
Rendel : la vengeance qui s’égare dans les ténèbres
Verdict d’entrée
Après un premier opus certes imparfait mais sincère dans ses ambitions, Rendel: Cycle of Revenge surprend… pour de mauvaises raisons. Cette suite, longtemps attendue, s’enfonce dans un chaos artistique difficile à justifier. Dialogues indigents, scènes d’action molles, narration bancale : on peine à comprendre comment un tel naufrage a pu émerger après des années de pause.
Synopsis (sans spoiler)
Rendel reprend du service pour affronter un nouvel ennemi, dans une ville rongée par la criminalité et la corruption. Mais derrière cette promesse de noirceur et de fureur vengeresse, le film déploie un récit confus où les motivations s’effritent et où chaque développement semble improvisé plus que construit.
Les atouts majeurs
Même dans ce second opus fragile, quelques intentions méritent d’être reconnues. Jesse Haaja conserve une certaine volonté de stylisation héritée du premier film : jeux d’ombres appuyés, silhouettes découpées dans la nuit, ambiance vaguement inspirée des comics européens et de l’esthétique dark vigilante des années 90.
Kristofer Gummerus, malgré une direction d’acteurs étonnamment flottante, parvient parfois à rappeler la rugosité du personnage originel, avec une physicalité brute et un regard déterminé. On notera aussi quelques tentatives de mise en scène cherchant à dynamiser l’espace par des mouvements de caméra circulaires ou des ruptures de focales qui évoquent,
de loin, certaines approches de Gareth Evans ou de films comme The Crow, auxquels le premier opus empruntait déjà.
Mais ces éclairs restent sporadiques, isolés dans un ensemble qui manque d’unité, de vision et de cohérence.
Les faiblesses et limites
Le véritable problème de Rendel: Cycle of Revenge est son incapacité à transformer ses intentions en cinéma. Là où le premier film fonctionnait par énergie brute, celui-ci semble vidé de toute impulsion créative.
Les dialogues, souvent clichés ou maladroits, donnent l’impression d’un brouillon de scénario filmé tel quel. Les combats – pourtant une colonne vertébrale essentielle du genre – manquent d’impact, de chorégraphie, de lisibilité. On est loin du style nerveux et sec auquel Jesse Haaja semblait aspirer. Quant à l’intrigue, elle accumule facilités, incohérences et virages artificiels, avec une sensation persistante de déjà-vu mal digéré.
Le casting secondaire (Sean Cronin, Bruce Payne, Minna Nevanoja) peine à exister, faute de direction claire ou de personnages réellement écrits. La photographie, saturée et mal maîtrisée, évoque davantage un tournage contraint par le manque de moyens qu’une véritable proposition esthétique.
Et c’est sans doute le point le plus troublant : compte tenu du temps écoulé entre les deux opus, on s’interroge sur la genèse de ce ratage. Comment un projet porté pendant plusieurs années peut-il accoucher d’un résultat aussi déséquilibré ? On a l’impression d’un film victime de problèmes de production, de réécritures improvisées ou d’une perte de contrôle artistique en cours de route.
Conclusion et recommandation
Rendel: Cycle of Revenge s’adresse, au mieux, aux complétistes curieux de voir l’évolution d’un univers qui avait pourtant un certain potentiel. Les spectateurs cherchant un vigilante movie solide, une série B nerveuse ou un récit sombre à la Sin City
risquent d’être amèrement déçus.
À visionner éventuellement en streaming, par simple curiosité, pour comprendre comment une suite peut s’égarer à ce point. Dans la filmographie de Jesse Haaja, ce second opus ressemble davantage à un incident qu’à une étape logique : un projet qui avait du potentiel, mais qui s’est perdu dans les limbes de la production et d’une écriture trop fragile.

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