scott Waugh, qui vient déjà du cinéma d’action vitaminé (Act of Valor, Need for Speed), comprend parfaitement ce que le public attend : laisser respirer les corps, les échanges, les ruptures de ton. Jackie Chan conserve cette souplesse chorégraphique que peu d’acteurs de son âge parviennent encore à honorer ; chaque mouvement raconte quelque chose de son personnage. John Cena, lui, apporte une énergie clownesque héritée à parts égales du catch et de la comédie américaine récente, dans la lignée de Blockers ou Peacemaker. Ensemble, ils forment un duo étonnamment complémentaire : finesse contre puissance, précision contre spontanéité.

John Cena et Jackie Chan dans Hidden Strike (2023)
Visuellement, Scott Waugh opte pour une mise en scène claire, lisible, parfois trop numérique, mais qui ne tombe jamais dans l’illisibilité des productions saturées de CGI. On pense parfois aux films d’action des années 2000, ceux qui multipliaient les panoramiques sur des convois militaires et les explosions contrôlées dans des décors désertiques. Rien de révolutionnaire, certes, mais une efficacité assumée. Le montage privilégie la fluidité et permet aux scènes d’action de conserver une structure cohérente : les poursuites, même lorsqu’elles flirtent avec le cartoon, restent parfaitement compréhensibles.
C’est d’ailleurs dans ces excès assumés – véhicules improbables, situations rocambolesques – que le film trouve son ton, quelque part entre les comédies d’action américaines et les grandes heures du cinéma d’arts martiaux hongkongais. Sur le plan thématique, Hidden Strike effleure des sujets plus sérieux (enjeux géopolitiques, exploitation économique, loyautés conflictuelles), mais jamais au point de s’y attarder. Ce choix peut sembler frustre, mais il maintient le film dans un registre de pur spectacle populaire.
Les faiblesses et limites
La principale limite du film réside dans son écriture : les personnages secondaires manquent de profondeur, les antagonistes sont réduits à des fonctions et le récit se repose parfois trop lourdement sur des clichés du genre. L’univers fictif du Moyen-Orient, très standardisé, manque de texture et de complexité, rappelant des productions qui privilégient le cadre exotique au réalisme narratif.
L’utilisation du numérique est également inégale. Certaines séquences, notamment les scènes d’explosions ou de convois massifs, trahissent un budget contraint et une post-production visible. À cela s’ajoute une direction artistique parfois hésitante, oscillant entre réalisme et tonalité cartoon. Mais ces faiblesses, bien réelles, n’empêchent pas le film d’atteindre son objectif premier : divertir.
Conclusion et recommandation
Hidden Strike s’adresse avant tout aux amateurs de buddy movies, aux nostalgiques des productions d’action légères mais généreuses, et aux fans de Jackie Chan ou John Cena. Visionnage idéal : un soir où l’on cherche un spectacle rythmé sans prétention, plutôt en streaming qu’en salle, tant l’expérience repose davantage sur ses personnages que sur ses ambitions visuelles.
Dans la filmographie de Scott Waugh, le film s’inscrit comme une œuvre intermédiaire, plus ludique que ses projets précédents, moins ambitieuse que ses tentatives de réalisme immersif. Mais dans le paysage actuel des blockbusters calibrés, Hidden Strike a au moins le mérite de retrouver une chose essentielle : le plaisir de voir deux performers s’amuser à l’écran, et nous avec eux.

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