Action, Arts Martiaux, Fantastique, Horreur, Super-Héros

BLADE: TRINITY (2024) ★★✮☆☆


Blade Trinity (2004)

 

L’éternité en roue libre…

Verdict d’entrée

Troisième et dernier volet d’une trilogie fondatrice du cinéma de super-héros adulte, Blade : Trinity apparaît comme un chant du cygne paradoxal : plus tapageur, plus clinquant, mais aussi plus creux que ses prédécesseurs. Là où la saga avait trouvé un équilibre fragile entre mythologie vampirique, efficacité pulp et vraie identité visuelle, ce final se contente trop souvent d’en recycler les signes extérieurs.

Synopsis (sans spoiler)

Blade, le célèbre chasseur de vampires, se retrouve cette fois accusé par l’opinion publique et traqué par les autorités humaines, tandis qu’une nouvelle menace ancestrale émerge du passé. Contraint de s’allier à un groupe de chasseurs marginaux, il doit affronter un ennemi censé incarner l’origine même du mal qu’il combat depuis toujours.

Les atouts majeurs

Difficile de nier que Blade : Trinity possède une énergie brute et une volonté de modernisation assumée. David S. Goyer, déjà scénariste des deux premiers volets, tente ici de dynamiter la formule en l’ouvrant à une dynamique plus “comic book team”, dans l’air du temps du début des années 2000. L’arrivée de nouveaux personnages, interprétés avec un certain second degré par Ryan Reynolds et Jessica Biel, injecte une dose d’humour méta et d’auto-parodie qui tranche avec le sérieux monolithique de Blade.

Sur le plan purement esthétique, le film reste fidèle à l’ADN visuel de la franchise : photographie sombre, design gothico-industriel, bande-son agressive. Certains décors et idées — notamment autour de la figure de Dracula — témoignent d’une ambition mythologique qui aurait pu enrichir l’univers. Wesley Snipes, malgré des tensions de production bien connues, conserve une présence physique indéniable, et son Blade demeure une icône immédiatement reconnaissable du cinéma d’action des années 2000.

Les faiblesses et limites

C’est précisément dans l’exécution que le film s’effondre. Là où Blade trouvait sa force dans une narration sèche et lisible, et où Blade II bénéficiait de la mise en scène organique et viscérale de Guillermo del Toro, Blade : Trinity souffre d’un déficit criant de clarté. Les scènes d’action, pourtant centrales, sont hachées en une multitude de plans courts, au point de devenir illisibles. Le montage privilégie la saturation visuelle à la chorégraphie, annihilant toute sensation d’impact ou de progression dramatique.

Narrativement, le film recycle sans les approfondir des thèmes déjà explorés : la solitude du héros, sa marginalité, la frontière floue entre humanité et monstruosité. Mais ces motifs, autrefois chargés d’une vraie mélancolie urbaine, ne sont plus ici que des postures. La menace principale manque de consistance, et certaines sous-intrigues — notamment autour de l’équipe secondaire — restent à l’état d’esquisse, diluant l’enjeu émotionnel. Cette accumulation de style sans substance explique en grande partie l’accueil critique majoritairement négatif et le sentiment d’essoufflement qui a accompagné la sortie du film, malgré un box-office honorable (132 millions de dollars pour 65 de budget).

Conclusion et recommandation

Blade : Trinity s’adresse avant tout aux complétistes de la saga et aux amateurs de cinéma d’action typiquement marqué par son époque. Son visionnage trouve davantage sa place en streaming ou en séance nostalgique qu’en expérience immersive en salle. Dans la filmographie de David S. Goyer et dans l’histoire du genre, il fait figure de transition maladroite : symptôme d’un cinéma de super-héros encore en quête de maturité, coincé entre héritage pulp et industrialisation à venir. Un final bruyant, parfois amusant, mais qui confirme que la saga s’est arrêtée là non par accident, mais par épuisement créatif.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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