
Des héros ordinaires face à une mécanique trop bien huilée…
Verdict d’entrée
Avec The Union, Julian Farino livre une comédie d’action d’espionnage calibrée pour le streaming : efficace dans son rythme, séduisante en surface, mais trop prudente pour laisser une véritable empreinte. Le film divertit sans déplaisir, tout en révélant rapidement les limites de son ambition narrative et thématique.
Note : 6 / 10
Synopsis (sans spoiler)
Mike, ouvrier du New Jersey à la vie parfaitement ordinaire, est brutalement happé dans une mission d’espionnage internationale lorsqu’il retrouve Roxanne, son amour de jeunesse. Celle-ci travaille pour The Union, une agence secrète composée de citoyens lambda chargés d’opérations que les grandes institutions ne peuvent assumer officiellement. Entre poursuites européennes et secrets d’État, le quotidien bascule dans l’extraordinaire.
Les atouts majeurs
La première qualité de The Union tient à son casting solide, qui parvient à donner chair à des archétypes très balisés. Mark Wahlberg campe un héros modeste et attachant, fidèle à son image de “monsieur tout-le-monde musclé”, tandis que Halle Berry impose une autorité tranquille et un charisme intact, même lorsque le scénario la cantonne à des fonctions utilitaires. Mais c’est surtout J. K. Simmons, en mentor paternaliste, qui apporte une gravité bienvenue, ancrant ponctuellement le récit dans une crédibilité émotionnelle.
Sur le plan technique, le film se montre appliqué : action lisible, montage nerveux, décors internationaux valorisants (Londres, Trieste, Croatie). Ces choix confèrent à l’ensemble un vernis de production soigné, typique des grosses sorties Netflix. La mise en scène de Julian Farino reste classique, mais suffisamment fluide pour maintenir l’attention et assurer un divertissement continu.
Les faiblesses et limites
Là où The Union trébuche, c’est dans son ambiguïté tonale. Le film oscille constamment entre comédie d’action, thriller d’espionnage et esquisse de satire sociale, sans jamais trancher. Cette hésitation affaiblit l’identité du récit, qui repose sur un enchaînement de clichés, un MacGuffin peu incarné et des rebondissements largement prévisibles.
La prétendue dimension sociopolitique — l’opposition entre “classe ouvrière héroïque” et élites institutionnelles — reste démagogique et superficielle, davantage slogan que véritable réflexion. Quant à la romance centrale, elle souffre d’un manque d’alchimie flagrant : malgré leur complicité professionnelle, Mark Wahlberg et Halle Berry ne parviennent jamais à convaincre sur le plan émotionnel, privant le film d’un moteur affectif pourtant essentiel.
Références à d’autres œuvres
The Union évoque sans l’atteindre la légèreté d’un True Lies (1994) ou le concept du citoyen ordinaire embarqué malgré lui cher à The Bourne Identity (2002), sans en retrouver ni la tension, ni la profondeur.
Conclusion et recommandation
The Union s’adresse avant tout aux spectateurs en quête d’un divertissement immédiat, sans exigence particulière de renouvellement ou de profondeur. Idéal pour une soirée détente, le film s’inscrit dans la filmographie de Julian Farino comme une œuvre fonctionnelle, mais mineure, révélatrice des forces et des limites du cinéma d’action produit pour le streaming.
Pistes de réflexion
Derrière son vernis populaire, The Union pose une question intéressante sans jamais l’explorer : peut-on vraiment concilier spectacle de masse et discours social sans tomber dans la caricature ?
À vous de juger
En se contentant d’une efficacité de surface, The Union interroge malgré lui la capacité des productions Netflix à dépasser le simple confort de visionnage. Divertissement assumé ou occasion manquée ? La discussion est ouverte en commentaire.
Bande-annonce
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