Action, Horreur, Indonésie, Netflix, Thriller, Zombie

THE ELIXIR (2025) ★★★☆☆


The Elixir (2025)

 

Contagion express et chaos intime…

Verdict d’entrée

Avec The Elixir, Kimo Stamboel livre un film d’horreur d’une efficacité immédiate, porté par une mise en scène nerveuse et un goût assumé pour le gore. Si la proposition séduit par son énergie et son concept de contamination, elle trébuche néanmoins sur une écriture de personnages trop fragile pour soutenir pleinement l’intensité du dispositif.

Synopsis (sans spoiler)

Dans un environnement urbain contemporain, une mystérieuse substance se répand et déclenche une épidémie fulgurante aux effets irréversibles. Très vite, les règles habituelles de survie s’effondrent et les protagonistes se retrouvent confrontés à une propagation incontrôlable, où chaque contact peut devenir fatal. La question n’est plus de savoir comment guérir, mais comment retarder l’inévitable.

Les atouts majeurs

The Elixir (2025)

The Elixir (2025)

Le premier mérite de The Elixir réside dans son approche frontale de l’horreur. Le film n’hésite jamais à verser dans un gore appuyé, parfois graphique, qui ancre solidement le récit dans le cinéma d’horreur pur. Mutilations, corps déformés, regards vidés de toute humanité : Kimo Stamboel filme la dégradation physique avec une précision presque clinique, rappelant par instants la brutalité sèche de The Sadness (2021) de Rob Jabbaz.

Le rythme, ensuite, constitue un atout indéniable. Dès les premières minutes, la narration s’emballe et ne relâche pratiquement jamais la pression. Cette cadence soutenue agit comme un écran de fumée salutaire, masquant certaines incohérences scénaristiques qui auraient été bien plus visibles dans un film plus contemplatif. La mise en scène privilégie les espaces confinés, les déplacements précipités et les surgissements soudains, maintenant le spectateur dans un état de tension quasi permanent.

Enfin, il faut saluer le travail remarquable des acteurs incarnant les infectés. Leur gestuelle, à la fois saccadée et animale, donne naissance à des figures de zombies réellement inquiétantes, loin du simple figurant grimé. On sent une vraie jubilation corporelle dans ces performances, qui confèrent à l’épidémie une dimension viscérale et incontrôlable, bien plus organique que dans nombre de productions standardisées du genre.

Les faiblesses et limites

Là où le film commence à sérieusement vaciller, c’est dans le traitement de ses personnages principaux. Le personnage de Kenes, interprété par Mikha Tambayong, cristallise à lui seul ces limites. Sa réaction quasi constante de sidération, marquée par des pleurs répétés et une incapacité chronique à agir, finit par devenir contre-productive. Cette absence d’évolution psychologique empêche toute identification durable et transforme certaines scènes de tension en moments de frustration.

Plus globalement, le scénario semble parfois sacrifier la cohérence émotionnelle au profit de l’efficacité immédiate. Les décisions aberrantes prises par plusieurs personnages ne sont jamais réellement interrogées ni justifiées, donnant l’impression que le chaos découle davantage d’une écriture paresseuse que d’une véritable fatalité humaine. À la différence de 28 Days Later (2002) de Danny Boyle, où la panique révélait des comportements profondément humains, The Elixir se contente souvent d’enchaîner les erreurs sans véritable mise en perspective.

Conclusion et recommandation

The Elixir s’adresse avant tout aux amateurs d’horreur viscérale et de films de zombies au rythme effréné, prêts à fermer les yeux sur des personnages sous-écrits pour profiter d’un spectacle nerveux et sanglant. Une découverte idéale en streaming ou en séance nocturne, dans un contexte propice à l’immersion plus qu’à l’analyse psychologique.

Dans la filmographie de Kimo Stamboel, le film s’inscrit dans une continuité logique : celle d’un cinéma indonésien contemporain qui privilégie l’impact sensoriel et la radicalité visuelle. Sa fin ouverte, clairement assumée, laisse entrevoir une suite à une échelle plus large, potentiellement urbaine et chaotique, où le concept de contamination pourrait enfin trouver une ampleur à la hauteur de ses promesses initiales. Un film imparfait, mais suffisamment nerveux pour mériter l’attention des amateurs du genre.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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