Action, Comédie, Crime - Policier, Thriller

BAD BOYS: RIDE OR DIE (2024) ★★★☆☆

Temps de lecture : 5 minutes

Bad Boys - Ride or Die (2024)

 

Bad Boys: Ride or Die – Le chaos jubilatoire comme moteur d’un spectacle encore vivant.

Verdict d’entrée

Bad Boys: Ride or Die ne cherche jamais à se réinventer : le film assume son ADN chaotique, bruyant, crasseux et parfois de mauvais goût, mais transforme ce désordre en énergie de pur divertissement. Will Smith et Martin Lawrence fonctionnent toujours comme un duo comique et émotionnel d’une efficacité redoutable. Sans atteindre la nervosité stylisée de l’opus précédent, ce nouvel épisode prouve que la franchise a encore du carburant et qu’elle préfère brûler ses pneus plutôt que ralentir.

Synopsis (sans spoiler)

Mike Lowrey et Marcus Burnett voient la mémoire de leur défunt capitaine salie par une machination qui les dépasse. Accusés, traqués par ceux qu’ils servaient hier encore, les deux vétérans se retrouvent en cavale dans un Miami plus hostile que jamais. Pour laver l’honneur de leur mentor et rétablir la vérité, ils n’ont d’autre choix que de replonger dans la violence, l’improvisation et le chaos… à leur manière explosive.

Les atouts majeurs

La première force du film réside dans la mise en scène d’Adil El Arbi et Bilall Fallah. Déjà remarqués sur Bad Boys for Life, ils prolongent ici un style nerveux, saturé de mouvements de caméra, de zooms impulsifs et de contre-plongées quasi cartoonesques. Le recours intensif aux drones, aux plans qui vrillent autour des personnages et à une caméra parfois fixée aux armes évoque autant la frénésie de Michael Bay que l’imagerie des FPS modernes. Cette grammaire visuelle accentue le côté « chaotique, crasseux et sans fioritures » du film : Miami n’est plus un décor de carte postale, mais un terrain de jeu sale, vibrant, sous tension permanente.

Will Smith et Martin Lawrence dans Bad Boys: Ride or Die (2024)

Will Smith et Martin Lawrence dans Bad Boys: Ride or Die (2024)

Sur le plan de l’action pure, le film coche méthodiquement toutes les cases du spectacle contemporain : fusillades éclatées, poursuites improbables, séquences de siège où la mise en scène se permet des audaces formelles, montage agressif qui fragmente l’espace pour privilégier l’impact. Ce n’est pas toujours élégant, mais c’est constamment généreux. Le chaos devient une esthétique en soi, assumée, presque revendiquée.

Le cœur émotionnel repose néanmoins sur le duo Will Smith / Martin Lawrence. Lawrence pousse son registre comique vers une forme d’absurde quasi métaphysique, jouant d’un personnage terrorisé par la mort mais paradoxalement libéré par cette peur. Smith, plus en retenue, apporte une gravité teintée de culpabilité et de fatigue, qui empêche le film de sombrer totalement dans le cartoon. Autour d’eux, le “team” élargi (Vanessa Hudgens, Alexander Ludwig, Paola Núñez, Jacob Scipio) apporte une dynamique intergénérationnelle qui inscrit la franchise dans une logique de passage de relais, comme l’ont fait les sagas Fast & Furious ou Mission: Impossible.

Thématiquement, le film reste modeste mais cohérent : il parle de loyauté, de mémoire, de la difficulté de vieillir dans un univers qui réclame toujours plus de vitesse et de spectacle. La figure du capitaine incarné par Joe Pantoliano, convoquée via des flashbacks, sert de boussole morale à ce chaos moral et visuel, donnant un peu d’épaisseur à ce qui pourrait n’être qu’un simple roller coaster.

Les faiblesses et limites

Là où Bad Boys: Ride or Die montre ses limites, c’est dans l’écriture. Le scénario multiplie les rebondissements mais peine à donner une vraie densité à son antagoniste, finalement assez générique. Les enjeux dramatiques existent, mais restent souvent noyés sous la surenchère. Le montage, très fragmenté, finit parfois par sacrifier la lisibilité de l’action au profit d’un impact immédiat, avec ce côté “clip survitaminé” qui peut lasser.

L’esthétique “sale” et brute, qui fait partie du charme du film, se retourne parfois contre lui : la saturation des couleurs, les mouvements de caméra incessants, l’absence de moments de respiration donnent une impression de fatigue visuelle. Là où certains films d’action récents (on pense à la trilogie John Wick) utilisent la stylisation pour composer des tableaux lisibles, Adil & Bilall privilégient un chaos contrôlé, mais pas toujours maîtrisé.

Enfin, si le film aborde la vieillesse, la paternité et la transmission, il reste souvent survolant. Dès que l’émotion menace de s’installer, une blague ou une explosion vient désamorcer la scène. Cette pudeur émotionnelle contribue à l’efficacité comique, mais limite l’impact à long terme du récit.

Conclusion et recommandation

Sans être le sommet de la franchise, Bad Boys: Ride or Die s’impose comme un divertissement solide, suffisamment divertissant dans son style chaotique, crasseux et sans fioritures pour justifier le voyage en salle. Les amateurs d’action nerveuse, d’humour frontal et de mise en scène dopée à l’adrénaline y trouveront exactement ce qu’ils viennent chercher.

Dans la filmographie d’Adil El Arbi et Bilall Fallah, le film confirme leur goût pour un cinéma urbain, explosif, qui assume ses excès. Au sein de la saga Bad Boys, il occupe une place intermédiaire : moins surprenant que le troisième opus, mais largement plus vivant que ce que l’on pouvait craindre d’un quatrième épisode tardif. Will Smith et Martin Lawrence restent, malgré les années, des compagnons de route réjouissants – et tant que le public acceptera ce chaos contrôlé, la franchise pourra encore, comme son titre l’indique, rouler ou mourir, mais jamais se ranger.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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