Action, Aventure, Thriller

THE MARKSMAN (2005) ★✮☆☆☆


The Marlsman (2005)

 

Dans le silence d’un réacteur : l’action sous anesthésie…

Verdict d’entrée

The Marksman se présente comme un thriller d’infiltration à haute tension, mais s’enlise dans une mise en scène atone et un scénario qui ne sait jamais quoi faire de son potentiel. Malgré un contexte géopolitique explosif et la présence de Wesley Snipes, le film accumule les choix tièdes et laisse une impression persistante d’occasion manquée.

Synopsis (sans spoiler)

Painter, mercenaire d’élite connu pour son efficacité et son mutisme, est envoyé en Tchétchénie pour sécuriser une centrale nucléaire prise en otage par des terroristes. Si l’objectif officiel est clair — sauver le réacteur avant tout — la mission se trouble lorsque Painter comprend qu’il sert de fusible à une opération plus vaste. Isolé au cœur d’une installation industrielle hostile, il doit improviser pour survivre et contrer la menace.

 Les atouts majeurs

Sur le papier, l’idée d’un film d’action se déroulant presque intégralement dans une centrale nucléaire en activité a de quoi intriguer. La première heure mise d’ailleurs sur cette singularité : déplacements furtifs, observation, tension diffuse liée à l’environnement technique. Marcus Adams tente de privilégier une atmosphère de huis clos industriel, où tuyauteries, salles de contrôle et couloirs aseptisés composent un décor anxiogène.

On peut aussi saluer une volonté — certes timide — de s’éloigner de l’action frénétique pour installer une phase d’infiltration, évoquant de loin certains thrillers procéduraux des années 1990, à l’image de Blown Away (1994) pour l’utilisation dramatique d’infrastructures sensibles. Enfin, Wesley Snipes conserve une présence physique indéniable : son port, son regard fermé et sa gestuelle rappellent par éclairs l’acteur charismatique aperçu dans U.S. Marshals (1998).

Les faiblesses et limites

Le principal problème de The Marksman tient à l’absence quasi totale de caractérisation de son protagoniste. Painter n’existe que comme fonction narrative : aucune psychologie, aucun conflit intérieur, aucune évolution. Cette vacuité rend l’infiltration interminable, car rien ne permet au spectateur de s’investir émotionnellement dans ses efforts. L’interprétation volontairement impassible de Wesley Snipes, déjà critiquée à cette période de sa carrière, accentue encore cette distance.

Lorsque le récit bascule enfin vers l’action, la déception persiste. Le choix de privilégier des fusillades génériques au détriment de combats rapprochés — domaine où Wesley Snipes excelle — enlève toute identité aux affrontements. Là où l’on pouvait espérer une physicalité nerveuse rappelant Blade (1998), on se retrouve face à des échanges de tirs sans relief ni mise en scène inventive.

Le scénario de J.S. Cardone et Andy Hurst accumule en outre des dialogues sentencieux, parfois involontairement risibles, qui nuisent à la crédibilité de l’ensemble. Ironiquement, l’édition DVD de Sony Pictures Home Entertainment, dépourvue de sous-titres et de légendes, rend leur compréhension laborieuse — un défaut technique qui finit presque par soulager tant certaines répliques frisent l’absurde.

Enfin, la trahison centrale du récit, pourtant moteur dramatique potentiel, n’est jamais exploitée en profondeur. Elle se contente de relancer mécaniquement l’action sans interroger les enjeux moraux ou politiques qu’un tel contexte aurait pu nourrir.

Conclusion et recommandation

The Marksman s’adresse avant tout aux complétistes de la filmographie de Wesley Snipes ou aux amateurs de DTV d’action du milieu des années 2000, à découvrir de préférence en streaming ou lors d’un visionnage distrait. Il s’inscrit tristement dans la période de déclin artistique de l’acteur, aux côtés de productions comme Chaos (2005), confirmant une trajectoire descendante indigne de son talent.

Dans l’histoire du thriller d’action, le film restera comme un exemple parlant de potentiel gaspillé : un décor fort, un acteur capable, mais une exécution trop fade pour marquer durablement les esprits.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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