Action, Arts Martiaux, Comédie, Sport

KARATÉ KID PART II (1986) ★★★✮☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche officielle du film Karaté Kid II avec Ralph Macchio et Pat Morita de profil sur fond noir.

Le voyage initiatique à la sauce soja…

The Karate Kid Part II (1986) est une suite qui réussit l’exploit de ne pas être une simple redite. En déplaçant l’action à Okinawa, le film gagne en maturité et en émotion, porté par un Pat Morita au sommet de sa sagesse. Certes, le manichéisme est toujours de mise, mais le voyage initiatique reste d’une efficacité redoutable pour tout amateur de l’année 1986.
Note : 3,5/5

Après avoir triomphé au tournoi d’All Valley, Daniel LaRusso accompagne son mentor, Monsieur Miyagi, à Okinawa. Ce qui devait être un pèlerinage pour dire adieu à un père mourant se transforme en un affrontement mortel. Daniel découvre que le karaté n’est pas qu’un sport de compétition, mais une question de vie ou de mort face à un honneur bafoué.

Le film a l’intelligence de ne pas nous refaire le coup du tournoi californien. Le dépaysement apporte une profondeur bienvenue à la relation Daniel/Miyagi. Pat Morita est encore une fois impérial, apportant une mélancolie et une sagesse qui portent littéralement le film sur ses épaules. La mise en scène de John G. Avildsen reste propre, efficace, et sait faire monter la tension jusqu’au combat final sur les remparts, bien plus dramatique que celui du premier volet.

Le manichéisme est poussé ici à son paroxysme. Les méchants (Sato et Chozen) sont des caricatures de l’honneur japonais poussé à l’absurde, frôlant parfois le ridicule. On n’échappe pas non plus à une romance un peu poussive qui ralentit le rythme au milieu du film. Et soyons honnêtes, la fameuse « technique du tambour » est quand même nettement moins iconique que le coup de la grue.

Ralph Macchio fait le job en adolescent impulsif, mais c’est Miyagi qui reste le cœur battant de l’œuvre. La réalisation de John G. Avildsen mise sur les décors naturels (superbement mis en valeur) pour masquer un scénario qui suit de très près les rails du premier opus. On sent la volonté de faire « plus grand, plus loin« , au risque de perdre parfois la simplicité qui faisait le charme de l’original.

  • Le Japon à Hawaii : Bien que l’intrigue se déroule à Okinawa, pas une seule image du film n’y a été tournée. Pour des raisons budgétaires et logistiques, la production a reconstruit un village japonais entier sur l’île d’Oahu, à Hawaii. Le climat et la végétation étaient si proches que l’illusion est totale, sauf pour les botanistes pointilleux qui reconnaîtront certaines plantes locales.
  • Le tube de l’été : Le morceau mythique « Glory of Love« , interprété par Peter Cetera, est devenu l’emblème du film. Pourtant, à l’origine, cette chanson avait été écrite pour figurer sur la bande originale de Rocky IV (1985). Elle a finalement été recalée au profit de « Hearts on Fire« , ce qui a permis à Karaté Kid II de décrocher un tube planétaire et une nomination aux Oscars.
  • Un méchant de premier choix : Yuji Okumoto, qui incarne le redoutable Chozen, a pris son rôle très au sérieux. Lors de son audition, il a tellement terrorisé Jerry Weintraub (le producteur) par son intensité que ce dernier a su instantanément qu’il tenait son antagoniste. Pour l’anecdote, l’acteur est aujourd’hui devenu une figure centrale de la série Cobra Kai, prouvant que la rancune a la vie dure.
  • Le destin d’Elisabeth Shue : Si tu te demandais pourquoi Ali, la petite amie de Daniel dans le premier volet, disparaît dès les premières minutes, la raison est académique : Elisabeth Shue avait mis sa carrière en pause pour reprendre ses études à l’université de Harvard. Les scénaristes ont donc dû improviser une rupture rapide pour justifier le voyage en solitaire de Daniel.

Cette suite parvient à transcender le simple statut de produit commercial pour devenir une véritable exploration de la mythologie de Monsieur Miyagi. En délaissant le cadre urbain de la Californie pour les paysages ruraux d’Okinawa, le film gagne une dimension spirituelle et dramatique supérieure à l’original. C’est un divertissement solide, porté par une alchimie parfaite entre Ralph Macchio et Pat Morita, qui prouve que l’honneur est un combat de tous les instants. Je le recommande vivement à tous ceux qui veulent voir une suite intelligente qui respecte ses personnages tout en élargissant son univers.

  • L’évolution de la figure du mentor : Comment le film inverse-t-il les rôles en montrant la vulnérabilité de Miyagi face à son passé, obligeant Daniel à devenir, par moments, le soutien moral de son maître ?
  • La notion d’honneur ancestral : Le conflit entre Miyagi et Sato interroge sur le poids des traditions et la difficulté de briser un cycle de haine vieux de plusieurs décennies.
  • Le karaté comme philosophie de survie : Contrairement au premier volet axé sur la compétition sportive, cette suite présente l’art martial comme un outil de défense ultime où l’issue n’est plus un trophée, mais la vie elle-même.

Et toi, qu’as-tu pensé de ce voyage à Okinawa ? Est-ce que la relation entre Daniel et Miyagi te touche autant que dans le premier opus, ou trouves-tu que le film s’égare un peu trop dans le mélo ? La technique du tambour est-elle, selon toi, aussi marquante que le coup de la grue ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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