Action, Crime - Policier, Thriller

EXTRACTION 2 (2023) ★★★★☆


Extraction 2 (2023)

 

La surenchère comme art du chaos maîtrisé…

Verdict d’entrée

Plus ambitieux, plus ample et plus assuré que son prédécesseur, Extraction 2 pousse le concept du film d’action contemporain jusqu’à ses limites sans jamais sombrer dans la pure démonstration vide. Sam Hargrave transforme la surenchère en principe narratif, au risque de l’excès, mais avec une virtuosité rarement atteinte dans le cinéma d’action récent.

Synopsis (sans spoiler)

Après avoir frôlé la mort, Tyler Rake reprend du service pour une mission encore plus périlleuse : extraire une famille retenue prisonnière au cœur d’un système carcéral ultra-violent. Très vite, l’opération se transforme en traque implacable à travers plusieurs pays, opposant Rake à des forces qui dépassent largement le simple cadre d’un contrat.

Les atouts majeurs

Extraction 2 (2023)

Extraction 2 (2023)

Dès les premières minutes, Sam Hargrave affirme une intention claire : repousser les frontières du spectacle physique. Ancien coordinateur de cascades passé à la réalisation, il met en scène l’action comme un continuum spatial et temporel. Le morceau de bravoure central — un plan-séquence d’environ 21 minutes — surpasse frontalement celui de 12 minutes qui faisait déjà la réputation du premier Extraction (2020). Ici, la caméra épouse chaque mouvement, traverse bâtiments, véhicules, combats rapprochés et explosions avec une fluidité sidérante. Plus qu’un simple exploit technique, cette scène impose une immersion presque suffocante, rappelant l’approche sensorielle de Children of Men (2006) d’Alfonso Cuarón, appliquée à un pur film d’action.

Certaines séquences prolongées flirtent avec l’excès, mais Sam Hargrave parvient à maintenir l’attention en variant constamment les registres : combat à mains nues, gunfights, poursuites motorisées, et même quelques touches d’humour bienvenues. L’utilisation récurrente d’un râteau comme arme improvisée relève à la fois du gag visuel et de la signature burlesque discrète. Le clin d’œil assumé à Thor (2011) — discret mais évident — fonctionne comme une respiration complice avec le spectateur, sans jamais casser la tension.

Chris Hemsworth impressionne par son engagement physique total. Tyler Rake n’est pas un super-héros invincible mais un corps constamment mis à l’épreuve, usé, blessé, presque brisé. Cette dimension charnelle, déjà présente dans le premier film, est ici accentuée. Golshifteh Farahani apporte une solidité bienvenue, tandis qu’Adam Bessa apporte une petite pointe d’humour maitrisée.

Les faiblesses et limites

Cette démesure assumée a néanmoins un coût. À force d’allonger certaines scènes d’action, le film sacrifie parfois la respiration dramatique. Certaines transitions émotionnelles sont expédiées, notamment dans les relations secondaires, qui auraient gagné à être davantage développées. La narration reste fonctionnelle, efficace, mais rarement surprenante. Là où The Raid 2 (2014) de Gareth Evans parvenait à densifier son intrigue en parallèle de son escalade violente, Extraction 2 choisit clairement la ligne droite.

Par ailleurs, la violence extrême, quasi ininterrompue sur de longues portions, peut engendrer une forme de saturation sensorielle. Le film exige une attention constante et ne ménage que peu de moments de relâchement, ce qui peut lasser les spectateurs moins aguerris au cinéma d’action radical.

Conclusion et recommandation

Extraction 2 s’adresse avant tout aux amateurs de cinéma d’action physique, lisible et chorégraphié avec une précision maniaque. Le visionnage optimal reste un écran large avec un bon système sonore, tant la mise en scène repose sur l’immersion et l’impact. Sorti sur Netflix le 16 juin 2023, le film a logiquement reçu un accueil critique positif et a été nommé pour les Meilleures cascades (Action) lors de la 6ᵉ cérémonie des Hollywood Critics Association Midseason Film Awards, reconnaissance méritée d’un travail artisanal d’exception.

Dans la filmographie de Sam Hargrave, Extraction 2 confirme un auteur de l’action moderne, héritier direct du cinéma de Paul Greengrass (United 93, 2006) mais avec une lisibilité chorégraphique plus affirmée. Quant à Chris Hemsworth — payé 20 millions de dollars pour le rôle — il y trouve sans doute l’un de ses personnages les plus physiquement investis hors univers Marvel. Une suite qui assume pleinement sa démesure et transforme l’excès en langage cinématographique.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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