
Le professionnalisme sans l’étincelle…
Verdict d’entrée
Film d’action-thriller solide mais formaté, The Contractor repose davantage sur la crédibilité de ses interprètes que sur la vigueur de sa mise en scène. Un divertissement honnête, symptomatique des limites du direct-to-video des années 2000.
Note : 6/10
Synopsis (sans spoiler)
James Dial, ancien tireur d’élite de la CIA, accepte une dernière mission à Londres : éliminer un terroriste responsable de son humiliation passée. Mais l’opération tourne court. Trahi par ses employeurs, accusé d’un assassinat politique, Dial devient une proie. Sa fuite le conduit à nouer une alliance inattendue avec Emily, une adolescente qui va raviver chez lui un sens moral qu’il croyait perdu.
Les atouts majeurs
Des performances solides face à un scénario balisé
Le principal atout du film réside indéniablement dans son casting. Wesley Snipes, dans une période charnière de sa carrière post-Blade, livre une composition sobre, contenue, presque mélancolique. Loin de la flamboyance de ses rôles iconiques, il incarne ici un professionnel usé, hanté par ses fautes, crédible dans sa retenue.
À ses côtés, Eliza Bennett surprend par la justesse de son jeu. Son personnage d’Emily évite l’écueil de la figure utilitaire : elle n’est ni simple otage émotionnel ni gadget narratif. Sa relation avec Dial, construite sur l’écoute et la méfiance réciproque, apporte une respiration humaine bienvenue.
Enfin, Lena Headey, dans un rôle plus bref mais marquant, impose une intensité dramatique réelle. Son personnage de policière, lié émotionnellement à la traque, confère au récit une tension morale que le scénario peine pourtant à exploiter pleinement.
Une tentative de thriller politique classique
Le film s’inscrit dans une tradition bien identifiée : celle de l’agent sacrifié par le système qu’il a servi. Cette mécanique narrative, héritière de Three Days of the Condor (1975) ou Enemy of the State (1998), reste efficace sur le papier. The Contractor parvient parfois à capter cette paranoïa institutionnelle, notamment dans ses scènes londoniennes nocturnes, où l’isolement du protagoniste est bien suggéré.
Les faiblesses et limites
Une mise en scène d’action inefficace
C’est sur le terrain de l’action que le film accuse ses plus sérieuses faiblesses. Josef Rusnak peine à donner une lisibilité claire à ses séquences clés. Caméra tremblante excessive, montage haché, effets numériques datés : l’ensemble nuit à l’impact dramatique et à la tension physique attendue.
Là où un film de ce genre devrait reposer sur la précision, la géographie des corps et des espaces, The Contractor brouille systématiquement la perception du danger. Les affrontements deviennent fonctionnels, jamais mémorables, et peinent à incarner la violence du monde qu’ils décrivent.
Un scénario sans véritable ambition
Si la structure est solide, elle demeure désespérément convenue. Les rebondissements sont prévisibles, les dialogues souvent explicatifs, et le rythme global souffre de longueurs injustifiées. Le film semble constamment hésiter entre thriller politique sérieux et drame humain intimiste, sans jamais choisir pleinement son camp.
Cette absence d’audace narrative empêche le film de dépasser son statut de produit compétent mais interchangeable, typique du déclin industriel du cinéma d’action de milieu de gamme des années 2000.
Conclusion et recommandation
The Contractor s’adresse avant tout aux amateurs de thrillers d’action sobres, curieux d’explorer les marges moins prestigieuses de la filmographie de Wesley Snipes. À découvrir dans un cadre domestique, sans attentes excessives, comme un témoignage honnête d’une époque où le direct-to-video servait de refuge à des projets sérieux mais bridés. Une œuvre mineure, mais non dénuée de sincérité.
Références à d’autres œuvres
Dans la même veine thématique : The Foreigner (2017), Shooter (2007), Man on Fire (2004).
Pistes de réflexion
Le film interroge subtilement la responsabilité morale des exécutants face aux ordres institutionnels. Jusqu’où un homme peut-il se décharger de ses actes au nom de la mission ? Et que reste-t-il lorsque la structure protectrice disparaît ?
À vous de juger
The Contractor pose la question du héros professionnel sacrifié par le système qu’il sert. Simple série B efficace ou occasion manquée d’un thriller politique plus ambitieux ? La discussion est ouverte en commentaire.
Bande-annonce
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