Action, Crime - Policier, Espionnage, Thriller

THE ART OF WAR (2000) ★★✮☆☆


The Art of War (2000)

 

L’espionnage à grands renforts de décibels…

Verdict d’entrée

Pensé comme un thriller politico-militaire nerveux, The Art of War ambitionne de conjuguer géopolitique contemporaine et action musclée. Si le film bénéficie d’un cadre prestigieux et d’un acteur principal physiquement irréprochable, il se perd trop souvent dans une intrigue confuse et une mise en scène bruyante qui émousse son potentiel.

Synopsis (sans spoiler)

Neil Shaw, agent secret opérant pour les Nations Unies, se retrouve accusé d’un assassinat politique qu’il n’a pas commis. Contraint de fuir tout en cherchant à prouver son innocence, il découvre un vaste complot international mêlant diplomatie, corruption et manipulations de l’ombre. Une course contre la montre s’engage, dans les couloirs feutrés du pouvoir mondial.

Les atouts majeurs

Le premier atout du film réside indéniablement dans son décor principal : le siège de l’ONU. Christian Duguay exploite avec un certain sens du spectacle les longs couloirs, les salles de conférence et les espaces sécurisés du bâtiment, donnant naissance à quelques séquences efficaces, presque claustrophobes. Une scène de poursuite dans ces dédales institutionnels reste ainsi l’un des rares moments où la tension fonctionne réellement, rappelant par instants les thrillers paranoïaques des années 1970, comme Conversation secrète (1974) de Francis Ford Coppola, transposés dans un écrin plus spectaculaire.

Autre point fort : Wesley Snipes. À l’aube des années 2000, l’acteur a déjà prouvé, notamment avec Blade (1998), sa capacité à porter des rôles d’action exigeants physiquement. Ici encore, il impose une présence athlétique crédible, enchaînant combats rapprochés et déplacements tactiques avec une aisance indéniable. Son engagement corporel confère au personnage de Neil Shaw une solidité que le scénario, hélas, ne lui offre pas toujours.

Enfin, le casting secondaire — de Donald Sutherland à Michael Biehn — apporte une certaine gravité institutionnelle au récit, même si ces figures restent souvent cantonnées à des archétypes fonctionnels.

Les faiblesses et limites

Malgré ces qualités ponctuelles, The Art of War souffre d’un mal structurel : une intrigue inutilement alambiquée. Le film accumule les révélations, les doubles jeux et les retournements sans toujours en maîtriser la lisibilité. Certaines sous-intrigues politiques sont introduites puis abandonnées, ce qui affaiblit la cohérence d’ensemble et donne l’impression d’un scénario inférieur à la somme de ses éléments, malgré quelques scènes d’anthologie.

La mise en scène, excessivement bruyante, constitue un autre point problématique. Le montage privilégie l’agitation permanente au détriment de la tension dramatique, rendant plusieurs scènes d’action confuses. Là où un thriller politique gagnerait à installer une menace diffuse, le film choisit l’escalade sonore et visuelle, diluant progressivement l’enjeu émotionnel.

Enfin, si Wesley Snipes démontre une nouvelle fois sa capacité à tenir un rôle d’action, son charisme est partiellement gâché par des dialogues explicatifs et une écriture de personnage trop rigide. Le contraste est d’autant plus frappant que l’acteur reprendra ce rôle dans The Art of War II: Betrayal (2008), une suite sortie directement en DVD, preuve que le potentiel de la figure de Neil Shaw n’a jamais été pleinement exploité sur grand écran.

Conclusion et recommandation

Avec un budget estimé entre 40 et 60 millions de dollars et des recettes mondiales d’environ 40,4 millions, The Art of War illustre les limites d’un cinéma d’action de transition, coincé entre le thriller politique classique et le blockbuster survitaminé des années 2000. Le film s’adresse avant tout aux amateurs de Wesley Snipes et aux curieux de thrillers géopolitiques, de préférence dans un contexte de visionnage détendu, en streaming plutôt qu’en salle.

Dans la filmographie de Christian Duguay, l’œuvre apparaît comme un exercice de style inégal, symptomatique d’un genre qui peine alors à renouveler ses codes. The Art of War reste ainsi un objet intéressant à analyser, moins pour ce qu’il réussit que pour ce qu’il révèle des impasses narratives et esthétiques du thriller d’action de son époque.

 

 


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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