
Le retour des stars, l’absence de panache…
Verdict d’entrée
Avec Back in Action, Seth Gordon orchestre un retour très médiatisé, mais cinématographiquement timide. Porté par le charme intact de Cameron Diaz et Jamie Foxx, le film divertit sans convaincre, en s’enfermant dans une formule Netflix aussi lisse qu’oubliable.
Note : 6/10
Synopsis (sans spoiler)
Emily et Matt forment un couple rangé, installé en banlieue avec leurs enfants. Mais derrière cette façade tranquille se cache un passé explosif : tous deux sont d’anciens agents secrets. Lorsqu’un élément de la mission qui les a poussés à se retirer refait surface, la famille entière se retrouve plongée dans une cavale internationale où les réflexes d’espions doivent refaire surface.
Les atouts majeurs
Le premier moteur du film est incontestablement le duo Cameron Diaz /Jamie Foxx. Leur complicité, déjà éprouvée par le passé, fonctionne immédiatement : échanges vifs, timing comique efficace, et une énergie communicative qui rappelle les buddy movies des années 2000. Cameron Diaz, absente des écrans depuis près de dix ans, retrouve une aisance réjouissante, tandis que Jamie Foxx joue sur un registre familier mêlant humour et assurance physique.
Quelques séquences d’action ponctuent agréablement le récit, notamment une poursuite finale en hors-bord qui évoque clairement l’imagerie bondienne (sans jamais atteindre l’élégance d’un GoldenEye (1995)). La mise en scène privilégie le mouvement et le rythme, ce qui maintient l’attention du spectateur malgré la prévisibilité de l’intrigue.
Enfin, le casting secondaire impressionne sur le papier. Glenn Close s’amuse dans un rôle excentrique, Andrew Scott impose une présence inquiétante en antagoniste feutré, et Kyle Chandler apporte une gravité bienvenue. Leur simple présence confère au film une patine de prestige qui dépasse son ambition réelle.
Les faiblesses et limites
Le principal écueil de Back in Action reste son scénario terriblement convenu. La mécanique narrative recycle sans surprise les codes de la comédie d’espionnage familiale, dans la droite lignée de Mr. & Mrs. Smith ou The Family Man (2000), sans jamais proposer de variation significative. Chaque rebondissement semble téléphoné, chaque révélation arrive exactement au moment attendu.
La direction artistique souffre d’un manque flagrant de personnalité. Montage trop rapide, effets numériques inégaux, et choix musicaux maladroits — notamment l’usage de thèmes romantiques durant des scènes d’action — désamorcent toute tension dramatique. Là où le film devrait créer du danger ou de l’urgence, il glisse parfois vers une parodie involontaire.
Plus problématique encore, le gâchis du casting secondaire. Glenn Close, Andrew Scott et Kyle Chandler sont cantonnés à des rôles fonctionnels, parfois caricaturaux, qui n’exploitent jamais leur potentiel dramatique. Jamie Demetriou, censé apporter une touche comique, divise par des gags appuyés et répétitifs. Cette sous-exploitation témoigne d’une écriture paresseuse et d’une mise en scène purement utilitaire.
Conclusion et recommandation
Back in Action est avant tout un véhicule de stars, pensé pour capitaliser sur le retour de Cameron Diaz et la popularité de Jamie Foxx. À ce titre, le film remplit partiellement son contrat : il divertit, se regarde sans déplaisir et s’oublie aussitôt. Dans la filmographie de Seth Gordon, il s’inscrit comme une œuvre mineure, symptomatique du modèle Netflix : efficace à court terme, dénuée d’aspérités artistiques.
Public idéal : spectateurs en quête d’un divertissement familial sans prise de tête.
Contexte de visionnage : une soirée détente, sans attentes cinéphiles élevées.
Le débat est ouvert
Le retour de Cameron Diaz suffit-il à masquer le caractère standardisé de Back in Action ?
Peut-on encore se satisfaire de comédies d’espionnage aussi balisées, ou attendre davantage d’audace formelle et narrative de ce type de production ?
N’hésite pas à partager ton avis et ton ressenti en commentaire.
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