
Action brute en terrain miné…
Verdict d’entrée
Film d’action fauché, Game of Death avance sans détour ni scrupule : pas de psychologie, peu de logique, mais une efficacité mécanique fondée sur la violence sèche et le charisme de Wesley Snipes. Une œuvre cabossée, symptomatique d’un tournage chaotique, qui trouve sa seule cohérence dans l’énergie qu’elle déploie.
Note : 5/10
Synopsis (sans spoiler)
Un agent des forces spéciales feint sa mort pour infiltrer un réseau criminel tentaculaire lié à une organisation secrète. Pris entre trahisons, manipulations et règlements de comptes, il devra frapper vite et fort pour survivre et atteindre sa cible.
Les atouts majeurs
Le premier atout du film reste Wesley Snipes, alors en fin de règne hollywoodien mais toujours capable d’imposer une présence physique immédiate. Son jeu est minimaliste, parfois raide, mais parfaitement accordé au matériau : ici, l’acteur n’incarne pas un personnage, il est une fonction narrative, celle du bras armé qui avance sans états d’âme.
La mise en scène de Giorgio Serafini privilégie l’impact direct : cadrages serrés, montage rapide, scènes d’action fréquentes. Certaines séquences – fusillades en intérieur, combats rapprochés – témoignent d’un savoir-faire artisanal honnête, pensé pour le marché du direct-to-DVD. Le rythme, constamment soutenu, empêche l’ennui de s’installer.
Enfin, le casting secondaire (Zoë Bell, Gary Daniels, Robert Davi) fonctionne comme une galerie de figures familières du cinéma d’action bis, apportant une crédibilité de façade et un parfum de série B assumée.
Les faiblesses et limites
Les défauts sont toutefois structurels. Le scénario se désintéresse totalement de la cohérence interne : motivations floues, retournements expédiés, personnages interchangeables. Le film ne cherche jamais à donner du poids émotionnel aux enjeux, ce qui le prive de toute tension durable.
Le contexte de production pèse lourdement sur le résultat. Initialement confié à Abel Ferrara, avec qui Wesley Snipes avait collaboré sur King of New York (1990), le projet a changé de réalisateur en cours de tournage. Les raisons de ce départ n’ont jamais été rendues publiques, et l’on ignore quelles scènes, si certaines subsistent, portent encore la patte de Ferrara. Cette transition se ressent à l’écran : tonalité instable, narration parfois décousue, absence de vision d’ensemble.
Conclusion et recommandation
Sorti directement en DVD aux États-Unis (Sony, 15 février 2011), Game of Death a trouvé son public dans le circuit vidéo, engrangeant environ 4,3 millions de dollars en ventes. Il s’adresse clairement aux amateurs d’action brute, peu regardants sur la vraisemblance, et aux complétistes de la filmographie de Wesley Snipes. À voir comme un produit de consommation rapide, idéal pour une séance sans attentes narratives.
Pistes de réflexion
Le film pose malgré lui la question du cinéma d’action en fin de chaîne industrielle : peut-on encore parler d’auteur lorsque les contraintes de production dictent entièrement la forme finale de l’œuvre ?
À vous de juger
Œuvre mutilée ou série B honnête, Game of Death cristallise les dérives et les charmes du direct-to-DVD des années 2010. Simple défouloir ou témoignage d’un système à bout de souffle ? La discussion est ouverte en commentaire.
Bande-annonce
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