
Sept secondes pour convaincre : un braquage sans souffle…
Verdict d’entrée
Avec 7 Seconds, Simon Fellows tente de livrer un thriller d’action sec et nerveux, porté par le charisme intact de Wesley Snipes. Mais derrière une idée de départ honnête, le film s’enlise rapidement dans une exécution maladroite, révélant les limites d’un projet à petit budget qui n’a jamais trouvé la rigueur formelle nécessaire pour exister durablement dans le genre.
Synopsis (sans spoiler)
Jack Tuliver, voleur professionnel, voit un braquage de routine dégénérer lorsqu’un objet inattendu se retrouve au cœur de l’opération. Pris dans un engrenage mêlant crime organisé, corruption et course contre la montre, il doit survivre à une série de trahisons tout en tentant de sauver ce qui peut encore l’être. Une intrigue conçue comme un compte à rebours permanent, où chaque décision est censée peser lourd.
Les atouts majeurs
Le premier – et presque unique – point d’ancrage du film reste Wesley Snipes. Fidèle à son image forgée dans Passenger 57 (1992) ou Blade (1998), l’acteur impose une présence physique et un professionnalisme qui contrastent violemment avec ce qui l’entoure. Il croit à son personnage, lui donne une posture, un rythme, une forme de gravité qui empêche certaines scènes de sombrer totalement dans le ridicule. Son engagement agit comme un rappel constant de ce que le film aurait pu être avec une direction d’acteurs plus rigoureuse.
Le scénario, sur le papier, n’est pas dénué d’intérêt. Le principe d’un braquage qui dérape et entraîne son protagoniste dans une spirale incontrôlable évoque des mécaniques bien rodées du polar urbain. On perçoit, en filigrane, une volonté de tendre vers une narration efficace, presque minimaliste, où l’urgence dicte les choix. Certaines idées – notamment autour de la corruption systémique – auraient pu nourrir un sous-texte plus solide si elles avaient été réellement exploitées.
Les faiblesses et limites
C’est précisément dans l’exécution que 7 Seconds s’effondre. La réalisation de Simon Fellows manque cruellement de précision et d’identité visuelle. Les scènes d’action, pourtant cœur battant du film, sont montées sans lisibilité : poursuites automobiles molles, fusillades sans impact, combats chorégraphiés de manière approximative. Les explosions, souvent irréalistes, relèvent davantage du bruitage excessif que d’un véritable travail de tension.
Le casting secondaire constitue un autre point faible majeur. Hormis Wesley Snipes, les interprétations sont souvent approximatives, parfois même embarrassantes. Les scènes censées créer de l’émotion ou de la tension dramatique échouent faute de crédibilité, ce qui distend le récit et empêche toute implication réelle du spectateur. Tamzin Outhwaite, pourtant capable de nuances, se retrouve enfermée dans un rôle schématique, jamais développé.
Plus problématique encore, le film accumule les clichés du cinéma d’action sans en maîtriser les codes. Là où Ronin (1998) de John Frankenheimer utilisait ses poursuites comme un langage cinématographique à part entière, 7 Seconds se contente d’enchaîner des séquences fonctionnelles, sans vision ni montée dramatique. Le résultat donne l’impression d’un assemblage de références digérées sans compréhension profonde de ce qui faisait leur efficacité.
Contexte
Sorti directement en DVD aux États-Unis le 28 juin 2005, 7 Seconds s’inscrit clairement dans la vague des productions d’action à petit budget destinées au marché vidéo, qui a marqué une partie de la carrière de Wesley Snipes au milieu des années 2000. Ce contexte explique en partie les limites techniques et artistiques du film, mais ne les excuse pas entièrement.
Conclusion et recommandation
7 Seconds s’adresse avant tout aux complétistes de Wesley Snipes ou aux amateurs d’action peu exigeants, conscients de regarder un produit mineur. À découvrir éventuellement en streaming ou lors d’une séance sans attente particulière, mais difficilement recommandable en salle, où ses faiblesses sauteraient encore davantage aux yeux.
Dans la filmographie de Wesley Snipes, le film apparaît comme une œuvre de transition, symptomatique d’une période où le charisme de l’acteur ne suffisait plus à masquer des productions sans ambition formelle. Un film d’action sans saveur, qui copie mécaniquement des modèles bien supérieurs sans jamais en retrouver l’énergie ni la maîtrise.
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